L'Etat de Genève reçoit un gros cadeau empoisonné à Avully

EnvironnementUn terrain agricole occupé depuis longtemps par une usine chimique est revenu au canton à la suite d'une faillite.

Au sud du site contaminé (bâtiments gris), s'étendent les petits jardins de la Touvière. Ils ne sont pas menacés.

Au sud du site contaminé (bâtiments gris), s'étendent les petits jardins de la Touvière. Ils ne sont pas menacés. Image: DR/Google

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Le Canton de Genève est devenu en mars, par le fait d'une faillite, propriétaire d'un véritable cadeau empoisonné sur la commune d'Avully, une parcelle de deux hectares occupée depuis des lustres par une usine de chimie fine. L'entreprise Achemis SA était installée depuis des lustres juste en bordure du Rhône, là où la frontière avec la France emprunte le milieu du fleuve jusqu'à Chancy.

Dès le 18 août, plusieurs centaines de conteneurs de produits chimiques seront transférés au centre de traitement des déchets spéciaux sur le site des Cheneviers, où ils seront éliminés, indique un communiqué officiel diffusé mardi après-midi. Par principe de précaution, l'accès au site y compris aux jardins familiaux qui prospèrent au sud du dépôt sera restreint.

L'usine produisait de la chimie fine destinée à la cosmétique, à l'automobile ainsi qu'à la construction sous forme d'additif pour le béton. Cependant, précise Daniel Chambaz, directeur général de l'environnement, «ni l'enlèvement des stocks ni l'assainissement du sous-sol qui interviendra dans les deux ans ne nécessitera l'installation d'une tente de confinement comme ce fut le cas sur l'ancien site de l'usine à gaz à la Jonction».

Le Service d'incendie et de secours de la Ville de Genève sera mobilisé et procédera au transvasement de certains déchets «inflammables, voire corrosifs et irritants», précise le communiqué sans donner la nature exacte des produits chimiques présents sur le site.

«Le dernier propriétaire de la parcelle située au chemin du Chalet-du-Bac ne respectait pas les réglementations en matière de sécurité et d'environnement», notent les Départements des finances et de l'environnement. Il avait en outre ignoré des décisions administratives qui lui avaient été notifiées, laissant la situation empirer. Il fait l'objet d'une plainte pénale, indique l'Etat qui envisage d'autres actions juridiques.

Bien que située en zone agricole, la parcelle figure depuis 2004 au cadastre cantonal des sites contaminés qui répertorie les atteintes environnementales du sous-sol. L'Etat va donc engager cet automne des travaux de d'assainissement. Des analyses des sols avoisinants seront également effectuées à titre de précaution. Elles compléteront les données récoltées en 2000. (TDG)

Créé: 22.07.2014, 15h32

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Le projet échoué du biodiesel genevois

Le site de la Trouvière à Avully a abrité également de 2003 à 2010 date de sa faillite l'usine Biocarb, un projet pilote soutenu par la Confédération de création de carburant à partir d'huile végétale usagée.

Dans un article publié en 2009, la Tribune de Genève expliquait comment on transformait l'huile de friture en biodiesel et l'ambition de son patron François Fleury (photo).

Avant de devenir du carburant, cette substance récupérée doit être traitée, chauffée, fluidifiée, travaillée, décantée et contrôlée. C’est le travail que réalise Biocarb dans une vaste halle qui abrite trois réacteurs (des «soupières» pour les intimes), entourées d’un labyrinthe de tuyaux.

Au final, on obtient un ester, c’est-à-dire du biodiesel. Mais aussi de la glycérine. Rien ne se perd! Elle servira aux stations d’épuration, où elle dopera l’activité des bactéries qui purifient l’eau. On l’utilise aussi pour faire du biogaz. Mais le biodiesel constitue le 90% de l’activité de la société qui en produit 60'000 litres par jour. Ses clients sont surtout des entreprises de transport. La société collaborait avec l’Ecole d’ingénieurs qui avait exposé au Salon de l’auto son prototype de Biomobile à essence. (JFM/Marc Moulin)

(Image: Girardin)

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