«Il faut intégrer le bénévolat à l’école!»

GenèveUn événement organisé à Palexpo a montré à 1200 jeunes comment être acteurs du changement à leur niveau.

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Ils ont arpenté le hall casque lumineux sur les oreilles pour réaliser des défis en groupe, croqué du chocolat équitable, découvert le quotidien d’enfants soldats, retracé le parcours de migrants. Lundi et mardi, 1200 élèves genevois du secondaire II, âgés de 15 à 19 ans, ont foulé la moquette de Palexpo. Pas pour découvrir le dernier mixeur ou grille-pain aux Automnales mais pour être sensibilisés aux enjeux sociétaux et environnementaux. Et découvrir comment agir à leur niveau.

Un Salon de l’engagement

L’événement «Step into action» est organisé par l’association éponyme, en collaboration avec le Département de l’instruction publique, de la culture et du sport. «L’objectif, explique Karina Yahia, présidente de l’association, est de proposer aux jeunes une information et un soutien pour susciter des réflexions et les motiver à devenir des acteurs de changement. Nous voulons ouvrir les portes et les yeux! Durant ces deux jours mais également après, en accompagnant élèves et enseignants dans la réalisation de projets.»

Au programme: parcours interactif autour d’un thème choisi au préalable – migration, droits de l’homme, environnement, santé ou solidarité, ou économie sociale et solidaire –, ateliers pratiques, jeux de rôle, partage d’expérience avec des pairs engagés dans des projets solidaires. Et des interrogations pour trouver des solutions locales sur diverses thématiques. On se demande ainsi: «Que faire à mon niveau pour améliorer l’intégration des migrants?» Les réponses s’enchaînent: «Mieux informer la population pour éviter les discriminations», «utiliser les nombreux locaux vides pour les loger», «leur donner nos vieux vêtements». Une élève tique: «Mais il ne faut pas que ce soit des habits dans un sale état, ce sont des gens comme nous!»

Place ensuite au concret: une vingtaine d’associations et entreprises, d’Amnesty International à la Chambre de l’économie sociale et solidaire, tiennent leur stand dans un Salon de l’engagement. Et elles ont rivalisé d’efforts pour attirer le jeune: jeu de fléchettes, fabrication de bougie express avec du miel équitable, concours… On peut même se faire photographier en «Miss Wonder équitable»!

Pas assez de temps libre…

On repart avec des gadgets sous le bras. Et avec des brochures d’informations et son adresse mail inscrite, volontairement, dans les registres des associations pour recevoir leurs newsletters. «Les camps Caritas, le WWF, l’aide aux migrants… Tout m’intéresse, je vais devoir choisir!» s’enthousiasme Erine, 16 ans. Pour d’autres, l’engagement, ce n’est pas pour tout de suite. «On nous dit qu’on peut changer les choses, et on a tous envie de le faire. Mais les parents et la société mettent les études au-dessus de tout, il ne reste alors plus beaucoup de temps pour faire autre chose…» regrette Otavio, 18 ans. «Il faudrait intégrer des projets de bénévolat à l’école, dans le programme scolaire, en dégageant une ou deux heures dans la grille horaire!» Filipe renchérit: «Si j’avais du temps, il y aurait tellement de causes pour lesquelles j’aimerais m’engager, de la protection des droits humains à la construction d’écoles à l’étranger.» Et agir à Genève? «Il y a des choses à faire mais ça me paraît moins urgent que dans des pays où on n’a pas accès à l’eau et à la nourriture…»

Sandra et Sanhia sont des «témoins», venues présenter leur association Humansnation, qui vient en aide aux réfugiés. Si elles relèvent beaucoup d’intérêt de la part des jeunes, elles pointent une réalité: «Beaucoup ont peur de s’engager. Nous devons dédramatiser ça.» Mathias, lui, n’a pas peur. Il n’a simplement pas envie et l’assume: «Je ne suis pas très entrepreneur et un peu flemmard. Je ne vais pas m’engager dans des projets. Mais j’ai appris des choses aujourd’hui, c’est déjà bien!» (TDG)

Créé: 16.11.2016, 09h13

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