Homophobie: des étudiants dévoilent des chiffres inquiétants

Ecole et UniversitéDes élèves et une association diffusent chacun les résultats de leur questionnaire sur l’homophobie

Image: Francesca Palazzi

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On dit parfois que l’élève dépasse le maître. Ici, les élèves et les étudiants devancent le Département de l’instruction publique (DIP). Deux sondages distincts sur l’homophobie ont été lancés à l’initiative d’élèves de l’Ecole de commerce Aimée-Stitelmann et de Think Out, l’association des étudiants LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenre). Voici donc les premières statistiques cantonales non officielles dans ce domaine. Le DIP serait en cours de réflexion quant à un sondage à l’échelle institutionnelle.

Quatre élèves d’Aimée-Stitelmann ont élaboré avec leurs enseignants un questionnaire sur l’homophobie dans le cadre de travaux encadrés sur la discrimination. Pourquoi cette démarche? «On a vu que l’homosexualité pose problème à l’école, on entend certains élèves dire qu’il faut frapper les homosexuels, les cramer», explique l’une des adolescentes. 450 réponses ont été obtenues. Près de 23% des personnes interrogées trouvent que l’homosexualité pose problème. Et plus de 66% disent connaître des personnes homophobes. Les élèves vont soumettre ces résultats à la directrice de l’établissement.

«Ce sondage met en évidence une situation préoccupante», commente Elisabeth Thorens-Gaud, attachée aux questions d’homophobie et de diversité pour les cantons de Genève et Vaud. Elle souhaite qu’une sensibilisation sur le sujet soit faite au sein de la communauté scolaire. Moins de réponses à l’Uni

«J’ai vécu dans un placard pendant tout mon cursus universitaire, c’était le néant en termes de soutien.» Voilà le type de témoignage qui ressort du questionnaire anonyme lancé par Think Out à l’Université. 58 réponses «seulement», dans la mesure où l’Université n’a pas relayé le questionnaire via sa «mailing list»: une directive interdit l’envoi d’enquêtes en ligne. En revanche, le relais s’est fait via Facebook, Twitter et le journal de l’UNIGE. Sur ce petit panel, composé d’étudiants et d’enseignants, 20% des sondés disent avoir subi des actes d’homo/transphobie. Un témoignage évoque «des remarques désobligeantes et des sous-entendus par rapport à une possibilité de carrière». Une bouteille en plastique aurait même été jetée sur quelqu’un qui déroulait une affiche de la Journée mondiale contre l’homophobie. La plupart de ceux qui n’ont pas été victimes de harcèlement homophobe misent en fait sur la discrétion: «Je n’affiche pas mon homosexualité, pour me protéger.»

Les actes homophobes ont aussi lieu en dehors de l’Uni. Neuf personnes disent avoir subi des insultes ou des menaces dans la rue. L’une déclare se faire virer de certains restaurants. A la question «En avez-vous parlé à quelqu’un au sein de l’Université ou en dehors?» 28 sondés ont préféré ne rien dire et 33?ont choisi de se confier à une personne ou structure extérieure au milieu universitaire. Charte éthique insuffisante

Delphine Roux, coprésidente de Think Out, aimerait que le rectorat affirme clairement son positionnement contre l’homophobie. Pour l’instant, l’article 4 de la charte éthique de l’établissement indique: «Toute forme de discrimination doit être proscrite, qu’elle soit de nature sociale, religieuse, ethnique, sexuelle ou autre.» Think Out aimerait qu’il soit fait mention de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. «Cette proposition est intéressante et elle mérite une réflexion, réagit Margareta Baddeley, vice-rectrice. Elle incombe en premier lieu au Comité d’éthique.»

Sophie Simon (TDG)

Créé: 14.05.2012, 06h48

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