«J’ai une féra au bout de la ligne!»

PêcheQuarante-huit Genevois suivent une initiation à la pêche donnée par l’État. La semaine passée, ils ont tenté de ferrer des féras.

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Ils ont tous la même passion: les cannes à pêche. Eux, ce sont les douze petits genevois qui se sont rendus mercredi dernier au débarcadère de la Neptune afin de participer à l’initiation à la pêche organisée chaque année par le Service du lac, de la renaturation des cours d’eau et de la pêche (SLRP).

À leurs côtés, une douzaine d’adultes étaient venus les accompagner avec une interrogation commune: pourquoi mon fils, cousin ou neveu aime-t-il tant la pêche? Une question à laquelle ils n’auront pas de réponse, mais la présence des spécialistes les réjouit. «Mon fils adore cette activité, mais moi je n’y connais rien du tout, déplore la maman d’Alexandre. Du coup je suis très contente qu’il puisse la pratiquer avec des connaisseurs!»

Au programme de cette première session: la pêche à la féra. «Mais je vous préviens, ces dernières années, ces poissons se font de plus en plus rares dans le Léman. Il n’est donc pas garanti qu’on arrive à en attraper aujourd’hui…» glisse d’emblée Dimitri Jaquet, chef du secteur pêche au SLRP.

Des hameçons sans appâts

Avant de pouvoir enfin sauter dans les barques, les petits passionnés découvrent avec Christophe Reymond la chaîne alimentaire du lac et les spécificités de ce poisson, également appelé corégone autour du Léman ou encore palée ou bondelle au bord du lac de Neuchâtel. Après avoir obtenu leur précieux permis de pêche et s’être munis d’un gilet de sauvetage, ils se dirigent enfin vers les quatre embarcations à fond plat, habituellement dévolues au ramassage des algues.

Direction la Tour carrée. «Sur votre gauche, vous pouvez observer un cormoran qui décolle, lance Eric Hardmeyer, le pilote du bateau. Cet oiseau n’est pas forcément l’ami du pêcheur, car il mange jusqu’à 300 grammes de poissons par jour!»

Arrivés à destination, Cyril, 9 ans, ses deux sœurs Aurélie, 12 ans, et Lucie, 11 ans, Tiziano, 9 ans, et Maïko, 10 ans, se précipitent vers le spécialiste afin de pouvoir enfin saisir une canne. «La première chose à apprendre lorsque l’on veut pêcher, c’est la patience», leur explique ce dernier en préparant calmement le fil muni de cinq petits hameçons teints en rouge. «On met quoi au bout?» demande Cyril. «Rien et c’est justement une des spécificités de la pêche à la féra», lui répond le pêcheur, avant d’ajouter: «Ce poisson vit habituellement à des profondeurs de trente à quarante mètres. Au printemps, il remonte afin de manger des vers de vase qui éclosent et se dirigent lentement vers la surface.» Des hameçons spécifiques (appelés nymphes) imitent ces organismes, et un mouvement lent de haut en bas permet d’induire les poissons en erreur. En théorie… En pratique, ça ne marche pas à tous les coups, car il faut être extrêmement attentifs à la moindre vibration provenant de l’extrémité de la canne. «Les féras viennent sucer le hameçon par-dessous. Lorsqu’elles comprennent qu’il n’y a rien à manger, elles le relâchent. Au moindre mouvement, il faut donc tirer un coup sec afin de la ferrer.»

Les cinq enfants se lancent dans l’aventure. Le silence plane et le suspense est de mise. «Si vous ferrez un poisson, il faut prévenir tout le monde, car la féra a tendance à se débattre et à faire des grands cercles autour du bateau, emportant tous les fils des autres cannes avec. C’est plutôt impressionnant», annonce Eric.

Du poisson pour le souper

Après quarante-cinq minutes de vaines tentatives, l’équipe décide de se déplacer au Creux-de-Genthod, où des féras ont été attrapées les jours précédents. À peine arrivé, Alexandre sent sa canne vibrer. «Ça bouge! J’ai une féra au bout de la ligne», crie-t-il. Malheureusement, pas pour longtemps. Le poisson a eu le temps de filer avant qu’il ait pu tirer suffisamment fort pour l’attraper. Mais ce début d’action aura suffi à remotiver la troupe.

Les tentatives suivantes ne sont pas plus fructueuses et le petit équipage rentre finalement au port avec une perche comme seul butin. Pour voir des féras, il faudra attendre l’arrivée des autres apprentis pêcheurs. Ces derniers ramènent trois beaux spécimens de près de deux kilos, qu’ils se partageront pour le souper.

Pour certains enfants, le poisson ne sera donc pas au menu, mais l’intérêt pour la pêche est resté indéniablement intact.

Créé: 17.04.2019, 07h13

Initiation à la pêche au fil des saisons

Le Service du lac,de la renaturation des cours d’eau et de la pêche organise pour les familles deux sessions d’initiation, qui se déroulent sur trois demi-journées. La première a lieu au printemps et porte sur les féras, la deuxième est agendée en septembre et concerne les perches, et la dernière se déroule en octobre et est dédiée aux brochets. Le matériel de pêche est mis à disposition. Les sessions 2019 sont toutes complètes.

Informations sur:
www.ge.ch/permis-peche/initiation-peche-au-fil-saisons

C.Z.B.

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