Genève-Sud: un crédit routier de 123 millions est contesté

MobilitéLa Commission des travaux du grand Conseil a approuvé le financement de deux liaisons routières. Mais elles ont des adversaires à gauche, ainsi que sur le plan local.

Genève, autoroute de contournement au niveau de Plan-les-Ouates en direction de Lausanne.

Genève, autoroute de contournement au niveau de Plan-les-Ouates en direction de Lausanne. Image: Pierre Abensur (archives)

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Cliquer sur l'infographie pour l'agrandir

Alors que la législature s’achève, on se presse de vider les tiroirs. Au Grand Conseil, la Commission des travaux vient d’approuver, la semaine dernière, un gros crédit de 123 millions de francs sur lequel le plénum devra se prononcer. De quoi bâtir deux nouveaux axes routiers reliant la douane de Pierre-Grand, au pied du Salève, à la jonction autoroutière de Lancy-Sud. Et de quoi aider la Confédération à refaire cet échangeur afin que tous les sens de circulation y soient disponibles. «La législature finit bien pour notre commission, qui a pu traiter tous ses gros dossiers, souligne son président, Guy Mettan. Ces dernières semaines, nous avons aussi voté sur la plage et la traversée du lac.»

Quant à ces liaisons de Genève-Sud, elles sont contestées. Le Département genevois des transports et l’Office fédéral des routes, qui collaborent sur ce dossier, espèrent mettre en service à la fin de 2025 ce dispositif qui fait suite à divers projets routiers élaborés depuis le début des années 80. Connectant les routes de Pierre-Grand et d’Annecy puis cette dernière au contournement autoroutier de Plan-les-Ouates à la hauteur du secteur de la Milice, les deux nouveaux barreaux routiers seraient semi-enterrés. Le tout doit permettre de canaliser vers l’autoroute les flux générés à la fois par les communes du sud du canton et par les mouvements transfrontaliers.

Semi-enterrée, moins chère

«D’ici à 2025, le trafic va encore augmenter alors que Troinex et Bardonnex sont déjà asphyxiés, souligne Jacques Béné, député PLR qui rédigera le rapport de majorité. L’option semi-enterrée est moins chère qu’un axe totalement inhumé, lequel entraînerait de toute façon un impact important en surface puisque des issues de secours seraient nécessaires tous les 300 mètres avec des voies d’accès et de rebroussement pour les véhicules d’urgence.»

En commission, la gauche a refusé le projet, tout comme l’un des représentants du MCG. «Je me suis montré solidaire avec ma commune de Plan-les-Ouates, explique ce dernier, Francisco Valentin. Nous ne voulons pas de cette route qui scinderait la commune et qui servirait aux frontaliers plutôt qu’aux résidents, précipitant davantage de voitures dans un entonnoir. Et si elle doit vraiment se faire, nous exigeons qu’elle soit entièrement souterraine. À mon sens, mieux vaudrait prévoir un parking-relais et des bus.»

Le crédit cantonal table sur un apport des six communes de la région. Mais comme Plan-les-Ouates a conditionné son apport à une route totalement enterrée et que trois autres communes (Carouge, Lancy et Veyrier) ont conditionné leur contribution à la participation des autres mairies, seuls les financements issus de Troinex et Bardonnex semblent assurés.

«Dépense extravagante»

Les propos de Francisco Valentin rejoignent en partie l’avis de la minorité de gauche, hostile au crédit. Le Vert François Lefort, qui rédigera l’un des rapports de minorité, n’est pas tendre: «C’est une dépense extravagante pour un projet du passé qui, tout en dézinguant une réserve naturelle d’importance nationale, ne sert qu’à connecter une nationale française à une autoroute suisse, le tout ressemblant fort à une nouvelle pénétrante, un appel d’air injectant du trafic vers Carouge, Lancy et le centre-ville.» Un référendum est envisagé avec des organisations environnementales et de riverains. Ces arguments laissent de marbre Jacques Béné: «Le trafic existe déjà et la nouvelle route ne va pas l’accroître, juge le libéral-radical. Puisque faire disparaître les voitures n’est pas une option, autant les canaliser.» (TDG)

Créé: 13.05.2018, 19h41

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les Français envisagent le référendum d'initiative citoyenne
Plus...