Des zones commerciales se vident. Alerte!

ImmobilierEn un an, les surfaces d’activité vacantes ont progressé de 38%. Du jamais vu depuis vingt ans

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Le bond est impressionnant. Et inquiétant. En un an, les surfaces commerciales vacantes du canton ont explosé, passant de 225 000 m2 à près de 311 000 m2, relève l’Ocstat. La hausse est de 38%. Et le niveau de 1997 est atteint, une époque où les professionnels de l’immobilier écopaient encore les séquelles de la crise des années folles. Parmi ces surfaces vacantes, ce sont les bureaux qui enregistrent la hausse la plus importante (44%). Les magasins et arcades parviennent à mieux résister (12%). Pour Philippe Angelozzi, secrétaire général de l’USPI (Union suisse de professionnels de l’immobilier) genevoise, ce chiffre ne constitue pas vraiment une surprise, sauf peut-être dans son ampleur. «Nous avons senti venir cela», résume-t-il avant d’estimer cependant que cette détente du marché a aussi ses avantages: «Cette situation peut aussi stimuler l’économie en incitant les propriétaires à rénover leurs locaux ou à baisser les prix afin de rendre leurs objets plus attractifs.» Une des questions qui surgissent, c’est de savoir si le voisin vaudois profite de cette situation.

Manque de vision

Ancien député, le promoteur Ronald Zacharias en est certain. «Cette forte hausse est affolante: il n’y a plus de demande. En revanche, on ne trouve plus un seul mètre carré de libre dans certaines zones commerciales vaudoises limitrophes. Cette situation reflète les incertitudes notamment liées à la fiscalité des entreprises. À Genève, on peine à prévoir comment va évaluer l’environnement économique. Rappelons que la prospérité du canton n’est pas gravée dans le marbre.» Près de Nyon, Rembert Berg, directeur de Nemaco, une société gérant le parc d’activités de Terre Bonne Park, signale qu’il ne restera en 2019 plus que quelque 6000 m2 de disponibilité sur une surface totale de bureaux de 52 000 m2. «Oui, les surfaces vacantes augmentent et les projets à venir sont encore nombreux», observe Hervé Froidevaux, membre de la direction générale du consultant Wüest & Partner. Malgré tout, la situation n’est pas dramatique, car l’emploi est dynamique, ajoute cet expert, qui regrette par ailleurs le manque de visions plus globales dans des zones comme le PAV (Praille-Acacias-Vernets), l’aéroport ou les zones industrielles de Plan-les-Ouates et de Meyrin. Il est trop tôt pour estimer les baisses de prix qui vont apparaître, en particulier pour les objets vétustes ou excentrés. Mais si les prix devaient durablement chuter, l’immobilier genevois, encore très prisé par les gros investisseurs alémaniques, perdra une partie de son attractivité. (TDG)

Créé: 24.08.2018, 19h33

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