En Ville, quatre référendums ciblent les coupes budgétaires

GenèveEnsemble à gauche souhaite l’arbitrage du peuple sur près de 2,5 millions de coupes inscrites au budget 2017.

Image: Salvatore di Nolfi/Keystone

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«Il y a quatre référendums dans le tube», lance Tobias Schnebli, conseiller municipal d’Ensemble à Gauche (EàG). Leur objet: attaquer les coupes inscrites au budget 2017 de la Ville de Genève, voté dans la nuit du 27 au 28 avril. Comme l’a appris la Tribune de Genève, EàG déposera aujourd’hui les demandes de référendums. Et a pris sa décision formelle jeudi soir, lors de son caucus. Pour le groupe, il s’agit de contrer les dizaines de coupes adoptées par la majorité en plénière et qui s’ajoutent «au travail fait par le Conseil administratif pour parvenir à des réductions de près de 4 millions», poursuit l’élu, mandataire responsable des référendums.

N’ayant pas réussi à empêcher des coupes supplémentaires de 3,5 millions votées par la droite majoritaire (PDC, PLR, UDC et MCG), l’Alternative était déterminée à revenir à la charge. Son ultime recours consiste à demander son avis à la population par des référendums et/ou des initiatives. EàG lance le mouvement avec ces quatre référendums portant sur près de 2,5 millions de francs de coupes.

Votation en septembre?

Dans le détail, le premier s’oppose à l’amendement sur les coupes linéaires de 1 million sur l’ensemble des départements, ce qui représente 0,1% du budget de chacun. Le deuxième référendum s’attaque à la coupe de 340 000 francs sur la solidarité internationale. «Le troisième porte sur les 963 000 francs retirés à la politique publique d’encouragement à la culture dans le département de Sami Kanaan», poursuit Tobias Schnebli. Le quatrième, enfin, conteste les 150 000 francs retirés au budget destiné aux allocations de rentrée scolaire, par rapport aux 600 000 francs budgétés en 2016.

«Confiant» selon ses mots, l’élu d’EàG affirme: «Lundi, lors du lancement officiel des référendums, nous ne serons pas seuls à les soutenir.» Interrogé sur un éventuel ralliement, Sylvain Thévoz, coprésident du PS Ville de Genève, déclare que la décision sera prise en assemblée générale le 22 mai. «De notre côté, nous travaillons sur des initiatives, dont le nombre et les sujets seront validés, là encore en assemblée générale, cette fois du 31 mai. C’est notre base qui décidera!»

Selon Tobias Schnebli, la voie référendaire a l’avantage d’être plus rapide que l’initiative. Côté calendrier, il précise: «On aura jusqu’au 19 juin pour récolter les 4000 signatures pour chaque référendum. Puis, si tel était le cas, la votation pourrait avoir lieu en septembre.»

«Les plus démunis»

Chez les Verts aussi, on attend la décision collective. «Des membres ont par ailleurs interpellé la section Verts Ville de Genève, affirme sa présidente, Marjorie de Chastonay. Principalement sur les allocations de rentrée scolaire, la solidarité internationale et le fonds chômage. Sur le fond, nous trouvons scandaleuse la manière de faire de la droite, qui s’attaque aux plus démunis.» C’est justement «la violence des coupes, plus que leur montant», qui incitera le conseiller municipal Vert Alfonso Gomez à participer, quelle que soit la décision de son parti, à la récolte de signatures. Un avis que ne partage pas Alain de Kalbermatten, chef de groupe PDC: «Les réductions portent sur du surplus budgété, non dépensé lors de l’exercice précédent. Ce gras inutile peut servir au remboursement de la dette.»

A droite, la vision diffère

Aux yeux de Tobias Schnebli, la «résistance contre cette politique de coupes vise aussi à dénoncer le déni de la volonté populaire». Une allusion directe à la votation du 5 juin 2016. La population avait alors refusé les coupes linéaires du budget 2016. Soit 7 millions d’économies prévus en opérant une baisse linéaire de 2,5% dans les «biens, services et marchandises», ainsi qu’une baisse des subventions touchant la culture et le social. «Les 60% qui ont voté non l’an passé doivent être outrés de voir que la droite impose malgré tout des coupes de la même ampleur. Le ras-le-bol doit être dirigé contre cette politique de coupes perpétuelles», lâche l’élu d’EàG.

A droite, la vision diffère: «On a respecté scrupuleusement la volonté du peuple en ne faisant pas de coupe dans les deux domaines soumis à votation en 2016», rétorque le conseiller municipal PLR Simon Brandt. Il s’interroge sur les détails de ces référendums: «S’attaquent-ils aux économies réalisées par la droite majoritaire et/ou à celles faites par le Conseil administratif à majorité de gauche?» Et de se demander quelle sera la position du PS et des Verts. «En ralliant les référendaires, ils pourraient se retrouver en porte-à-faux vis-à-vis de leurs magistrats.»

(TDG)

Créé: 11.05.2017, 13h21

Tobias Schnebli. (Image: Pascal Frautschi)

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