Des lits de camps et un accueil à l’année pour les sans-abri

GenèvePour faire face à l’urgence, un collectif d’associations ouvre des «sleep-in». L'église protestante met à disposition ses temples.

Trente lits de camp sont installés dans le temple de la Fusterie.

Trente lits de camp sont installés dans le temple de la Fusterie. Image: Georges Cabrera

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Trente lits de camp dans le temple de la Fusterie, autant dans celui de Châtelaine. À la rue Verdaine, au poste de l’Armée du Salut, quinze lits sont mis à disposition des femmes; le Quai 9 en comptera autant (ouverture au début de septembre) réservés aux consommateurs de drogues.

Les lieux d’accueil pourraient changer ces prochains mois, mais ces 90 lits à disposition de 21 h à 7 h répondent à une urgence. Genève compte entre 400 et 1000 sans-abri, mais aucun dispositif global et coordonné lorsque les abris de protection civile ferment à chaque fin d’hiver. «On ne peut pas avoir une politique du thermomètre», s’insurge Alain Bolle, directeur du Centre social protestant et président du collectif tout juste formé par huit organisations, parmi lesquelles le CARÉ, l’Armée du Salut et l’Association pour le bateau Genève.

Tension politique

En avril, ces mêmes structures avaient symboliquement installé 400 tentes sur la plaine de Plainpalais pour sensibiliser les pouvoir publics au manque cruel de places. La réponse ne s’est pas fait attendre. Le mois suivant, le Conseil municipal de la Ville de Genève allouait un financement de 1,8 million permettant aux associations de mettre cette solution nocturne en place.

Il n’empêche, la question du financement n’est pas réglée à ce jour. «Il manque 600 000 francs. Nous avons approché l’État et les communes. La Ville de Genève ne peut pas être la seule à financer ce type de dispositif», pointe Alain Bolle, regrettant la tension politique autour de la question de la prise en charge des sans-abri à Genève.

Car la problématique est loin d’être cantonnée à la commune de l’hypercentre. «Une bonne partie des sans-abri vivent à l’aéroport et dans les environs, fait remarquer Marco Salmaso, codirecteur du dispositif. Il faut une réponse coordonnée à une problématique récurrente, de plus en plus complexe et qui n’est pas près de s’arrêter…»

En attendant la réponse des pouvoirs publics, les associations ont fabriqué cette solution de «sleep-in» en surface où quiconque peut passer une nuit à l’abri sans avoir à s’inscrire ou à décliner son identité. «Il s’agit d’une alternative à la rue, un lieu de sécurité», résume Valérie Spagna, responsable de l’accueil de nuit de l’Armée du Salut. Satisfaisant pour les professionnels de l’action sociale? «Si on avait la possibilité d’héberger ces gens avec des prestations plus complètes, on le ferait…»

L’Église protestante joue un rôle prépondérant en laissant les clés de certains de ses temples. Parmi ceux-ci, celui de la Fusterie, très exposé, également lieu d’expositions culturelles. «Le soir, l’espace central est dégagé, les bancs sont rangés et les lits de camp sont montés. Le matin, tout est remis en place, indique Valérie Chausse, codirectrice de l’Église protestante de Genève. Tendre la main aux démunis est une évidence».

Une halte de nuit à venir

Avec ces «sleep-in», Genève compte désormais 90 lits qui s’ajoutent à la centaine de places disséminées entre l’Armée du Salut, l’abri PC de Richemont, la Coulou et la Roseraie.

Une halte de nuit complétera le dispositif à partir du mois de septembre (dans un lieu à définir). Là, il s’agira pour les professionnels de l’action sociale d’accueillir, d’écouter et d’offrir un moment de répit à la nuit tombée jusqu’au petit matin, et de diriger vers les dormitoriums si nécessaire.

À ceux qui douteraient de l’utilité d’un tel dispositif, les responsables du collectif peuvent déjà présenter des chiffres de fréquentation. Depuis trois jours, les trente lits de camp du temple de la Fusterie ont tous trouvé preneur.

Créé: 09.08.2019, 11h08

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