Ils jouent du violon pour mieux apprendre à lire

École du LignonLa Fondation Vareille finance le projet «Un violon dans mon école». Reportage au Lignon avec des élèves de 4 ans.

Des élèves de l'école du Lignon s'initient au violon grâce à la Fondation Vareille.

Des élèves de l'école du Lignon s'initient au violon grâce à la Fondation Vareille. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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«L’apprentissage du violon contribue à la réussite scolaire.» Portée par cet adage, la Fondation Vareille a lancé le projet «Un violon dans mon école». Il s’adresse à des établissements situés dans des zones défavorisées, dans le but de réduire les inégalités. «À 3 ans, les enfants issus de milieux précarisés connaissent 500 mots environ quand les autres en maîtrisent bien plus du double», note Delphine de Kesling, responsable du développement à la fondation.

L’apprentissage du violon (et de la musique en général) serait un moyen efficace d’aider les écoliers à combler ce déficit dès le plus jeune âge pour pouvoir profiter des apports de l’enseignement scolaire. Une étude de la Haute École de santé (HES) de Genève, faite en collaboration avec l’Université de Genève, a récemment apporté une nouvelle pierre à l'édifice de cette thèse.

Reconnue d’utilité publique dans la lutte contre l’échec scolaire d’origine sociale, la Fondation Vareille n’a pas attendu ces conclusions pour soutenir l’apprentissage du violon à l’école. «Tout a démarré en septembre 2015 à Zurich et à Martigny», précise Clément Dumortier, directeur de projets au sein de cette fondation. Celle-ci finance l’achat des instruments ainsi que les cours, dispensés par des professeurs sélectionnés par les Conservatoires locaux. «On leur offre des violons de qualité, poursuit-il. Cela responsabilise les enfants. Ils apprennent à prendre soin de leur instrument et à se laver les mains avant de le sortir de son étui. Il y a tout un rituel autour de cela.»

Depuis cet automne, l’École primaire du Lignon – située en réseau d’éducation prioritaire – profite elle aussi de cette nouveauté qui semble plaire aux violonistes en herbe. «Ce n’est pas trop difficile», déclare Léo avec aplomb. Émilie ne partage pas cet avis et explique avec fierté qu’elle a déjà appris à utiliser l’archet. «On sait aussi faire le bruit du vent», ajoute Intisar.

À l’image de ces trois écoliers, 60 enfants de 4 et 5 ans ont entamé une aventure musicale de quatre ans au Lignon (de la 1P à la 4P). «C’est pendant les premières années de la vie que le développement cérébral est le plus fort», souligne Clément Dumortier.

«Les philanthropes Hélène et Pierre Vareille ont remis en personne les violons aux élèves, informe Nathalie Studli, directrice de l’établissement Lignon/Aïre. La fierté des familles, se sentant ainsi considérées, faisait plaisir à voir! Dans l’inconscient collectif, la musique classique reste élitiste, le violon en tête.»

La directrice vante aussi l’implication du Conservatoire de musique de Genève: «On tente d’intégrer aux mieux les professeurs de violon pour profiter des compétences des uns et des autres. Nos échanges autour de la musique, notamment grâce à nos enseignants de rythmique, sont primordiaux pour le succès de ce projet.»

Des enseignants s’y mettent

La première année, les enfants suivent chaque semaine un cours collectif de quarante-cinq minutes. Dès la deuxième année s’ajoutent deux leçons de trente minutes en petits groupes. «Au début, il y avait beaucoup de curiosité. Certains voyaient un violon pour la première fois», commentent Jonas Grenier et Lucie Mallet de Chauny, tous deux professeurs au Conservatoire. Ils confirment la bonne collaboration avec les enseignants, dont certains ont même décidé de s’initier au violon avec leurs élèves pour mieux comprendre les difficultés de l’exercice. Et ses atouts: «Ici, on travaille la posture, on s’entraide entre élèves et on développe sa confiance.»

«D’une manière plus large, la pratique de la musique a un impact très positif sur les capacités de concentration, de mémorisation et d’abstraction des enfants, remarque Clément Dumortier. Avec pour résultat l’acquisition plus aisée du langage, élément clé dans l’apprentissage de la lecture. Des chiffres et une partition, c’est déjà tout un langage.»

1600 jeunes violonistes

Près de 900 enfants bénéficient aujourd’hui du projet «Un violon dans mon école», dans quatre établissements en France et autant en Suisse. À plein régime, dès 2020, ces huit écoles représenteront un contingent de 1600 jeunes violonistes.

Pour l’heure, après six mois d’initiation au Lignon, Nathalie Studli observe déjà des progrès: «Des élèves qui étaient très agités sont plus calmes à présent, également plus attentifs.» Cela n’empêche pas un garçon de sauter par-dessus son violon devant nous… et un autre d’envisager de transformer son instrument en «Transformer». «On est encore en phase d’initiation», sourit Jonas Grenier.

(TDG)

Créé: 26.04.2019, 18h39

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