Genève teste la version XL du bus TOSA

ÉlectromobilitéDestiné à la ville de Nantes, un modèle à double articulation sillonne ces jours les rues genevoises. Et il pourrait s’y plaire.

Ce bus à double articulation est long de près de 24,5 mètres.
Vidéo: Lucien Fortunati

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Il se fraie un chemin rapide, comme un long serpent silencieux. Un véhicule hors norme a fait son apparition ces jours sur le réseau des Transports publics genevois (TPG), sans toutefois charger de passager. L’engin ne s’en fait pas moins remarquer. Ce bus à double articulation, d’une longueur de près de 24,5 mètres, évoque par son format les trolleybus extralongs qui circulent depuis 2005 sur la ligne 10. Mais ce n’est pas un trolleybus: il s’agit d’un modèle turbinant grâce à la technologie avant-gardiste TOSA, née à Genève et mise en service (avec quelques difficultés initiales) dès 2017 sur la ligne 23 sur des engins plus courts, à une seule articulation.

Un bus TOSA, rappelons-le, se passe de câbles et se contente de se recharger en courant au dépôt, aux terminus ou à certains arrêts où quelques secondes d’alimentation en mode «flash» peuvent suffire à le requinquer, sans interrompre l’exploitation. Un bras télescopique vient se brancher sur un rail d’alimentation suspendu au-dessus du véhicule.

Les distances parcourues sur le réseau des TPG avec ce type de technologie doivent croître de 333% ces prochaines années. «D’ici à 2024, deux nouvelles lignes de bus électriques viendront remplacer une cinquantaine de bus diesels, prévoit le récent plan d’action des transports collectifs. L’objectif étant de convertir l’ensemble des lignes urbaines d’ici à 2030.» À la fin de 2022, le Canton compte ouvrir une nouvelle ligne pour desservir le quartier en construction aux Communaux d’Ambilly. Elle devrait emprunter l’axe de Frontenex pour rallier le centre-ville, la place des Nations, voire l’aéroport. «Des bus de grande capacité seront nécessaires», prévient Thierry Currit, chef de projet TOSA aux TPG. La ligne 22, qui suit de près le parcours actuel du TOSA, est aussi vouée à muter. On prévoit des appels d’offres ouverts.

Le choix suisse de Nantes

La régie a donc de bonnes raisons de tester cette semaine un bus TOSA de grande capacité que le constructeur soleurois Hess récupérera ensuite avant de l’expédier ces prochaines semaines à son client final, l’agglomération de Nantes. Traditionnellement pionnière en matière de mobilité, la cité française a en effet acquis 22 de ces véhicules. Cet automne, ils prendront le relais de bus plus courts, roulant au gaz sur une ligne aujourd’hui saturée malgré une forte cadence: trois minutes entre chaque passage. Nantes a fait son choix au terme d’un appel d’offres ouvert. Pourquoi TOSA a-t-il prévalu sur ses concurrents? «Il nous fallait un bus capable de se recharger en route, explique Bertrand Affilé, vice-président de Nantes Métropole. La technologie flash a séduit la commission et l’opérateur. Elle nous a paru plus fiable: un chargement par le haut implique moins de risques d’aléas ou de vandalisme que si l’alimentation se faisait par le sol.»

Outre sa longueur, le bus commandé par les Nantais se distingue du modèle genevois par son agencement: le chauffeur bénéficie d’une cabine fermée, les dossiers translucides des sièges des passagers sont agrémentés d’un éclairage LED et disposent de prises USB. Le chef-lieu de la Loire-Atlantique, jouissant d’un climat tempéré, se passe de climatisation et se satisfait d’un chauffage léger. Nantes peaufine actuellement la mise en place de son nouvel outil, tentant notamment d’harmoniser les potences de recharge avec le patrimoine du centre historique.

La capitale des Pays de la Loire bénéficiera de l’expérience accumulée à Genève qui a «essuyé les plâtres» de la technologie TOSA, mijotée dès le début de la décennie au sein d’un partenariat réunissant les TPG, ABB, les SIG et l’Office de promotion des industries et technologies (OPI). Le lancement a valu des frayeurs aux responsables en raison d’un dysfonctionnement dans le système de refroidissement des batteries. On a aussi constaté depuis lors que les «totems» soutenant les points de recharge étaient trop flexibles. L’opération produisait en outre un sifflement désagréable qui a été bâillonné grâce à un capot isolant. Mais la ligne 23 s’est remise de ces mésaventures.

Une couverture quasi totale

«Cette ligne est couverte ce mois à 98% par des bus TOSA, se félicite Thierry Wagenknecht, directeur technique des TPG. Par rapport à une motorisation thermique, on économise 1000 tonnes de CO2 par an. Un bus TOSA est certes 25% plus cher qu’un diesel, mais il revient 12% meilleur marché qu’un trolleybus, selon nos premières estimations.»

Le TOSA va-t-il séduire de nouveaux clients? ABB évoque un accord préalable avec une ville asiatique tandis que Hess mentionne des pourparlers avancés avec des villes françaises et australiennes.

Créé: 27.03.2019, 15h07

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