Isabelle ajoute sa pincée de sel au festival des droits humains

PortraitLe 13e FIFDH qui démarre vendredi entame une ère nouvelle. Sa jeune directrice Isabelle Gattiker dévoile les changements.

Dès vendredi et jusqu’au 8 mars, Isabelle Gattiker pilotera le 13e FIFDH. Mais pas seulement au Grütli!

Dès vendredi et jusqu’au 8 mars, Isabelle Gattiker pilotera le 13e FIFDH. Mais pas seulement au Grütli! Image: GEORGES CABRERA

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Le programme du 13e Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), qui démarre vendredi, est vraiment alléchant. Mais il est si dense qu’il suscite une certaine frustration. «L’offre est incroyable cette année. Ça va être dur de choisir», constate une adolescente, fanatique de cet événement… qui séduit toujours plus les jeunes.

Pas surprenant donc qu’à l’heure de «la retraite» de Léo Kaneman, fondateur et figure emblématique du FIFDH qui devient conseiller aux thématiques et président d’honneur, le comité du festival ait choisi une jeune femme, Isabelle Gattiker (36 ans), pour lui succéder. Une nouvelle directrice qui était déjà aux côtés de Léo Kaneman lorsque l’idée de ce festival a germé, en novembre 2002!

«Une rencontre très importante, une vraie complicité avec ce grand professionnel, toujours de bon conseil», souligne cette fille de diplomate, tombée dans la marmite des droits humains dès son plus jeune âge: «Mon séjour à Bogota de 1989 à 1993 m’a marquée. Je me souviens des attentats (ndlr: voitures piégées) et des incessants coups de feu en pleine guerre civile.» Cette citadine, qui parle cinq langues, peut aussi se targuer d’un riche CV en matière cinématographique; elle a ainsi produit plusieurs longs métrages et a été l’assistante du fameux cinéaste israélien Amos Gitai, de 2005 à 2007.

Nombreux changements

Avec ses 48 films, dont 8 projetés en première internationale, le programme est fort appétissant. «J’ai toujours beaucoup d’envies. Or, en préparant cette nouvelle édition, je n’aurais jamais pu imaginer que j’obtiendrai des réponses favorables à toutes mes envies», explique la trentenaire à l’énergie contagieuse, surprise et heureuse de l’écho rencontré par le festival auprès des partenaires. «Le concept imaginé par Léo «un film, un sujet, un débat» a fait ses preuves. Et bien sûr, il demeure, rassure-t-elle. Mais j’avais envie d’apporter ma touche personnelle.»

Le logo du FIFDH a ainsi été légèrement modifié avec l’ajout d’un projecteur qui met en lumière les violations des droits humains et matérialise le Jet d’eau. Le festival a également renforcé sa présence sur les réseaux sociaux et, fort de son extraordinaire succès public, il va… tripler sa capacité d’accueil, se réjouit Isabelle Gattiker: «Nous allons continuer à présenter des films au Grütli, mais nous disposons d’un nouveau lieu central au Théâtre Pitoëff de Plainpalais.» Projections, soirées débats, expositions, dédicaces et rencontres au programme. Celles-ci seront favorisées grâce à l’éphémère Café Babel et à une librairie.

Au cinéma avec ses enfants

Et puis, le FIFDH s’ouvre, cette année, aux communes; et même au Grand Genève. Des projections, suivies d’échanges, auront lieu dans des musées, des maisons de quartiers et autres lieux culturels, aux Pâquis, à Carouge, Meyrin, Versoix et Gaillard. «Des films seront aussi proposés gratuitement dans des cafés, ajoute Isabelle Gattiker. Mais aussi au centre de détention de la Clairière, à l’Hôpital de jour des HUG et au centre d’accueil pour personnes migrantes de La Roseraie.

«J’ai hâte d’être vendredi», lâche la passionnée, en couple avec un architecte et maman de deux jeunes garçons qu’elle adore emmener au cinéma. Isabelle Gattiker vient toutefois de passer un week-end en solo «pour reprendre des forces avant l’intensité qui s’annonce. J’aime contribuer à une cause et à mettre en lumière les droits humains. Le FIFDH est un précieux relais pour celles et ceux qui risquent leur vie sur le terrain.»

Tout démarrera par une soirée en hommage aux caricaturistes de Charlie Hebdo. «Mes enfants sont très fiers du travail de leur maman et en parlent à tous leurs petits copains», s’amuse la nouvelle Madame FIFDH, croqueuse insatiable de romans. Quand elle quitte les salles obscures. (TDG)

Créé: 23.02.2015, 20h45

Bio express

1978 Naissance à Berne, le 30 avril. 2001 Obtient un Master en lettres à l’Université de Genève, en octobre. 2002 Diplômée en conduite de projets culturels (IESA Paris), en juin. 2003 Premier FIFDH, en mars. 2004 Produit le film Bringing Human Rights Home pour le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. 2008 Reçoit le Grand Prix SSA à Visions du Réel, en avril, pour la production de Témoin indésirable de Juan Lozano. 2011 Coordinatrice du master cinéma de l’ECAL/Lausanne et de la HEAD/Genève. 2015 Dirige la treizième édition du FIFDH. (TDG)

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