Ils veulent «promouvoir la bientraitance» aux HUG

Handicap«Mieux prendre en charge les personnes en situation de handicap, c’est aussi devenir plus attentif aux besoins de tous les patients», estiment le professeur Arnaud Perrier et Séverine Lalive Raemy.

«Mieux prendre en charge les personnes en situation de handicap, c’est aussi devenir plus attentif aux besoins de tous les patients», estiment le professeur Arnaud Perrier et Séverine Lalive Raemy.

«Mieux prendre en charge les personnes en situation de handicap, c’est aussi devenir plus attentif aux besoins de tous les patients», estiment le professeur Arnaud Perrier et Séverine Lalive Raemy. Image: Battiston / Tamedia

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Tous les deux ont un proche touché par le handicap et ils sont ainsi encore plus déterminés à faire aboutir leur projet: améliorer la prise en charge des personnes en situation de handicap aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). «Globalement, ça se passe bien, mais on pourrait faire beaucoup mieux», considèrent le professeur Arnaud Perrier, directeur médical des HUG, et Séverine Lalive Raemy, chargée d’enseignement à la Haute Ecole de santé (HEdS), en filière soins infirmiers.

Objectifs: définir le public cible, faciliter la communication, développer la formation, renforcer les bonnes pratiques et améliorer l’accessibilité des lieux. «Les portes sont encore souvent trop petites, les sols trop inégaux avec des marches inadaptées aux fauteuils roulants», constate le professeur Perrier. Et que dire de la porte d’entrée à tambour des HUG, peut-être bénéfique au niveau énergétique, mais qui donne un bien mauvais signal aux handicapés? «Un petit bouton permet certes de ralentir la rotation de cette porte, mais cela reste insatisfaisant, estime le directeur médical. Nous ambitionnons de la changer.»

«J’ai vu des carences»

Cette situation peu hospitalière heurte d’autant plus Arnaud Perrier qu’il est lui-même père d’une jeune adulte en situation d’infirmité motrice. «Dès la naissance de Marie, je me suis aussi retrouvé de l’autre côté des blouses blanches. Cette expérience formatrice a influencé mon parcours et surtout la perception de ce qu’on attend d’un professionnel.» Parmi la centaine d’intervenants côtoyés, «j’ai vu des personnes extraordinaires, mais également des carences. Quand j’entends une petite voix en détresse à qui on répond «attendez», cela m’atteint au plus profond. Je sais ce que c’est pour une personne handicapée de vivre ça.»

Et Séverine Lalive Raemy d’ajouter: «L’accès aux soins de cette catégorie de la population doit être identique à celle des patients ordinaires. Or, on en est encore loin. Les études montrent ainsi qu’un enfant trisomique a une moins bonne qualité en soins dentaires que ses frères et sœurs.»

2012, début de la réflexion

Le chantier en cours pour favoriser la prise en charge des handicapés est donc particulièrement bienvenu pour cette ancienne infirmière des HUG, où elle a exercé pendant vingt-cinq ans. Il s’inscrit dans le programme stratégique 2016-2020 de l’Hôpital. Les premières réflexions ont démarré en 2012. C’est en confrontant leurs expériences personnelles qu’Arnaud Perrier et Séverine Lalive Raemy, sœur d’une handicapée, ont décidé d’aller de l’avant positivement: «Plutôt que de prévenir la maltraitance, nous voulons promouvoir la bientraitance.»

Vaste programme. Premier pari: définir le public cible. «Il n’est pas aisé de communiquer avec une personne polyhandicapée ou qui souffre d’une déficience intellectuelle; elle peut vite être très angoissée et agitée. Et vivre sa relation avec le personnel comme une atteinte», observent le professeur Perrier et l’enseignante à la HEdS. Pour faciliter l’entrée en contact, une première mesure a été instaurée: la création de feuilles de transfert qui facilitent l’arrivée de ces patients aux HUG. «Une sorte de code de la personne qui informe sur ses moyens de communication et d’expression face à la douleur, sur la façon dont on peut aussi la rassurer», précise le directeur médical. Les institutions concernées (Clair Bois, Foyer Handicap, EPI, Aigues-Vertes, Fondation Ensemble, SGIPA, etc.) ont accepté de jouer le jeu.

Formation toute!

Enfin, comme le recommande d’ailleurs l’OMS: former les soignants au handicap est essentiel. «Les HUG ont nommé un médecin référent, en la personne de la neurologue Anne-Chantal Héritier», informe Arnaud Perrier. Trois niveaux de formation sont prévus: une sensibilisation de quelques heures destinée à tout le personnel, une journée pour approfondir ses compétences et une formation de cinq jours pour devenir des personnes de référence. «Les deux premiers modules ont démarré, le 3e est prévu pour 2017», conclut Séverine Lalive Raemy.

(TDG)

Créé: 13.03.2016, 18h52

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