«Je paie le massacre organisé par certains»

#GE18Luc Barthassat impute son échec électoral à des attaques sur sa personnalité et au mécontentement lié à certains dossiers.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Seul ministre sortant à rater sa réélection, Luc Barthassat a affronté la foule et les médias une fois les résultats tombés. Le démocrate-chrétien revient sur son échec.

Après le premier tour, vous parliez d’un coup de semonce. Et maintenant?

Oui, un coup de semonce après des dossiers qui ont fait des mécontents, comme la décharge bioactive. On pensait rectifier le tir et que cela ferait la différence. Maintenant, j’ai été attaqué sur ma personnalité, mais c’est aussi comme cela que j’ai été élu à l’époque. Il y a peut-être eu des incompréhensions entre-temps. Mais j’assume. Je suis resté qui je suis et je vais continuer comme ça.

Avez-vous été bien appuyé par votre camp politique, notamment le PLR?

Cela fait partie des choses qu’il faudra analyser, quand on voit la dispersion des voix à gauche et à droite, dans le contexte d’un nouveau système électoral.

Après le premier tour, votre remontée aurait menacé Nathalie Fontanet…

Non, car comme François Longchamp le disait déjà au sujet de Mme Rochat il y a cinq ans, si l’Entente joue le jeu et resserre les rangs, il n’y a pas de raison d’en laisser un sur le carreau. Maintenant, face à son bulletin de vote, chacun soutient qui il veut. Je suis démocrate, je respecte le choix de la population.

Avez-vous des regrets au sujet de votre mandat, quelque chose que vous géreriez autrement si vous le pouviez?

Non. Je suis venu avec mon tempérament d’entrepreneur et j’ai pris les dossiers en main. On aurait pu en laisser sous le tapis, mais j’ai l’impression d’avoir fait les choses comme il le faut et j’ai la certitude que cela se verra plus tard. Comme, par exemple, avec la Loi pour une mobilité cohérente et équilibrée: c’est une révolution à Genève, mais elle n’a peut-être pas fait plaisir à tout le monde. Ou les grands chantiers: la plage des Eaux-Vives ou la route des Nations, alors qu’on n’avait pas bâti de route depuis quinze ans à Genève. Mais il y a les proroutes et les anti! Quand on saisit les dossiers, on fait des mécontents.

Et c’est ça que vous payez aujourd’hui?

Je pense que je paie le massacre organisé par certains, qui sont plutôt du côté des médias que des politiques, au sujet de ma personnalité, qu’on avait un peu mise en avant à un certain moment.

Ce sont les médias qui vous ont tué?

Vous êtes bien placé pour le savoir, non?

Vous n’avez pas l’impression de tirer sur le messager?

Non, je ne tire pas sur le messager. Le messager apporte des bonnes nouvelles, pas des mauvaises.

La législature dure encore pour quelques semaines. Qu’allez-vous en faire?

Beaucoup de dossiers sont en route, il y a des choses à régler ou des gens à voir tous les jours. Je ferai le boulot jusqu’au bout, jusqu’au 31 mai, avec l’ancien Conseil d’État et M. Longchamp. J’assurerai la passation des pouvoirs et je souhaite bonne chance au nouveau gouvernement. L’avenir du canton est en jeu. Espérons que les gens puissent s’entendre pour avancer.

Assumer les Transports sans subir de veste électorale, c’est possible?

Tous les départements sont difficiles. Les Transports, il est vrai, sont un département de terrain, les gens peuvent se sentir froissés par les décisions qui sont prises.

Maintenant, tout le monde n’est peut-être pas conscient du fait que Genève se dirige vers des changements: ceux-ci sont en marche et on ne les arrêtera pas.

Et votre avenir politique?

Je vais rester dans mon parti et continuer à travailler pour lui, mais pour le moment, place aux jeunes. Je ne vais pas me représenter à une élection, même s’il ne faut jamais dire jamais. J’ai des projets sans rapport avec la politique. Je pourrais retourner à la terre. Ma compagne est Africaine. Je pourrais m’exiler un moment. On verra!

(TDG)

Créé: 06.05.2018, 14h44

Articles en relation

L’éviction de Barthassat permet le retour de la gauche

#GE18 Le deuxième tour des élections au Conseil d’Etat a confirmé le premier tour. La gauche et la droite disposent de trois sièges. Le MCG Mauro Poggia est en situation d’arbitre. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Conférence sur le climat de Katowice
Plus...