Fêtards et lève-tôt au rendez-vous matinal des Bains des Pâquis

Aubes musicalesLe festival estival offre aux Genevois des concerts à l'aube. Deux publics s'y côtoient, noctambules et lève-tôt. Ambiance.

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Panique aux Bains des Pâquis. Six heures du matin et aucun groupe en vue. Le téléphone de Hyren, formation genevoise programmée ce samedi matin, sonne dans le vide. «Du jamais vu en six années d’Aubes musicales », se désespère Julien, le responsable de la buvette. Abracadabra, pianotement de touches digitales. Au bout du fil, Marc Liebeskind, guitariste professionnel et membre de la joyeuse équipe des Bains. Il arrive un quart d’heure plus tard. En courant. La gueule enfarinée.

Sur l’esplanade, le public patiente sous une fine douche. Fêtards et lève-tôt se maintiennent à distance. Effluves alcoolisés. L’euphorie de cette fin de nuit provoque des crises de fou rires. Dans l’eau, Kylian et Jean-Baptiste assurent le show. Sur scène, Marc, dans sa tunique de gourou, accorde son instrument.

«Tiens, elle s’en va», remarque Jean-Baptiste, le sosie du rocker Pete Doherty. Elle, une belle brune en robe d’été. Son comparse court vers la jeune femme. Quelques sourires échangés et une promesse : «On part faire le tour du monde mercredi.» Son rêve italien parti, le joyeux noctambule se tourne vers la scène. 6h30 à l’horloge. Marc au micro: «Je viens de quitter mon lit, alors je propose un râga du matin.»

Ses mains caressent les douze cordes de la guitare. Le public se rapproche, magnétisé par le spectacle. La première partie du râga s’ouvre sur un Alap. Musique méditative. Les corps se détendent. Et s’allongent. En maillot ou tenue de soirée. Pudique le soleil. On devine sa progression au-dessus de Vésenaz.

La magie de cette aube est musicale, non complentative. Quoique. Allongé sur les galets, Pete Doherty. Un pied dans l’eau. Rock n’roll attitude. Bientôt rejoint par une dame à l’élégant maillot une pièce. Qui s’octroie un passage parmi les cygnes. Déterminée. Avant de plonger dans le Léman.

Le concert est ponctué par le rire des mouettes et des noctambules. Bref rappel au silence d’un membre des Bains. En réponse, des pouffements, bientôt vaincus par la fatigue. Les mouettes auront le dernier mot.

Alain entame le Jor, partie rythmée du râga Bhairavi. Une belle énergie. Le public, à l’écoute, est bercé par les sonorités du sous-continent indien. Et ce cadre magique. La pointe d’Hermance se dessine sous la brume matinale. Le lac est d’huile. «Les concerts matinaux devraient s’exporter dans d’autres villes européennes», apprécie une trentenaire parisienne. Sous le charme des Pâquis. Accompagnée par un couple, elle s’est levée spécialement «pour vivre cette expérience unique».

Unique également la performance solo de Marc, ravi. «Normalement, je mets un mois pour préparer un concert.» Chapeau l’artiste. (TDG)

Créé: 28.07.2012, 11h05

Concerts quotidiens en été

Crée en 2003, ce festival inédit se déroule sur six semaines, du 22 juillet au 9 septembre tous les matins. Début des concerts à 6 heures. Le café est offert aux mélomanes.

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