«Inadmissible que des handicapés soient abandonnés dans une ville comme Genève!»

HandicapUne centaine de personnes ont réclamé, mardi à la place Neuve, des places dans des institutions spécialisées.

Rassemblement de solidarité à la place Neuve en faveur des personnes handicapées.

Rassemblement de solidarité à la place Neuve en faveur des personnes handicapées. Image: Laurent Guiraud

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Ils avaient déjà exprimé leur colère vendredi (nos éditions des 12-13 septembre). Ils sont descendus mardi dans la rue pour sortir de l’ombre et de l’anonymat afin de faire valoir les droits de leurs enfants, en situation de handicap. Ils, ce sont tous ces parents qui n’acceptent plus d’attendre des mois, voire des années, qu’une place se libère dans une institution spécialisée. «Il en manque entre 139 et 220», ont rappelé sur la place Neuve Cyril Mizrahi, président de la Fédération genevoise des associations de personnes handicapées et de leurs proches (FéGAPH), et Augusto Cosatti, président d’insieme-Genève, association de parents et d’amis de personnes mentalement handicapées. Une place recouverte de deux toiles blanches avec inscrit en rouge sang «Handicapés, pas de place».... symbole d'une plaie qui ne cicatrise pas.

Faire appel à l'Hôpital psychiatrique

«200 handicapés abandonnés par l'Etat», peut-on lire sur une pancarte au pied du cheval du Général Dufour. «Nous souhaitons que ces jeunes évoluent dans un environnement qui leur permette d'améliorer leurs compétences. Ils ont droit à une vie digne. Cela passe d'abord par un lieu de vie adéquat», estime Augusto Cosatti. Durant cette longue et difficile attente, les familles doivent assumer la prise en charge de leurs enfants et faire appel à l’hôpital psychiatrique quand la situation devient ingérable. «Nous sommes des parents, pas des éducateurs», résument en substance ces familles à bout. «La pénurie est telle qu’il y a plus de 100 personnes, souffrant de troubles psychiques, dans des hôtels, pour la plupart de qualité très médiocre. Et sans accompagnement», dénonce Jean Dambron, président de l’association Le Relais, structure complémentaire à insieme.

«Où sont les priorités»

«Genève n’a jamais connu de situation aussi grave. Nous ne voulons plus que les familles parlent de torture, d’épuisement. Nous ne voulons plus les voir pleurer, clâme Augusto Cosatti. L’Etat fait déjà beaucoup, nous disent les autorités? Il faut en faire plus; et urgemment.» Quelque 1,5 million de francs serait prévu dans le budget 2016. «Et on donne 100 millions au Musée d’art et d’histoire, se fâche une maman. Où sont les priorités? Il est inadmissible que des handicapés soient abandonnés dans une ville comme Genève!» Mais tous ces révoltés ne sont pas près de courber l'échine. «Il y a deux ans, nous avions déposé une pétition munie de 3000 signatures devant le Grand Conseil, relève Cyril Mizrahi. Elle a mené à une prise de conscience et à une reconnaissance de cette problématique par nos dirigeants. Mais notre mobilisation ne faiblira pas tant que la situation n'aura pas évolué dans notre sens.» Un groupe de mamans abonde: «On est de bonne volonté, on ne fait pas de bruit, mais on commence à être vraiment épuisées et on ne supporte plus d'être mises devant de telles incertitudes.» Et les manifestants de scander à l'unisson: «Des lieux de vie adaptés, maintenant!»

Créé: 15.09.2015, 20h04

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