Ils planchent sur une nouvelle poubelle

SolutionsUne start-up vise à mettre sur le marché une nouvelle petite corbeille. Plus efficace contre les moucherons et les mauvaises odeurs.

La start-up vient aussi de remporter le prix de la FER Genève (Prix IDDEA). Montant? 10000 francs.

La start-up vient aussi de remporter le prix de la FER Genève (Prix IDDEA). Montant? 10000 francs. Image: Lucien Fortunati

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Nom? Mint. Poids? À terme, 900 grammes. Date de naissance? Été 2019. Contenance? Cinq litres. Le lancement d’une nouvelle petite poubelle repose sur une idée simple: corriger les défauts de ses grandes sœurs vertes distribuées gratuitement en 2016. Lesquels? «Elles dégagent des odeurs en raison de la décomposition des déchets organiques. Et attirent vite les moucherons», affirme Luca Fazzone, 27 ans, né à Meyrin et cofondateur d’une start-up (Up Green Recycling) visant à mettre sur le marché une nouvelle petite corbeille. De couleur blanche et vert menthe ou olive claire, elle contient un vide partiel. «Grâce à notre innovation, une partie de l’air est enlevée et la décomposition ralentie», détaille Tim Coutherez, 29 ans, associé du Meyrinois. Le mécanisme de fermeture est simple et solide. La poubelle est en polypropylène, un plastique aisément recyclable.

Ces deux jeunes compères se sont rencontrés à l’Hepia, l’école d’ingénieurs de Genève. En microtechnique. Tous deux ont eu l’occasion de se frotter au monde du travail, Luca Fazzone comme apprenti au CERN et Tim Coutherez, né à Chêne-Bougeries, dans un atelier de mécanique auto. Cela aide lorsqu’on se retrouve, plus tard, à la tête d’une petite entreprise. Mais c’est leur participation au Master Innokick qui sera déterminante dans leur choix de création de société. Cette formation dispensée au sein des HES de Suisse occidentale a comme originalité le fait de mêler des ingénieurs avec des designers et des économistes. Technique, créativité et gestion: un cocktail idéal pour lancer un produit ou un service et réussir sa greffe. La Fribourgeoise Aude Ambrosini, spécialisée dans le marketing, a rejoint le Meyrinois et le Chênois, comme associée gérante. Et le designer Olivier Cristini est aussi monté à bord.

Convaincus que le tri des déchets peut se développer, les deux entrepreneurs ont imaginé un premier prototype, en 2018. Il a fallu ensuite l’améliorer. L’alléger. Serrer les boulons. Déposer les brevets.

«Aucune banque ne nous aurait prêté de l’argent pour la production. Nous avons imaginé lancer une campagne de récolte de fonds», résume Luca Fazzone. Les Services industriels de Genève sont séduits: ils vantent l’objet sur leur site. En cinq jours, du 18 au 22 novembre, 500 poubelles ont été prévendues.

La part des déchets recyclés augmente dans le canton depuis 2010. L’an dernier, 34 000 tonnes ont été recyclées. En moyenne et par habitant, 198,9 kilos de déchets ont été incinérés en 2018 et 167,6 kilos ont été triés. Dans le classement des communes, certaines sont plus vertueuses que d’autres. À Laconnex, plus de 64% des déchets organiques sont triés. Collex-Bossy, Anières et Vandœuvres sont aussi de bonnes élèves. En revanche, Genthod est le cancre du canton, avec seulement 30,9% de déchets recyclés. Presinge, Bellevue et Russin sont sous la barre des 37%.

Selon l’Office cantonal de la statistique, la quantité de déchets ménagers dont la levée est assurée par les communes diminue dans le canton (394 kilos par habitant en 2017, 388 kilos en 2018). C’est plutôt une bonne nouvelle. La moyenne cantonale se situe à 47,8% de déchets organiques triés. Mais la tâche est ardue. Le Canton tente d’atteindre la barre des 50%. L’usage de cette nouvelle corbeille le permettra-t-il? L’urgence est là. Si ce pourcentage n’est pas atteint, une taxe poubelle pourrait être introduite. Un container de Damoclès menace donc de s’abattre sur les Genevois. De quoi mettre la pression sur les fondateurs d’Up Green.

Créé: 04.12.2019, 08h03

Le problème

En septembre 2016, la Ville de Genève et 24 communes décident de distribuer 100 000 petites poubelles vertes aux ménages genevois. Une partie de la population les adopte. Mais les sacs biodégradables ne sont pas solides. Et la décomposition des déchets organiques est rapide, provoquant des mauvaises odeurs. Et attirant des nuées de moucherons. R.R.

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