Ils veulent classer le bâtiment du Jeu de l’Arc pour le sauver

PatrimoineTrois associations et un privé estiment que cet édifice «remarquable» est digne de protection.

Image: Georges Cabrera

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Menacé par les 500 logements du futur quartier des Allières, près de la gare des Eaux-Vives, le bâtiment du Jeu de l’Arc, sis au 43 F, route de Chêne, ne tient plus qu’à un fil. «Les carottes sont cuites et archicuites», affirmait le patron de l’Aménagement cantonal, Antonio Hodgers, dans notre édition du 7 novembre. Mais le mouvement «Contre l’enlaidissement de Genève», très actif depuis l’été pour sauver le Jeu de l’Arc, refuse d’abdiquer.

Il vient de décocher une nouvelle flèche en demandant au Conseil d’État de classer «cet immeuble remarquable et digne de protection». Ce mouvement citoyen a trouvé des alliés pour y parvenir: les associations Patrimoine suisse et Action patrimoine vivant, ainsi que l’ancien professeur d’histoire et d’art contemporain Pierre Vaisse, ont eux aussi actionné ce levier.

Le Jeu de l’Arc est «un témoin exemplaire de l’architecture 1900, estiment les défenseurs du patrimoine. Il a fait l’objet de plusieurs études historiques qui ont conclu qu’il méritait d’être sauvegardé. Les autorités et milieux immobiliers sont passés outre en connaissance de cause.» Action patrimoine vivant vante «une architecture classicisante conçue par l’architecte Lucien Montfort et réalisée par l’entreprise Olivet.

L’époque était à l’éclectisme. Il fut primé en 1900 lors d’un concours de façade.» La valeur environnementale des abords et sa végétation centenaire sont aussi décrites comme «un atout d’une importance primordiale» en plein centre-ville dans la perspective du réchauffement climatique. «C’est tout cet ensemble remarquable qu’il faut préserver», est d’avis Pierre Vaisse.

«Certes, tout ceci arrive bien tard alors que les droits à bâtir et les montages financiers sont négociés, admet l’historienne de l’art Leïla el-Wakil. On se souviendra pourtant du précédent de la villa Edelstein, à Florissant, sauvée in extremis en 1983, au terme d’une longue procédure jusqu’au Tribunal fédéral, quand bien même le délai de quatre semaines suivant la publication de l’autorisation de démolir était expiré. Les promoteurs ont dû reculer sans être dédommagés.» Antonio Hodgers ne veut pas s’exprimer à ce stade.

Notons encore que le mouvement «Contre l’enlaidissement de Genève» s’est lancé dans une nouvelle opération de sauvetage près de la place des Nations: celle des Feuillantines, «une belle propriété néoclassique italianisante des années 1870 condamnée par la Cité de la Musique, ce «patrimoine de demain». Une fois de plus, c’est la politique du fait accompli.» (TDG)

Créé: 10.12.2017, 18h53

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