Économie numérique: Genève multiplie les actions à destination des commerçants

Commerce de détailUn partenariat public-privé va créer un observatoire du commerce. Un site de vente en ligne est aussi en gestation.

L’e-commerce, une opportunité pour les détaillants genevois.

L’e-commerce, une opportunité pour les détaillants genevois. Image: Laurent Guiraud

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Le commerçant genevois, gueule élastique qui vitupère contre le tourisme d’achat et le franc fort, fait partie du folklore local. Cette image d’Épinal ne révèle pourtant qu’une partie des difficultés auxquelles est confronté le commerce de détail. Le chiffre d’affaires du secteur baisse alors que la population et les surfaces commerciales explosent. Au franc fort, aux achats frontaliers et horaires d’ouverture s’ajoutent l’explosion du commerce en ligne et les changements d’habitudes de consommation. «Ces facteurs ne changeront pas. Et peu d’acteurs locaux ont anticipé la numérisation de l’économie. Mais cette transformation représente également une formidable opportunité pour les entreprises genevoises», assène Jacques Folly, délégué au développement économique du commerce, à la veille du Forum économie numérique, organisé par le Département de la sécurité et de l’économie. L’événement vise à sensibiliser les acteurs locaux aux enjeux numériques du commerce. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: les achats en ligne, qui représentent aujourd’hui 10% des volumes, passeront à 40% dans dix ans, estime le World Economic Forum.

Face à la nécessité d’évolution du secteur, un groupe de travail piloté par l’État a réuni associations professionnelles, Genève Tourisme et Direction générale du développement économique, de la recherche et de l’innovation (DGDERI). À la clé, un plan d’action commerce dévoilé au début de l’été. D’ici à un an, Genève sera notamment doté d’un observatoire du commerce ou encore d’une plate-forme pour permettre aux commerçants du canton de présenter et vendre leurs produits en ligne.

Les actes d’achat étudiés

Déplacements, prix du panier, chiffres d’affaires, les données liées à la consommation sur le territoire du Grand Genève font défaut. «La création d’un observatoire du commerce genevois va offrir un outil de pilotage aux différents acteurs», explique Jacques Folly. L’enquête transfrontalière démarrera en janvier, sur le terrain, par téléphone, mais également sur Internet. «Nous voulons mesurer le degré d’attractivité des polarités commerciales, développe Jacques Folly. Il s’agit d’étudier les habitudes de consommation dans les équipements commerciaux du territoire.» Entre 200 000 et 300 000 francs seront alloués à cette enquête cofinancée par le Canton et la confédération. La Haute École spécialisée, partie intégrante du projet, va à terme «pérenniser ces données pour poser les bases d’une veille et d’une intelligence économique». Les résultats sont attendus en automne prochain.

En complément, Watson, un programme informatique d’intelligence artificielle développé par IBM, va mesurer la perception du commerce genevois sur les réseaux sociaux. Ce programme comprend le «langage naturel», soit le langage utilisé par les humains. «Nous sommes en phase test. L’outil se décline par mots-clés. Le paramétrage est délicat, mais une fois mis en place, Watson est capable de détecter la satisfaction ou le mécontentement d’un post diffusé sur les réseaux sociaux.» L’outil va d’abord se focaliser sur le commerce de détail et sera appliqué à d’autres secteurs s’il donne satisfaction. Ces collectes d’informations visent à créer un laboratoire d’innovation et de veille du commerce. «Le but est de recenser les tendances et concepts innovants, à Genève et ailleurs, puis de les présenter aux acteurs locaux et enfin les aider à les mettre en œuvre.»

Une première suisse

L’autre mesure phare issue du partenariat public-privé (PPE) doit se matérialiser par une plate-forme d’e-commerce pour l’ensemble des détaillants genevois. Une première suisse. «Peu d’acteurs locaux ont les moyens et les compétences pour se lancer dans l’e-commerce. L’idée, détaille Jacques Folly, est d’avoir un socle commun où les sociétés pourraient présenter et vendre leurs produits aux consommateurs locaux et étrangers.» Le futur site Internet sera financé par le PPE. «Nous sommes encore dans la phase exploratoire et de choix d’un partenaire», explique le délégué. Une solution clés en main est privilégiée. (TDG)

Créé: 08.11.2017, 21h34

Un forum sur les enjeux numériques

Le Forum économie numérique consacre son édition 2017 ce vendredi aux enjeux numériques du commerce. Au programme, ce vendredi dans les locaux de la FER, analyse des comportements d’achat en ligne, évolution de l’e-commerce en Suisse et partage d’expérience en matière de transition numérique avec des acteurs suisses, tels que les chaussures Aeschbach, les cafés Trottet ou Magic Tomato. Renseignements et inscription sur le site de la DGDERI J.D.W.

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