Des migrants invités à jouer sur les terres de l’UEFA

AsileDes matches amicaux ont réuni jeudi plus de 120 migrants au stade de Colovray. Chacun défendait les couleurs de son foyer.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Avec fierté, Ali regarde les chaussures à crampon qu’il vient de recevoir. Ce jeudi, l’Iranien défend les couleurs de son foyer, l’abri PC de Balexert, sur l’un des six terrains de l’UEFA au stade de Colovray, à Nyon. «It’s very good», répète-t-il. Le premier tournoi inter-migrants a réuni seize équipes issues des foyers et abris PC de Genève, Versoix et Nyon ainsi que des collaborateurs de l’Hospice général, initiateur du projet, et de ses partenaires: l’UEFA et la Ville de Nyon. «La ligne directrice était la mixité, essentielle si l’on veut parler d’intégration», explique Michel Nicolet, coordinateur du projet et responsable intégration à l’Hospice général.

Si les Genevois avaient déjà des équipes formées, les Vaudois en ont monté pour l’occasion. «Car il était hors de question que les Nyonnais ne participent pas, explique Christiane Piazzini, déléguée à l’intégration de la Ville. C’est une possibilité de casser le quotidien des migrants et de les rendre visibles. Une occasion à ne pas manquer.» La grande partie des joueurs a revêtu le t-shirt neuf gris que leur a offert l’UEFA. Le reste de l’équipement a été récolté dans des écoles de sports. Sur le côté du terrain, le Meyrinois Patrick Müller, ancien international suisse de football, observe le jeu. C’est lui qui remettra les médailles à l’équipe gagnante. «Il y a deux ou trois joueurs qui touchent bien la balle et d’autres qui ne la touchent pas du tout», conclut un arbitre de l’Association cantonale vaudoise de football entre deux matches. Ses collègues et lui ont été mandatés pour l’occasion.

Leur présence formalise l’événement. «Ce tournoi me rappelle l’époque où je jouais en Erythrée», lâche Berhane, défenseur de l’équipe nationale dans son pays d’origine, qui court aujourd’hui pour l’équipe du Lagnon, à Bernex. «On est content, on a rencontré des gens, ça nous fait du bien de sortir un peu de Genève», complètent deux joueurs gambiens de l’équipe du foyer des Tattes. L’espace d’une après-midi, tous laissent de côté les questions administratives liées à leur demande d’asile – pendante, acceptée ou refusée – ou à leur séjour en Suisse. Les Gambiens veulent gagner pour la médaille mais également pour pouvoir visiter la maison de l’UEFA, une visite offerte aux vainqueurs.

Ils espèrent aussi être repérés. «S’ils veulent des bons joueurs, ils nous prennent!» Aucun recruteur n’est présent, précisent toutefois les organisateurs. «C’est un tournoi amical, très amical», précise Michel Nicolet. C’est finalement l’équipe du foyer du Petit-Saconnex qui a remporté la victoire en battant celle du Lagnon 2 - 1.

Créé: 16.09.2016, 17h29

Articles en relation

Un tournoi de football réunit des financiers et des migrants

Asile Ce samedi, des équipes d’entreprises, d’associations et de foyers de requérants d’asile s’affronteront sur la pelouse du Stade de Vessy. Plus...

L'espoir autour d'un ballon

Reportage - Asile Plusieurs foyers de requérants d’asile ont leur équipe de football. Ils s’affrontent chaque mois. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.