Guillaume Barazzone capitule face aux affaires

Notes de fraisLe conseiller national et conseiller administratif PDC ne démissionne pas, mais renonce à briguer le renouvellement de ses mandats en octobre 2019 et avril 2020.

Coup d’arrêt: Guillaume Barazzone est conseiller administratif en Ville depuis 2012. GEORGES CABRERA

Coup d’arrêt: Guillaume Barazzone est conseiller administratif en Ville depuis 2012. GEORGES CABRERA Image: Georges Cabrera / Archives

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Guillaume Barazzone a décidé de mettre l’avenir de sa carrière politique entre parenthèses. L’élu PDC a informé le Parti démocrate-chrétien (PDC) genevois qu’il ne serait pas candidat aux prochaines élections fédérales et municipales, mais qu’il assumerait jusqu’au bout ses mandats au Conseil national ainsi qu’en Ville de Genève.

Dans son courrier, il explique vouloir préserver la cohésion de son parti à la veille d’importantes échéances électorales. Il précise aussi avoir pris sa décision «suite au rapport de la Cour des comptes du 1er novembre 2018». En revanche, l’élu ne dit mot de la procédure ouverte par le Ministère public sur son séjour à Abu Dhabi.

Deux missiles rapprochés

Étoile montante il y a encore peu du PDC genevois, Guillaume Barazzone a en effet été mis à terre par deux missiles lancés à des dates rapprochées. Et le premier est bien cette procédure pénale ouverte pour éclaircir les circonstances de son voyage de novembre 2017 dans les Emirats arabes unis. À ce stade, précisons que l’élu n’est sollicité que pour fournir des informations «en tant que personne appelée à donnée des renseignements».

Ce séjour, c’est lui-même qui l’a rendu public devant le Municipal en répondant à une question de la conseillère municipale Maria Pérez. Cette dernière voulait savoir si des conseillers administratifs avaient profité d’invitations comme cela avait été le cas de Pierre Maudet. C’était le 27 octobre.

Le second missile est parti de la Cour des comptes ultérieurement, le 1er novembre. Son rapport sur les notes de frais des conseillers administratifs de la Ville de Genève a été particulièrement destructeur pour Guillaume Barazzone. Et ses tentatives de justifications ne l’ont en rien aidé.

Réagissant très rapidement, le conseiller administratif avait toutefois reconnu «n’avoir pas fait tout juste». Il a aussi remboursé plus de 50 000 francs, la rectification portant sur dix ans. Cela n’a évidemment pas empêché le Ministère d’ouvrir une procédure pénale le 7 novembre en lien avec les dépenses des conseillers administratifs. Cette fois, pour gestion déloyale des intérêts publics. Des perquisitions avaient suivi dans les bureaux de plusieurs conseillers administratifs.

Des excuses présentées à tous

Son mea-culpa, le conseiller administratif l’a réitéré dans sa lettre au comité directeur du PDC. Invoquant les valeurs PDC «fondées sur l’humanisme et la responsabilité individuelle», il ajoute: «Ces valeurs m’ont conduit à m’interroger, non seulement sur les manquements collectifs relevés, mais aussi et avant tout sur mon propre comportement.»

Guillaume Barazzone présente ensuite ses excuses à tous ceux qu’il a pu décevoir, ses proches, les membres du parti, ses collaborateurs et les habitants de Genève. Par ailleurs, il insiste sur le fait que ni le magistrat ni le conseiller national n’ont abdiqué. À Berne, il continuera à s’engager notamment en faveur de la réforme de l’imposition des entreprises. En Ville de Genève, il cite la réforme du dispositif de secours, la végétalisation dans les quartiers ou la multiplication des lieux de baignade dans la rade.

Cette annonce de retraite politique à relativement brève échéance doit susciter des sentiments contrastés au sein de sa famille politique. En premier, c’est sans doute la tristesse qui s’impose, amplifiée encore par la relative jeunesse (36 ans) de celui qui jette l’éponge. Mais très vite, les plus lucides ressentiront un soulagement pour le PDC que Guillaume Barazzone ait décidé lui-même de ne pas se risquer à affronter de nouvelles élections.

Le PDC s’y était préparé

Si le principal intéressé n’a pas souhaité répondre à nos questions, Vincent Maitre, le président du PDC, s’est plié à l’exercice. «La décision de Guillaume Barazzone n’est pas une surprise pour nous, a-t-il précisé. Elle était attendue car nous en avions débattu avec lui, et le comité directeur en était arrivé à la même conclusion que lui.» Et de saluer son choix difficile et courageux.

Au-delà, le président estime que «l’addition est cher payée, en premier lieu pour lui, mais également pour le parti». Vincent Maitre se veut malgré tout optimisme: «Heureusement, le PDC ne se résume pas à Guillaume Barazzone, conclut-il. Nous avons aussi beaucoup d’autres personnes de valeur dans notre parti.»



Lire la lettre de Guillaume Barazzone



(TDG)

Créé: 30.11.2018, 20h07

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À 36 ans, Guillaume Barazzone a déjà quinze ans de politique derrière lui. Élu à l’âge de 20 ans au Conseil municipal de la Ville de Genève, il a exercé la fonction de député au Grand Conseil pendant sept ans, de 2005 à 2013.

Avocat de profession, il travaille au sein des études
Lenz Staehelin et Schellenberg Wittmer de 2008 à 2012. Année où il accède à un Exécutif pour la première fois en devenant conseiller administratif en Ville. Il y prend la tête du Département de l’environnement urbain
et de la sécurité.

En parallèle, il est élu au Conseil national en décembre 2013 et assume depuis lors un double mandat. Il est maire de Genève entre juin 2016 et mai 2017.
S.S.

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