Des syndicats du monde entier somment l’OIT d’agir

Genève internationale1500 syndicalistes ont manifesté pour exiger que l’Organisation internationale du travail lutte contre les inégalités.

Des syndicalistes du monde entier sont venus donner de la voix à la place des Nations.

Des syndicalistes du monde entier sont venus donner de la voix à la place des Nations. Image: MAGALI GIRARDIN

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Événement inédit dans le paysage syndicaliste suisse: la place des Nations a été le théâtre ce lundi de la première manifestation des syndicats mondiaux, sous l’égide de la Confédération syndicale internationale (CSI). L’organisation faîtière représente 267 millions de travailleurs affiliés aux syndicats de 167 pays. Quelques jours après la célébration du centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT), les manifestants réclament qu’elle affermisse sa position face au patronat et aux gouvernements.

Si la Confédération générale du travail (CGT, France) est majoritaire, d’autres syndicats ont rallié Genève, parfois depuis le bout du monde: Japon, Ghana, Cameroun, Nigeria, Iran, Russie… Tous réclament des mesures offensives de l’OIT en matière de protection sociale, salariale et d’arbitrage avec les gouvernements. Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT et actuel administrateur au Bureau international du travail déplore le renvoi des cas relevant de l’expertise de l’Organisation à la justice nationale: «La mission de l’OIT, telle qu’elle a été conçue par les États et l’ONU, doit être respectée et réaffirmée. Sa légitimité est incontestable. C’est pour cela que nous sommes là: nous réclamons une justice sociale internationale.»

Dans la foulée du mouvement mondial #Metoo, l’égalité est devenue le cheval de bataille des syndicats internationaux. Pour Karine Gambet, membre de la CGT, les conditions de travail déplorables au Cameroun, son pays d’origine, poussent les femmes à prendre les routes de l’exil: «Les syndicats sont interdits, le manque de travail, les violences et la mafia sont à l’origine de la misère. Il n’y a eu aucun progrès. J’attends de l’OIT qu’elle se fasse respecter dans ces zones de non-droit, pour garantir aux femmes une vie décente».

La convergence des luttes

Les syndicats exigent une meilleure synergie entre les chaînes d’approvisionnement mondiales et les accords commerciaux internationaux, afin de limiter les bénéfices des multinationales, au détriment des droits des travailleurs. Colette Mazuir, 62 ans, originaire de France, est venue à Genève pour rappeler aux gouvernements de «remettre l’humain au centre des politiques internationales. Le mépris des classes dirigeantes à notre encontre est intolérable.» Le droit de grève, remis en cause dans certains pays, la défense des travailleurs de l’économie informelle et l’interdiction du travail des enfants figurent en bonne place dans les revendications. Pour Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, ce rassemblement «est une chance unique de fixer des règles contraignantes qui garantiraient un socle de droits à tous les travailleurs.»

Créé: 17.06.2019, 20h58

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