Entre courges massues et chorizo, le Festi’Terroir des Bastions a séduit

GenèveLa première édition de ce festival dédié à l’agriculture de proximité a attiré du monde en ville. Reportage.

Les produits du terroir ont attiré la foule au parc des Bastions.

Les produits du terroir ont attiré la foule au parc des Bastions. Image: Pierre Albouy

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Une courge massue de Dardagny, un rayon de miel brut extrait sans transformation d’une ruche de Pregny-Chambésy, deux bagels aubergine grillée au persil de chez Food Revolution. Ajoutez un sorbet concombre - menthe de Gelatomania, un saucisson brioché à la pistache et une cuchaule de la boulangerie de Peney et vous avez le cabas de la «Tribune de Genève» ce week-end au parc des Bastions.

Ou presque: il manque encore, pour l’apéro du dimanche, l’eau-de-vie William’s de la distillerie et cave de Saconnex d’Arve, un chorizo de la boucherie du Palais et trois briques sèches (des fromages de chèvres corsés) du domaine de la Touvière.

La première édition de Festi’Terroir a réuni samedi et dimanche, dans ce recoin de verdure du centre-ville, la fine fleur de la production alimentaire du canton et attiré les foules, dont de nombreuses familles de retour dans le canton pour la rentrée scolaire.

Musique et agriculture bio

Organisé par l’association Bio Genève, l’Office de promotion de l’agriculture genevoise (OPAGE) et la Ville, le festival s’est fixé un but principal: permettre à la population de rencontrer les producteurs dans l'hypercentre. Il a fait mouche dans une ambiance rendue d’autant plus festive par des groupes musicaux, comme la FanfareduLoup Orchestra et Duck Duck Grey Duck, des dégustations d’alcools locaux et un brunch dimanche.

«Ça va me donner des idées de nouveaux endroits pour aller acheter local», se réjouit Gabrielle van den Heuvel, une mère de famille venue de Chêne-Bourg avec ses deux filles. Du côté des producteurs, l’enthousiasme était similaire, alors que les stocks se vidaient à vue d’œil. De nombreux badauds, venus sans cabas, disent ne pas avoir pu acheter tout ce qu’ils voulaient.

«Festi’Terroir vise à sensibiliser les gens à la qualité des aliments, ainsi qu’à célébrer la diversité des goûts et le savoir-faire artisanal», indique Sandrine Salerno, maire de Genève, dans un communiqué. «Les fermes biologiques, toujours plus nombreuses, méritent d’être mieux connues du public, tout comme le cahier des charges qui y est associé», ajoute Grégoire Stoky, co-président de Bio Genève.

Ventes en hausse

Les produits du terroir ont le vent en poupe, surtout quand ils sont issus d’une agriculture biologique. Les grands détaillants, Migros et Coop en tête, font état de ventes en la matière en constante augmentation depuis plusieurs années. Les magasins en vrac leur font également la part belle quand bien même leurs produits tendent à être plus chers. On promouvait d'ailleurs d'autres modèles de vente (lire ci-contre) ce week-end au parc des Bastions, pour justifier les prix et faire connaître le fonctionnement des filières alimentaires.

L’agriculture biologique est plus exigeante en termes de main-d’œuvre, selon un rapport de l’Office fédéral de la statistique (OFS) publié cet hiver: en moyenne, 3,1 personnes œuvrent sur une exploitation biologique, alors qu'une moyenne de 2,96 paires de bras suffit pour une ferme traditionnelle. L’OFS dénombre 6638 fermes biologiques sur sol helvétique, dont la moitié est située en montagne. Par habitant, la Suisse est le pays qui consomme le plus de produits bios au monde, devant le Danemark et de la Suède.

Créé: 25.08.2019, 15h31

Une nouvelle association

Parmi les boulangers, distillateurs et autres planteurs d'artichauts présents aux Bastions ce week-end, nombreux arboraient l'autocollant d'une association qui vient de voir le jour, le Mouvement pour une agriculture paysanne et citoyenne (MAPC). Lancé en avril, il promeut non seulement une nourriture de qualité et écologique (à l'image de Bio Genève, qui coorganise Festi'Terroir), mais il entend aussi défendre des rétributions équitables dans le milieu et pérenniser des filières alimentaires locales.

«Avec le MAPC, on milite pour une agriculture biologique, des salaires équitables sur toute la chaîne alimentaire, pour privilégier la vente directe», indique Nicolas Bloch, exploitant la la distillerie et cave de Saconnex d'Arve et membre de la première heure du MAPC. Le groupement recense une petite trentaine d'adhérents, tous dans le canton, de la ferme du Sonneur (à Avully) à celle de Monniati (Jussy) en passant par la Vacherie du Carré (Meinier). R.ET.

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