Énorme élan de générosité pour le stagiaire de l’ONU

GenèveLa situation du Néo-Zélandais contraint de dormir sous tente a ému des dizaines de personnes. Il a trouvé où dormir.

Martine Hanote était prête à accueillir David dans son appartement: «A Genève, on cache trop souvent ce type de problèmes.»

Martine Hanote était prête à accueillir David dans son appartement: «A Genève, on cache trop souvent ce type de problèmes.» Image: Laurent Guiraud

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Un standard assiégé, des e-mails par dizaines, sans compter les réactions sur les réseaux sociaux. L’histoire de David, stagiaire non rémunéré à l’ONU contraint de dormir sous tente, a déclenché un élan de solidarité énorme. A peine l’information est-elle parue sur notre site lundi soir que les propositions de logement pour le jeune Néo-Zélandais de 22 ans se sont amoncelées. Certains étant même partis à la recherche de David dans les parcs afin qu’il ne passe pas une nuit supplémentaire dehors.

«Gros coup de cœur»

Visiblement, les Genevois ont de la place dans leurs logements. «J’ai une chambre pour lui et même un vélo», écrit une internaute en laissant ses coordonnées. Une autre: «Il pourrait utiliser une salle de bains et la cuisine, si nécessaire. Il faudrait juste qu’il aime les animaux, car nous avons un chien et deux chats.»

Enseignante à la retraite, Martine Hanote a spontanément ouvert les portes de son appartement. «Je me suis retrouvée dans une situation semblable lorsque j’étais étudiante. Mais à l’époque, trouver un job d’étudiant était plus simple et les loyers n’étaient pas aussi élevés qu’aujourd’hui. A Genève, on cache trop souvent ce type de problèmes», dit-elle.

Certaines personnalités politiques se sont également émues de la situation du jeune diplômé en relations internationales. Ancien conseiller national et député libéral, Jean-Michel Gros dit avoir eu «un coup de cœur» pour cette histoire. «Il y en a sûrement des dizaines d’autres, ajoute-t-il, mais je suis sensible à sa situation. Et pourtant, je ne suis pas un humanitaire dans l’âme.» Viticulteur et donc habitant en campagne, il avait déjà imaginé une solution afin que son éventuel invité puisse se rendre tous les matins au Palais des Nations.

Il sait où dormir

David, que nous avons revu ce mardi, semble dépassé par l’ampleur que prend son histoire. «Tous ces messages de soutien, c’est incroyable! En aucun cas mon objectif était de susciter la pitié et de me procurer un logement, dit-il, gêné. J’espère simplement que mon témoignage peut contribuer à faire évoluer les choses sur la situation des stagiaires.»

Mitraillé de propositions, assailli par la presse nationale et internationale, il a préféré prendre contact avec des ressortissants néo-zélandais engagés, comme lui, dans les organisations internationales. Chose la plus importante: il a enfin trouvé un toit pour dormir ces prochains jours.

Créé: 11.08.2015, 19h52

«L’ONU, ce n’est pas ça. Il existe des solutions»

«Si ce garçon avait fait des recherches, il aurait trouvé un logement», assure Ahmad Fawzi, chef de la communication au secrétariat des Nations Unies. Il existe des solutions pour les stagiaires et même des listes de familles qui acceptent de les accueillir.» Mardi, il a dû répondre à de nombreuses questions sur le sujet et les discussions ont enflammé les réseaux de fonctionnaires internationaux. «L’ONU, ce n’est pas ça», tient à faire savoir Ahmad Fawzi. D’ailleurs, l’organisation souhaite aider David à trouver un logement, fait-il savoir en réitérant sa volonté de changement, mais le pouvoir reste en mains des 193 Etats membres.

Ainsi, le débat sur les stages non rémunérés fait rage. Docteur en droit et ancien directeur adjoint à l’ONU, Luc Franzoni a réagi par écrit: «Le sort des centaines de stagiaires travaillant pour le siège européen des Nations Unies est depuis des décennies précaire et injuste alors qu’ils constituent un apport en substance et en force de travail particulièrement efficace pour toutes ces entités gouvernementales ou non. Il faut bien reconnaître que ces dernières n’ont au fond jamais cherché à définir un statut minimal du stagiaire, qui reste une ressource corvéable à merci.»

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