Genève doit jouer la carte des villes

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L’avenir du monde est en ville. Et pas seulement parce que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la majorité des humains y vit. Les gouvernements urbains jouent en effet un rôle grandissant dans la résolution de crises à dimension mondiale. C’est à cette échelle «humaine» que la politique (étymologiquement «les affaires de la cité») se révèle la plus efficace. C’est aussi en ville que les problèmes les plus brûlants se poseront demain.

Alors que le multilatéralisme étatique s’affaiblit, la diplomatie des villes pourrait devenir décisive

«Pendant que les nations parlent, les villes agissent.» La formule de Mike Bloomberg, ex-maire de New York, trouve des illustrations parlantes dans l’actualité. Quand Donald Trump se retire de l’accord de Paris sur le climat, des villes américaines ont fait savoir qu’elles le respecteraient, tandis que le réseau international des métropoles C40 mettait en place un programme concret de réduction des émissions de CO2.

Quand la Suisse refuse de ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires, des villes helvétiques s’engagent, elles, avec le réseau «Mayors for Peace» pour débarrasser la planète de ces armes capables d’éradiquer l’humanité tout entière. Quand les États bloquent des migrants à la frontière, des communes comme Riace en Italie ou d’autres plus grandes en Allemagne les prennent en charge pour les former et les intégrer.

Les réseaux de villes sont devenus des lobbys qui comptent. Quand la Commission européenne augmente les seuils d’émission de particules diesel autorisés, les maires de Paris et Londres, Anne Hidalgo et Sadiq Khan, lui écrivent pour exiger des contraintes plus lourdes contre la pollution de l’air. Car il en va de la santé de leurs populations. Dans le débat sur l’initiative pour l’autodétermination dite «des juges étrangers», l’Union des villes suisses, qui regroupe 132 collectivités urbaines dont Genève, a fait entendre sa voix en faveur de son rejet.

Les villes sont aussi un terrain d’expérimentation de normes en devenir. Certaines ont osé mettre en place un revenu universel, d’autres un dispositif «Objectif zéro chômage», etc. C’est comme cela que plusieurs politiques urbaines, comme la rénovation urbaine, ont essaimé.

Alors que le multilatéralisme étatique, dont la Genève internationale est une des places fortes, s’affaiblit, la diplomatie des villes pourrait devenir décisive. Dans une étude récente, le think tank suisse Foraus juge souhaitable que «Genève s’attache à la création d’une alliance urbaine qui traite d’un problème d’intérêt mondial qui n’est pas encore abordé par un autre réseau de villes». La résolution des conflits semble le terrain tout trouvé de la ville qui a vu naître le Comité international de la Croix-Rouge et abrite nombre d’agences et ONG qui œuvrent en ce sens.

Genève fait partie de plus de quinze réseaux de villes, dont «Cités et gouvernements locaux unis», l’Alliance mondiale contre la pauvreté, le réseau mondial des maires francophones ou encore Rainbow Cities Network. Mais elle n’est pas toujours très active et encore plus rarement leader.

Ne pourrait-elle pas accueillir des assemblées de maires de villes de sa taille, comme elle accueille au sein de l’IPU (Union interparlementaire) des parlementaires du monde entier? Avec son réseau d’experts internationaux, Genève a plus de poids que sa taille ne le laisserait supposer. Elle serait sans doute un leader naturel de ce réseau de villes, entre métropoles et villes moyennes. Aux édiles de prendre des initiatives pour positionner Genève dans cette diplomatie des villes qui ne fera que grandir dans les années à venir.

Créé: 18.10.2018, 09h55

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