«Genève a un rôle à jouer dans la promotion de la non-violence»

PortraitBlaise Oberson dirige une fondation installée depuis peu à Genève, qui éduque les jeunes pour éradiquer la violence

Blaise Oberson avec une réplique du pistolet au canon noué, emblème de la non-violence décoré par un artiste.

Blaise Oberson avec une réplique du pistolet au canon noué, emblème de la non-violence décoré par un artiste. Image: LUCIEN FORTUNATI

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Le chemin vers un monde exempt de violence passe par Genève, cela ne fait aucun doute pour lui. Blaise Oberson l’assure: la Cité de Calvin a un rôle à jouer pour lutter contre ce fléau au plan mondial, et il compte bien apporter sa pierre à l’édifice. C’est pour cela que la fondation Non-violence Project (NVPF), qu’il dirige depuis un an, a choisi de déménager de Verbier à Genève en septembre dernier.

«Venir ici a tout changé pour nous, confie cet enfant du pays. Nous avons tout de suite trouvé des soutiens, notamment auprès de la Ville et du Canton.» S’installer ici a aussi rapproché la fondation des donateurs potentiels que sont les milieux de la finance et de l’horlogerie-joaillerie, un point crucial pour elle qui vit essentiellement de dons. Blaise Oberson peut d’ailleurs compter sur un bon réseau, après avoir fait carrière dans des domaines aussi variés que l’humanitaire, la presse écrite ou l’industrie du luxe.

Changer les mentalités

Pour faire évoluer les mentalités et endiguer la violence dans la société, la NVPF intervient dans les écoles et les communautés du monde entier avec des programmes éducatifs destinés aux jeunes et à ceux qui les encadrent (enseignants, éducateurs sportifs, etc.). Des séances de mise en situation leur apprennent à accepter la différence et à gérer les conflits de manière pacifique. «Comme le disait Gandhi, si on veut changer le monde, il faut commencer par les enfants», lance Blaise Oberson.

Depuis sa création en 1993, la fondation a déjà touché 8 millions de personnes dans une trentaine de pays et vise les 50 millions d’ici à 2025. Elle a aussi lancé l’application SpeakUp, qui permet aux élèves de signaler des actes violents et de recevoir un soutien. Des discussions sont en cours à Genève pour faire adopter par les écoles et les milieux sportifs cet outil déjà utilisé en Suède et aux États-Unis.

L’arrivée de ce Genevois à la tête de la NVPF est un pur hasard. «Ayant raté la télécabine à Verbier, j’ai été pris en stop par Jan Hellman, le fondateur de la NVPF, raconte Blaise Oberson. Nous sommes devenus amis et j’ai fini par entrer dans le conseil de fondation.» En janvier 2017, on lui propose le poste de directeur. «C’est le destin! J’aime diriger les gens, j’amène toute mon expérience et ma passion. Excusez-moi, mais je suis bon là-dedans!» lâche-t-il sans fausse modestie.

Avec la non-violence, Blaise Oberson revient à ses premières amours. Après des études d’histoire à l’Université de Genève, il entre au CICR comme délégué dans les années 80. «Je pensais faire deux ou trois ans pour l’expérience, mais je suis resté douze ans.» Il sillonne les zones de guerre d’Amérique latine, du Salvador au Nicaragua, en passant par le Pérou, avant d’être en poste en Israël. «Je conseille à tous les jeunes de faire quelques années au CICR. C’est une formidable école de vie, même si elle est très difficile. On est confronté à une grande violence, et on ne sort pas complètement indemne face à certaines horreurs.»

Du CICR à l’univers du luxe

Afin d’élever ses enfants dans un environnement plus serein, il revient finalement à Genève, au service des ressources humaines du CICR. Contre toute attente, il se plaît dans cette nouvelle fonction. Il l’occupera ensuite, en tant que directeur des ressources humaines, chez l’éditeur de presse lausannois Edipresse, pendant dix ans, et chez l’horloger-joaillier Chopard, pendant sept ans. «C’est un poste où on peut faire bouger les choses. Et puis, j’aime gérer les conflits. Il y a parfois des situations délicates, comme des réorganisations ou des licenciements, mais on peut rendre cela le moins pénible possible. J’ai toujours été contre l’injustice.» Depuis ses études, la même motivation anime Blaise Oberson: comprendre la nature humaine.

Il y a deux ans, il ouvre avec des partenaires une école de coaching professionnel et un bureau de conseil en entreprise. Mais la rencontre avec Jan Hellman met prématurément fin à cette expérience. Aujourd’hui, il regorge de projets pour la fondation NVPF, comme organiser un forum de jeunes du monde entier ou faire venir ici la jeune Prix Nobel de la paix pakistanaise, Malala Yousafzai. Et afin de marquer l’importance de Genève pour la cause de la non-violence, il a un rêve: installer sur la place des Nations une réplique du pistolet au canon noué qui se trouve devant le siège new-yorkais de l’ONU. Cette sculpture est en effet devenue l’emblème de la fondation.

(TDG)

Créé: 11.05.2018, 17h43

Bio-express

31 décembre 1957
Blaise Oberson naît à Genève. Il y grandit et y étudie l’histoire à l’Université.
1987
Entre au Comité international de la Croix-Rouge en tant que délégué. Après des missions dans diverses zones de guerre d’Amérique latine et en Israël, il intègre le service des ressources humaines.
1999-2009
Directeur des ressources humaines chez Edipresse.
2009-2016
Directeur des ressources humaines chez Chopard.
2016
Ouvre avec des partenaires une école de coaching professionnel et un bureau de conseil en entreprise.
Depuis 2017
Directeur de la fondation Non-Violence Project (NVPF).

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