Droite et MCG torpillent le budget de la Ville

GenèveUne majorité d’élus s’apprête à refuser l’entrée en matière sur le projet élaboré par la magistrate PS Sandrine Salerno

De g. à dr. et de haut en bas. Lionel Ricou (PDC): «L’Exécutif ne fait pas d’efforts...» Natacha Buffet-Desfayes (PLR): «Nous avons voulu jeter un pavé dans la mare.» Carlos Medeiros (MCG): «Nous ne sommes pas dans une logique revancharde mais constructive.» Eric Bertinat (UDC): «Nous voulons un budget qui montre que des mesures sont prises pour réduire la voilure.»

De g. à dr. et de haut en bas. Lionel Ricou (PDC): «L’Exécutif ne fait pas d’efforts...» Natacha Buffet-Desfayes (PLR): «Nous avons voulu jeter un pavé dans la mare.» Carlos Medeiros (MCG): «Nous ne sommes pas dans une logique revancharde mais constructive.» Eric Bertinat (UDC): «Nous voulons un budget qui montre que des mesures sont prises pour réduire la voilure.» Image: DR/DR/PIERRE ALBOUY/LAURENT CROTTET

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Le projet de budget 2016 de la Ville de Genève risque de passer un sale quart d’heure. Lundi en plénière, la droite et le MCG, plus largement majoritaires depuis les dernières élections, s’apprêtent à balayer le projet pourtant équilibré présenté par la magistrate socialiste Sandrine Salerno. En refusant l’entrée en matière sur ce document, qui comptabilise 1,444 milliard aux charges et 1,3 million de boni, les élus demanderont à l’Exécutif de revoir sa copie. Avec le risque de devoir fonctionner avec les douzièmes provisionnels.

Les partis de l’Entente, l’UDC et le MCG, forts de 43 sièges sur 80, s’étaient déjà montrés sceptiques lors de la première présentation du budget, la semaine dernière. Tous regrettaient que l’Exécutif n’ait pas suffisamment pris en compte leurs revendications communes, inscrites dans une lettre envoyée au printemps au Conseil administratif à majorité de gauche. Un courrier contenant dix points, demandant notamment un autofinancement des investissements, une modernisation du statut du personnel, une baisse du tarif des crèches et l’absence de toute hausse d’impôts.

Dette et autofinancement

Après avoir potassé le projet de budget, cette droite «élargie» confirme son mécontentement en annonçant qu’elle n’acceptera pas l’entrée en matière. Pour ses élus, l’Exécutif n’a pas suffisamment réduit la voilure. Le PDC a d’ores et déjà pris cette décision lors de son caucus. «L’Exécutif ne fait pas d’effort pour diminuer la dette ou pour autofinancer davantage les investissements. Il n’y a pas non plus eu d’évaluation des prestations», regrette Lionel Ricou, chef de groupe.

Le PLR, qui a tranché jeudi soir, ira dans le même sens. «Avec notre lettre, nous avons voulu jeter un pavé dans la mare. Aujourd’hui, nous avons l’impression de ne pas avoir été entendus, confie Natacha Buffet-Desfayes, cheffe de groupe. Nous n’avons reçu aucun détail sur ce qu’impliqueraient nos demandes au niveau financier.» Idem pour le MCG, qui souhaite que l’Exécutif revoie sa copie. «Nous ne sommes pas dans une logique revancharde mais constructive, nous ferons notre maximum pour éviter les douzièmes provisionnels», note Carlos Medeiros. Mais comme l’Entente et l’UDC, son parti estime que l’Exécutif n’anticipe pas suffisamment les réformes à venir, comme celle de l’imposition sur les entreprises. «Nous voulons un budget qui montre que des mesures sont prises pour réduire la voilure», demande Eric Bertinat, chef de groupe UDC.

Sandrine Salerno, qui n’a pas souhaité s’exprimer, avait pourtant tenté de rassurer les élus en évoquant leur lettre lors de la présentation du budget et en précisant qu’elle y répondrait point par point en Commission des finances. La magistrate avait mis en avant la maîtrise des charges, la diminution de la dette par rapport à 2007 ou encore la création de 305 places de crèches.

Une nouvelle mouture

Que se passera-t-il si l’hémicycle refuse lundi l’entrée en matière sur le projet de budget? Le document ne sera pas étudié en commission et les élus n’auront pas l’occasion de le retravailler. L’Exécutif devra présenter un nouveau projet ou remanier sa première version. Une mouture qui pourrait se construire sur les correctifs des rentrées fiscales de l’Etat, qui seront connus en octobre. Si le budget n’est pas approuvé avant le 31 décembre par le Conseil d’Etat, la Ville devra fonctionner sur les douzièmes provisionnels (lignes du budget précédent), le temps qu’un accord soit trouvé. (TDG)

Créé: 03.09.2015, 17h48

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L'alternative

Le coup de force de la droite et du MCG choque l’Alternative. «C’est effarant, tonne Alfonso Gomez, élu Vert. Ces élus adoptent une attitude de non-respect envers les institutions, qu’ils paralysent, et le dialogue. Ils veulent montrer que ce sont eux qui commandent, au point de mépriser le processus.»

Soutenant leur magistrate, les socialistes sont fâchés, eux aussi. «Cette droite élargie impotente est incapable de sortir de la posture politique, s’insurge leur chef de groupe, Grégoire Carasso. Elle n’arrive pas à prendre ses responsabilités pour travailler sur cette version pourtant consensuelle ni sur aucun autre budget. C’est lamentable pour le travail politique.»

Pour Ensemble à Gauche, ce refus d’étudier le budget est un effet d’annonce. «La droite cherche une visibilité bon marché, c’est un peu facile, estime Tobias Schnebeli, chef de groupe. On aimerait bien entendre leurs raisons. Mais il s’agit certainement de leurs sempiternelles menaces de nuages noirs, leurs injonctions à se serrer la ceinture. Cela devient habituel.» La formation n’est pas entièrement satisfaite par le projet de budget 2016, qu’elle estime très austère, et regrette l’absence d’une augmentation de salaire des mamans de jour, de l’internalisation de certains postes de travail ou du renforcement des effectifs du Service d’incendie et de secours (SIS). «Mais de là à refuser de le renvoyer en commission…» s’indigne Tobias Schnebeli.

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