Genève garde le record suisse du bouchon routier. Mais ça va mieux!

Circulation routièreLa Cité de Calvin serait la 29e ville la plus engorgée d’Europe. Mais la saturation décroît.

À Genève, la pire journée de 2018 a été le jeudi 1er mars alors que la plus fluide fut le mardi 25 décembre!

À Genève, la pire journée de 2018 a été le jeudi 1er mars alors que la plus fluide fut le mardi 25 décembre! Image: Laurent Guiraud

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Édition après édition, elle reste indétrônable. Genève détient encore et toujours le record suisse du bouchon routier, selon le classement 2018 réalisé par un fabricant de systèmes GPS. Le TomTom Traffic Index 2018, paru le 4 juin, classe Genève au 65e rang mondial (sur un total de 403 agglomérations analysées) et 29e parmi 229 villes européennes. Cette année, le trio de tête est constitué par l’indienne Bombay et les capitales colombienne et péruvienne, Bogotá et Lima. Dans le palmarès planétaire, Genève a pour proches voisines Shanghai, Hambourg, Luxembourg ou encore Porto Alegre.

Les embarras genevois sont-ils comparables à ceux d’une mégalopole chinoise de 26 millions d’habitants? Tout dépend de la méthode utilisée. TomTom, qui se fonde sur les données issues de ses utilisateurs, compare dans les différentes villes les temps de parcours entre une période où les conditions de circulation sont fluides et d’autres où elles sont, au contraire, saturées puis calcule un taux qui illustre l’allongement des trajets causé par la congestion.

À Genève, comme à Shanghai, c’est 33% en moyenne. Les périodes les plus chargées peuvent grimper à 71% (le vendredi en fin d’après-midi). Les bouchons matinaux apparaissent comme un peu moins pénalisants, les plus corsés survenant le mardi (en moyenne, les trajets s’allongent de 60%) et le jeudi (58%). Au bout du lac, la pire journée de 2018 a été le jeudi 1er mars alors que la plus fluide fut un vrai cadeau tombé du ciel le mardi 25 décembre!

Deuxième ville suisse la plus engorgée, Zurich affiche un taux de 31%, ce qui la place au 89e rang mondial. Lugano est 120e, Lausanne 127e (toutes deux avec un taux de 28%), Bâle 167e (26%) et Berne 256e (20%). Si Genève reste le point noir du pays, son score s’est pourtant bonifié, avec un taux qui s’est allégé d’un point en une année. En 2014, la Cité de Calvin affichait encore un score de 36%. Est-ce un effet des efforts de fluidification déployés ces dernières années, avec notamment la création d’ondes vertes ou le retrait de feux de circulation?

Au TCS, on reste perplexe face à ce supposé bol d’air. «Les méthodes de TomTom sont démontrables et donc difficiles à contrer, mais nos membres, eux, ne constatent pas d’amélioration, répond François Membrez, président de la section genevoise. Le mauvais classement de Genève est dramatique et mériterait d’être une priorité de la législature, ce qu’il n’est pas. Il s’agit d’améliorer le quotidien des gens, d’éviter de pénaliser l’économie et de réduire la pollution.»

Qu’en dit-on à l’État? Le Département cantonal des infrastructures se dit prudent face à ces classements internationaux, en raison des fluctuations observées au fil des années et faute de visibilité sur leurs méthodes de calcul. Mais il note que ses propres données corroborent un reflux des engorgements. «Selon notre indice de fluidité mentionné aux comptes 2018, on constate une congestion journalière de 5 h 30 en 2018 alors qu’elle était encore de 5 h 51 en 2015», écrit Yves Bellego, au nom du département. On parle ici du temps moyen, lors d’un jour ouvrable, où le trafic est dense ou saturé.

Cette embellie s’explique, selon le chargé de communication: «Elle est probablement à mettre sur le compte des premières mesures de déploiement de la nouvelle stratégie de régulation lumineuse qui accompagne la mise en œuvre de la LMCE (ndlr: la loi sur la mobilité votée en 2016), et qui vise notamment à améliorer la fluidité du trafic sur les pénétrantes et la moyenne ceinture, avance-t-il. Ces améliorations vont se poursuivre et même s’accélérer avec un programme de mise en œuvre qui va s’intensifier encore avec l’arrivée du Léman Express.» Une mise en service prévue en décembre prochain.

Créé: 11.06.2019, 06h51

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