«Harry Potter» fait jouer des «moldus» genevois

InsoliteDepuis le début de l’année, l’équipe des Gobelins se retrouve pour s’adonner à son activité préférée: le quidditch, le jeu fictif issu de la saga du fameux apprenti sorcier.

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Les joueurs attendent en ligne de chaque côté du terrain le coup de départ: «Broom’s up!» («Balai, debout!»), crie Ludovic, qui sert d’arbitre. Au premier coup d’œil, la scène a de quoi être cocasse: ni une ni deux, ils enfourchent leurs balais et se ruent sur les quatre balles disposées au centre du terrain. Le jeu démarre. «C’est le sport d’Harry Potter?» demande un curieux qui s’approche du terrain. Oui Monsieur, et soyons précis dans les termes, c’est du quidditch! Le jeu de balle magique est décrit pour la première fois dans le roman de J. K. Rowling qui date de 1997, «Harry Potter et la pierre philosophale».

Règlement: les quatorze joueurs sur le terrain doivent impérativement rester sur leurs balais, sous peine d’être hors jeu. Photo: Magali Girardin

Depuis, le sport favori des sorciers a gagné les «moldus», comprenez les non-sorciers, de plus en plus d’équipes se forment depuis 2005 à travers le monde, et c’est du sérieux. Genève n’y échappe pas, depuis peu. Sur le terrain ce dimanche au parc des Eaux-Vives, pas de Cédric Diggory à l’horizon, ni de Drago Malfoy, mais Ségolène et l’équipe qu’elle a rassemblée autour d’elle, depuis le mois de décembre. «Après avoir essayé le quidditch en France, je voulais continuer à jouer sur Genève, mais aucune équipe n’existait, alors je l’ai créé!» raconte la présidente des Gobelins de Genève, la première équipe de Suisse romande. Le nom n’est pas anodin, les équipes choisissent souvent des noms de créatures avec la première lettre de leur ville.

«Et le Vif d’or?»

Qu’en est-il concrètement? C’est un «doux» mélange de handball, de rugby et de balle au prisonnier. Doux, il faut le dire vite, car cela reste un sport de contact où l’on ne se fait aucun cadeau. Deux équipes s’affrontent (voir encadré). Chacune d’elles est composée de sept joueurs: trois poursuiveurs, deux batteurs, un gardien et un attrapeur. Les poursuiveurs et le gardien jouent avec une balle nommée le Souafle: les poursuiveurs doivent marquer un maximum de buts en lançant le Souafle dans un des trois anneaux adverses (dix points chacun), tout en évitant les Cognards et les plaquages des adversaires. Le gardien protège quant à lui les trois anneaux. Les batteurs jouent avec les Cognards en tentant de les envoyer sur les joueurs adverses. La question revient sans cesse lorsqu’on évoque le quidditch «moldu»: «Et le Vif d’or?» Moins glamour que la petite balle volante représentée dans les films et moins technologique qu’un drone qui virevolterait au-dessus du terrain, dans la réalité, il prend la forme d’un joueur «neutre». Ce jour-là c’est Fidel, 22 ans, qui s’y colle. Il doit défendre la balle de tennis glissée dans une «chaussette» jaune, accrochée à sa taille. Il entre en jeu à la 18e minute seulement, suivi de près par deux attrapeurs, un de chaque équipe. Marcos s’empare de la balle et rapporte ainsi 30 points à son équipe. On siffle la fin du match. Les Gobelins ont gagné. La partie aura duré une trentaine de minutes.

Photo: Magali Girardin

Une deuxième question poursuit les joueurs: «Vous avez des balais? Mais vous ne volez pas?» Évidemment non, mais il reste essentiel, comme l’explique Ludovic Langlais, coach des Gobelins. «C’est un handicap, au même titre que le dribble au basket, et ça permet de rappeler d’où vient ce sport. Avant, les joueurs tenaient même de vrais balais.» Depuis, les copies de Nimbus 2000 (ndlr: le balai d’Harry Potter) ont laissé place à des tubes de PVC, plus pratiques et moins dangereux. Quand le joueur le fait tomber, il est hors jeu. Et les joueurs portent des maillots de rugby plutôt que des capes.

Équipes mixtes ou rien

Sur le terrain, les équipes sont jeunes, entre 16 ans et 30 ans, mais surtout mixtes. «C’est l’un des seuls sports collectifs où la mixité est obligatoire, avec un maximum de quatre personnes du même sexe par équipe», explique Ségolène. «On est tous pareils sur le terrain, ajoute Aurélie, batteuse et benjamine de l’équipe, on se fonce tous dedans.»

Alors, le quidditch, un sport de «geeks»? Plus vraiment, si on en croit Ludovic: «On est beaucoup à être venus pour «Harry Potter», mais on reste tous pour le sport. Il faut être polyvalent, rapide et stratège. Certains joueurs n’ont même jamais regardé «Harry Potter». La Suisse compte pour l’heure sept clubs et le règlement international officiel s’épaissit d’année en année et compte déjà 187 pages. Ludovic Langais conclut: «On quitte peu à peu ce monde enfantin et on prouve qu’on est un vrai sport».


Sports nés dans la fiction

Qu’ont en commun le Blernsball, le Calvinball ou encore le Blitzball? Tous sont des sports inventés à la télévision, au cinéma ou dans des jeux vidéo. Dans «Star Trek», on reconnaît les joueurs de Dom Jot grâce au sac qu’ils portent en bandoulière quand ils s’en vont jouer à un savant mélange de billard et de flipper. Dans la série «Battlestar Galactica», les habitants des douze colonies pratiquent un sport nommé Pyramid Game, qui vient croiser le rugby, le handball et le basketball.

Le Rollerball, une forme de roller derby violent, apparaît dans le film éponyme en 1975. Le but: dépasser dans un vélodrome les autres joueurs sans se faire projeter au sol dans un laps de temps donné. Le Rugball est un mélange violent de football américain et de baseball, joué dans le manga «Cobra».

Plus récemment, on a découvert au cinéma une compétition cruelle, les Hunger Games. La série «How I Met Your Mother» a réussi le difficile pari de marier le basketball et le hockey sur glace avec le Baskiceball.

D’autres sports de fiction sont devenus bien réels, à l’image du quidditch. Les célèbres combats de sabres laser dans «Star Wars» sont désormais pratiqués lors de combats organisés et des cours sont dispensés, comme à l’École lémanique d’arts et d’actions, à Genève. L.F.

(TDG)

Créé: 27.04.2019, 09h39

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