Genève découvre qu’elle a de fausses jumelles

InsoliteDubaï et Hô Chi Minh-Ville se targuent d’être associées à notre cité alors qu’aucun jumelage n’est possible avec elle.

Les villes jumelles de Dubai sont exposées dans le métro. Genève apparaît à tort en bas à droite.

Les villes jumelles de Dubai sont exposées dans le métro. Genève apparaît à tort en bas à droite. Image: dr

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On ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas ses villes jumelles. Genève en a malgré elle à travers le monde. Sur les murs du métro de Dubaï, la Cité de Calvin s’affiche en grand comme «sister city» , soit ville jumelle de ce port des Emirats arabes unis. Et pourtant, la Ville de Genève n’a officiellement aucun jumelage avec qui que ce soit!

Son statut de ville internationale «l’empêche de jouir de ce privilège, qu’elle s’interdit depuis le début de son histoire», relève la conseillère administrative Sandrine Salerno. Elle est seulement associée à des villes étrangères pour des projets d’échange et de coopération bilatérale. A l’inverse de Zurich et Bâle, qui s’autorisent des jumelages, notamment avec San Francisco et Shanghai.

Statut international oblige

Dubaï profite donc de l’aura internationale de Genève à son insu. «J’imagine que cela doit se produire de temps en temps, indique Jacques Moret, directeur général de l’Administration municipale. On a la chance d’avoir une ville qui a de l’attrait. Concernant Dubaï, vous m’apprenez la nouvelle, donc on verra quelle suite il convient de donner.»

La directrice du Service des relations extérieures ajoute que «l’amalgame vient des mots. On peut avoir des relations privilégiées sans jumelage au sens strict. C’est de l’amitié, ces villes ne font pas la différence linguistique. Dubaï nous avait envoyé une lettre de sollicitation en 2010 pour faire partie de leurs «sister cities» , et le Conseil administratif a répondu négativement.»

Un membre de la délégation permanente des Emirats arabes unis auprès de l’Office des Nations Unies à Genève nous indique que la confusion «ne vient sans doute pas d’un organe officiel, mais d’une société privée pour de la promotion touristique».

Pas de rappel à l’ordre

En juin, un cas similaire a été soulevé au Conseil municipal pour Hô Chi Minh-Ville (qui avait été confondue avec Hanoï lors de l’interpellation). Un communiqué de presse de l’Agence vietnamienne d’information évoquait le souhait d’«intensifier la coopération, la promotion du commerce et de l’investissement entre Hô Chi Minh-Ville et sa ville jumelée, Genève».

Sandrine Salerno avait alors démenti le jumelage devant les élus. «Toutefois, précisait-elle, lors de ses fréquents voyages au Vietnam en tant que conseiller administratif, André Hediger avait à l’époque pris des engagements dans le cadre d’un partenariat fraternel. Il avait notamment proposé à la ville d’Hanoï de lui offrir une horloge fleurie, qui a finalement été payée par Berne et non par Genève.»

Apparemment, aucune mesure particulière n’a été adoptée depuis pour rappeler Hô Chi Minh-Ville à l’ordre. (TDG)

Créé: 18.02.2013, 07h16

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