Il finit à l’hôpital après une violente agression à Plainpalais

Arrestation à GenèveSous les verrous, le suspect est poursuivi pour tentative de meurtre.

Le lieu du drame survenu le mois dernier à Plainpalais.

Le lieu du drame survenu le mois dernier à Plainpalais. Image: Laurent Guiraud

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La police enquête sur une violente agression survenue la nuit du 10 au 11 janvier à Plainpalais. Selon nos informations, vers 4h, un homme d’une trentaine d’années s’est retrouvé avec le crâne ouvert et une jambe cassée nécessitant une opération d’urgence et une hospitalisation. Sous les verrous, un suspect est prévenu de tentative de meurtre.

Empoigné par l’écharpe

Le plaignant rentrait chez lui après être sorti dans le quartier. Il s’arrête au passage dans un fast-food pour prendre un repas à emporter. Il attend, seul, sa nourriture. Soudain, un inconnu passe devant un client dans la file. Le plaignant le lui fait calmement remarquer. Ces quelques mots lui coûtent cher: l’individu l’aurait alors empoigné par l’écharpe avant de la serrer et de lui asséner des coups de poing sur la tête.

Groggy, le plaignant se met un peu à l’écart et se rend compte plus tard qu’il lui manque son écharpe. Il tient à cet objet, qui lui a été offert par une personne chère récemment décédée. Il se rend donc vers l’inconnu, un peu plus loin sur la plaine de Plainpalais, en lui demandant s’il a vu son écharpe. L’homme est accompagné par une poignée d’autres personnes. Le plaignant se serait fait alors violemment frapper à la jambe et à la tête par cet individu qui l’aurait même menacé de mort s’il ne partait pas.

Me Robert Assaël, avocat du trentenaire, assure que son client est toujours resté calme, sans agressivité: «Il n’était pas alcoolisé. Il n’y a pas eu d’altercation ou d’empoignade, mais une agression gratuite du prévenu, qui s’est défoulé et acharné sur la victime. Certains jeunes ne savent plus communiquer normalement et ne s’expriment que par la violence. C’est intolérable.»

Toujours hospitalisé

Le prévenu a déjà fait un séjour en prison par le passé. Il y est donc retourné, il y a deux semaines. Me Nina Sepe, qui le défend, évoque une soirée alcoolisée qui s’est mal terminée: «Tous les protagonistes auraient été avinés. La première altercation a eu lieu dans le fast-food, mais elle a rapidement pris fin. Pour mon mandant, qui s’est rendu sur la plaine de Plainpalais avec ses amis, l’épisode était clos. Lorsque l’homme, qu’il ne connaissait pas, est revenu à la charge en l’accusant d’un vol qu’il n’avait pas commis, mon mandant s’est senti agressé.»

D’après Me Sepe, «une bagarre s’est déclenchée, lors de laquelle la tête de l’homme a accidentellement heurté un banc en pierre. Ce qui a mis fin à l’empoignade.» Selon l’avocate, le plaignant est rentré chez lui, sur ses deux pieds, déclinant l’aide qui lui était proposée: «En apprenant – de la bouche du procureur – la nature des blessures qu’il a subies, mon mandant a été choqué.»

Me Assaël s’inscrit en faux: «Mon client n’a pas heurté accidentellement un banc. Il a été démoli par le prévenu. Aucune aide ne lui a été proposée. Au contraire, il a été menacé: «Tu as vingt secondes pour partir, sinon je te tue.»

Alors qu’il avait le crâne blessé et une jambe fracturée, le trentenaire est rentré difficilement chez lui. Son colocataire a appelé une ambulance quand il a vu qu’il saignait dans les oreilles, précise Me Assaël: «À quelques minutes près, il aurait pu mourir. Il a été opéré au crâne pendant plus de cinq heures, en urgence, et est toujours hospitalisé. La tentative de meurtre ne fait pas de doute.»

Pour Me Sepe, le suspect, présumé innocent, est un jeune homme qui, depuis sa sortie de détention, il y a presque un an, a fait «des efforts considérables pour remettre de la stabilité dans sa vie professionnelle et familiale. Il conteste fermement l’intention homicide. Décidé à assumer ses responsabilités, il conteste aussi le bien-fondé de sa détention provisoire.»

Créé: 11.02.2020, 07h00

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