«Fatpanda» et «Monst3r» au camp d'été du Servette eSports

GenèveLes Grenat ont mis sur pied une semaine dédiée au jeu vidéo, une première. Avec de la pratique, de la prévention et du foot.

Vidéo: Frédéric Thomasset

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Il y a les camps d’été de football, de cheval, à la ferme. Et désormais, d’e-sport. Le Servette FC a organisé du 6 au 10 août le premier camp genevois dédié à la pratique sportive du jeu vidéo. Le club s’est lancé dans ce domaine l’an passé, en créant son équipe d’e-sport, qui évolue sur trois jeux en ligne: Overwatch, Rocket League et Hearthstone. Elle s’est imposée comme l’une des meilleures de Suisse, intégrant même la scène internationale. Avec ce camp, organisé au Stade de Genève et dans une salle de son partenaire Naxoo, Servette fait un pas supplémentaire dans l’univers du gaming.

Redécouvrez notre dossier grand format: Servette, la fièvre du e-sport

Loisir, prévention et sport

On imagine des jeunes rivés à l’écran toute la semaine; c’est un peu plus que cela. «Une partie de la journée est dédiée à la découverte de nouveaux jeux qui correspondent à leur âge, avec des joueurs de haut niveau, détaille le responsable, Nadir Laguerre, membre de l’équipe du Servette e-sports. Le reste du temps, nous proposons un cours de programmation, un module de prévention et une initiation au streaming (lire ci-dessous).

Nadir, responsable du camp d'été, s'occupe de ses protégés (photo: Steeve Iuncker-Gomez)

Nous voulons développer la responsabilité par rapport à la pratique du jeu et ses dangers, faire découvrir la communauté de gamers.» Il ajoute encore que deux après-midi sont réservées pour du hockey et du foot en extérieur. Le programme prévoyait des matches avec les jeunes de l’Académie du Servette FC. Il y a eu un couac organisationnel, ce sera pour la prochaine fois…

Sept intervenants se relaient, dont un informaticien. La semaine coûte 350 francs, repas compris. Cette première édition est un peu un numéro zéro. «Le projet a été validé en juillet, cela nous a laissé peu de temps pour tout organiser et communiquer», résume Nadir. Peu de publicité, donc peu d’inscrits, seulement quatre.

Il y a Thibaud, 13 ans, alias «Yoshiiiii_»: «Avec cinq «i» parce que je suis né le 25.05. et l’underscore parce que sinon ça faisait vide.» Louison, 15 ans, «Fatpanda», «un animal cool». Jérémy, 12 ans, «Monst3r», «avec un E inversé, parce que c’est stylé». Enfin, Sandro, 13 ans, dit «Neria360», «un nom inventé et le chiffre parce que je fais des 360° en tirant dans un jeu de guerre». Ils répondent aux questions l’œil rivé sur l’écran, capables de réfléchir à leurs réponses tout en mitraillant à une vitesse défiant l’entendement de la journaliste. Tous jouent aussi à la maison, avec des restrictions en semaine «pour assurer à l’école».

«Il rentre ravi tous les soirs»

Le cours de programmation fait l’unanimité – «j’ai même continué d’en faire chez moi», confie Sandro –, le module de prévention un peu moins. «On a voulu inviter Carrefour addictions, mais ils étaient en vacances», rapporte Nadir. Alors il s’improvise intervenant, distribue la documentation de l’association, aborde la question de l’excès. Et rappelle: «Le principe, c’est de jouer sur votre frustration pour vous inciter à continuer!» Louison acquiesce: «Dans mon jeu d’aventure, deux heures se transforment en quatre heures sans que je m’en rende compte…»

C’est son père qui l’a inscrit au camp. «Je voulais qu’il fasse une activité pendant l’été mais il n’est pas très porté sur le sport, raconte-t-il. Il aurait de toute manière joué à la maison, donc autant que ce soit en rencontrant d’autres jeunes et des professionnels, avec une expérience élargie à la programmation et avec de la prévention.» Il conclut: «Il rentre chaque soir ravi et prend plaisir à nous raconter son univers.» Louison s’est même trouvé un partenaire: Jérémy et lui vont participer au tournoi d’un jeu suisse découvert au camp.

À l’heure du bilan, de petits bémols d’organisation – dommage pour le match avec les Servettiens – et un volet prévention à consolider. Mais un carton plein auprès des participants. Prochaine étape: reconduire le camp et créer une académie pour proposer des cours le mercredi, au même titre qu’un entraînement de foot ou un cours de musique.


Sur Twitch, on joue en direct, mais on regarde surtout

Ils passeraient une heure par jour sur Twitch. Ou alors deux peut-être. Parmi les quatre participants au camp d’été du Servette e-sports, personne n’est vraiment sûr. Devant l’écran, le temps passe vite et les héros de la plate-forme de diffusion de jeux vidéo en direct – 15 millions d’utilisateurs par jour – sont quand même «superdivertissants». Alors on les regarde, on écrit des commentaires en direct sur leur partie. Et parmi les 2,2 millions de diffuseurs mensuels, certains ont été hissés au rang de stars. En avril, le streamer – nom donné à la personne retransmettant en direct – Tyler «Ninja» Blevins réalisait un nouveau record en réunissant en même temps 667 000 spectateurs au cours d’une partie de jeu vidéo en ligne.

Flavio «FlaaV» Ribeiro n’a jamais atteint ces sommets, mais le joueur du Servette e-sports pèse tout de même plus de 8000 inscrits sur sa chaîne Twitch – «FlaavTV» – et pas loin de cinq ans d’existence. Fort de cette expérience, il était cette semaine l’animateur du cours dédié au streaming lors du camp d’été.

Des quatre élèves présents, pas un ne retransmet aujourd’hui ses parties. Pour certains, l’envie est là, mais les problèmes techniques aussi. Flavio rappelle alors la base: «Pour diffuser, il faut une excellente connexion, un bon ordinateur et le logiciel gratuit OBS.» Et puis il y a le caractère, le style du streamer qui définit l’identité de la chaîne et lui permet de se démarquer. Être un bon joueur ne fait pas tout, il faut savoir se montrer drôle, ouvert à son public, avec qui il faut interagir en direct. «Ça se fait parfois au détriment de la partie, rappelle Flavio. Mais je pense qu’il est important de privilégier l’échange.»

Si bien que la plate-forme Twitch évolue. Aujourd’hui, des musiciens diffusent leurs musiques en direct, quand d’autres prennent l’antenne dans les rues d’un lointain pays pour partager leurs voyages. Flavio revient du Japon, où il n’a pas hésité à narrer ses aventures et renseigner tous ses spectateurs curieux des us et coutumes nippons.

Des conseils offerts gratuitement qui n’empêchent pas le joueur du Servette de rappeler que Twitch peut aussi ramener de l’argent. À travers la publicité, par exemple, mais aussi par la formule «abonné», pour laquelle les spectateurs versent cinq francs par mois à leurs joueurs préférés. Et puis, il y a le système des dons en direct, qui peut ramener gros. «Un jour, un spectateur émirati m’a fait trois versements de 200 francs en l’espace d’une demi-heure, se souvient Flavio. Juste comme ça, parce qu’il appréciait de me voir jouer.» Frédéric Thomasset (TDG)

Créé: 13.08.2018, 10h36

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