Il y a un vacher anarchiste à Presinge!

Juillet 1918Que lisait-on dans la «Tribune de Genève» il y a 100 ans? Notre série de l'été.

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L’histoire qui va suivre se trouve en page 2 de «La Tribune de Genève» du 11 juillet 1918, dans la rubrique «Chronique locale». Elle est amusante mais ne mérite pas pour autant la une du journal. Ça tombe bien car il y a cent ans, la première page de votre quotidien est exclusivement dévolue aux petites annonces et aux publicités!

On y apprend par exemple qu’un commerçant «cherche à acheter promptement 100 kilos de semence de champignon»; qu’on peut acquérir pour 320 fr. chez Odier & Cie des cabines de bains de soleil «pouvant se transformer en pavillon»; que le Baume St-Jacques est un «remède souverain et inoffensif pour la guérison rapide de toutes les plaies anciennes ou nouvelles»; ou encore que chez Flegenheimer & Co, au 12, rue de la Corraterie, «on demande comme homme de peine, un homme fort et actif et sachant bien faire les emballages».

Collègues trop crédules

Mais mettons le cap sur la commune de Presinge, orthographiée à l’époque Présinges, où le rédacteur laisse volontiers vagabonder sa plume. Lisons-le.

«S’il est une profession qui semblait devoir être épargnée par la propagande anarchiste, c’est bien celle de vacher. Victor Hugo n’a-t-il point dit: «Le Suisse paît sa vache et vit paisiblement». Or, on signalait ces temps derniers dans la région de Présinges, un individu qui, au lieu de remplir «son seillon» (ndlr: baquet, petite cuve), préférait prêcher la bonne doctrine zimmerwaldienne dans les fermes de la contrée. S’il ne réussissait pas, heureusement, à faire monter le prix du lait, il montait la tête à ses collègues trop crédules et trop confiants. Pour arriver plus sûrement à ses fins, il mettait en pratique l’adage latin «In vino veritas» et abreuvait copieusement ceux dont il voulait faire des prosélytes.»

«Les fermiers de la contrée se sont émus et depuis quelques jours on entend plus parler de l’apôtre des vaches que le Directeur de police aura sans doute prié d’aller exercer son ministère en Russie ou ailleurs.»

Toit d’église réquisitionné

Le fermier presingeois est donc prié de déguerpir plus à l’est. À l’est justement, mais en France occupée (Alsace), un fait divers relaté par «La Tribune» témoigne des besoins insatiables de l’industrie de guerre. «La toiture de l’église St-Pierre-le-Jeune à Strasbourg n’a pas échappé à la réquisition. Douze mille kilos de cuivre d’une valeur de 60 000 marks vont sous peu couvrir les champs de bataille au lieu de couvrir la maison de Dieu.» Le cuivre servait notamment à fabriquer des balles et des obus. (TDG)

Créé: 10.07.2018, 18h06

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