Des parkings limités à trois sorties par semaine?

MobilitéPour réguler le trafic aux Communaux d’Ambilly, le Canton étudie différentes mesures. Certaines interpellent.

Le chantier de la première étape des Communaux d’Ambilly, à Thônex, s’est ouvert l’été dernier.

Le chantier de la première étape des Communaux d’Ambilly, à Thônex, s’est ouvert l’été dernier. Image: Lucien Fortunati

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Ce serait une première à Genève. Pour modérer le trafic aux abords du futur quartier des Communaux d’Ambilly, à Thônex, le Canton réfléchit à limiter les sorties des parkings souterrains aux heures de pointe. Certains habitants n’auraient droit ainsi à utiliser leur voiture que trois fois par semaine durant ces créneaux horaires. Chaque sortie supplémentaire leur serait facturée. Et pas question d’envisager de parquer son véhicule dehors, aucune place de stationnement en surface n’étant prévue dans le secteur. Si le Département des infrastructures précise que «ce n’est qu’une piste parmi d’autres», l’idée fâche les élus communaux et la section genevoise du Touring Club Suisse (TCS).

Cette mesure est étudiée dans le cadre de la réalisation de la troisième étape des Communaux d’Ambilly. Environ 1000 nouveaux logements doivent sortir de terre à partir de l’horizon 2024. Ils s’ajouteront aux quelque 1700 appartements prévus dans les deux précédentes étapes du projet. Au total, ce sont donc près de 5800 habitants qui emménageront dans ce nouveau quartier.

Ce développement aura évidemment des conséquences importantes sur le trafic dans la région. La construction du barreau routier et l’aménagement de nouvelles voies de transports publics ont été prévus pour absorber les déplacements des habitants des 1700 premiers logements. La réalisation de la troisième étape du projet vient toutefois bouleverser cet équilibre. Les parcelles concernées étaient initialement dévolues à rester des réserves à bâtir. Le Canton a décidé de les urbaniser pour répondre aux injonctions de la Confédération et du Grand Conseil d’optimiser l’espace urbain disponible afin de protéger la zone agricole. Des mesures d’accompagnement sont dès lors nécessaires pour éviter une saturation complète du secteur aux heures de pointe.

Différentes options sont actuellement étudiées. La restriction de l’usage des véhicules par le biais d’une pression financière s’inspire du modèle lyonnais. Plusieurs parcs du centre-ville de l’agglomération française limitent le nombre de sorties à 15 par mois, week-end et jours fériés non compris. Chaque parcours en plus est facturé 5, 95 euros (6 fr. 70).

Un tel système est-il applicable en Suisse? Le président de la section genevoise du TCS, François Membrez, en doute. «Ça me paraît hautement contestable, cela va à l’encontre de la liberté personnelle de chacun», réagit-il. Il ajoute qu’il n’est en outre pas possible en Suisse de taxer les déplacements automobiles. «Or cette mesure s’y apparente», note-t-il.

Au-delà de la légalité ou non de la proposition, le maire PLR de Thônex, Pascal Uehlinger, s’insurge contre le principe même de cette solution: «Ce n’est pas à nos futurs habitants de payer le fait qu’on n’arrive pas à régler les problèmes de trafic dans l’agglomération», fulmine-t-il.

Présidente de l’Association transports et environnement, Lisa Mazzone n’est pas plus convaincue par la mesure. Mais pour d’autres raisons. «Pourquoi ne pas franchement limiter le nombre de places de stationnement en encourageant l’autopartage, le covoiturage, le vélo et les transports publics, à côté de la gare CEVA? s’interroge la conseillère nationale Verte. Dans la solution étudiée, on laisse les gens avoir une voiture tout en leur interdisant ponctuellement de l’utiliser. Ce n’est pas intéressant pour les habitants.»

Interpellé sur ces questions, le porte-parole du Département des infrastructures, Roland Godel, souligne qu’«à ce stade, toutes sortes de pistes, plus ou moins incitatives ou coercitives, sont examinées à l’échelon technique, de manière à pouvoir ensuite faciliter les choix sur la base d’options potentielles». Ainsi, le Canton étudie également une régulation des sorties de parking en fonction de l’état du trafic en surface. En cas d’embouteillage, les automobilistes pourraient être retenus en sous-sol quelques dizaines de secondes, voire une ou deux minutes, le temps qu’une file de véhicule se résorbe. (TDG)

Créé: 04.12.2018, 08h32

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