Des femmes gradent chez les pompiers volontaires

EgalitéSix femmes issues des compagnies communales suivent actuellementla formation de sous-officier.

Dans les six classes de sous-officiers, six femmes hypermotivées.

Dans les six classes de sous-officiers, six femmes hypermotivées. Image: Pierre Abensur

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Le garde à vous est militaire, après la pause déjeuner, au centre d’instruction feu et protection civile de l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires (OCPPAM) à Bernex. C’est là que s’effectue la formation des sapeurs-pompiers volontaires du canton.

Six classes de sous-officier participent à cette journée. Parmi eux, six femmes hypermotivées: «Le côté militaire s’estompe vite dans la pratique, souligne Stéphanie Saunders, de la Ville de Genève. Dans l’action, c’est la solidarité et la coordination qui dominent.» Et ça se vérifie sur le terrain. Chaque petit groupe effectue des exercices dirigés par un élève, sous l’œil d’un instructeur.

Un rêve de gosse

Florence Valot, de Vandœuvres, réalise un rêve de gamine: «Je voulais être pompier comme mon papa, que je voyais partir en tenue», explique l’aspirante, qui admet ne pas vouloir grader plus. «J’ai envie de fonder une famille et ce sont des responsabilités difficiles à concilier. Mais je suis heureuse d’être arrivée jusque-là.»

Dans la classe 3, Claire-Lise Guénin, de la Ville, et Stéphanie Rossi, engagée aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et à la compagnie carougeoise, s’activent autour d’une casserole en feu. Comme leurs collègues masculins, elles prennent, à tour de rôle, la responsabilité de l’intervention factice. «On ne fait pas de différence, homme-femme, on est tous des pompiers, assure Carmelo Mostaccio Rostaccio, instructeur et lieutenant des compagnies de Vernier et des Services Industriels de Genève (SIG). «Au contraire, renchérit Hubert Borcard, responsable de la formation, il y a une très grande complémentarité.»

Femmes plus endurantes

«Les femmes sont souvent plus endurantes et plus rationnelles. La seule chose qui peut poser problème parfois, c’est la force lors du maniement de certains engins.» Pour un jeune sapeur de la Ville, le cap du machisme et de la susceptibilité face à des ordres donnés par une femme est dépassé. «Les vieux résistants ne sont plus là, remarque-t-il, soulignant apprécier la mixité. Pour moi, c’est juste normal de trouver des filles chez les pompiers, comme dans la société.»

Intégration progressive

Les six aspirantes ne sont pas les premières à grader, mais l’intégration des femmes ne s’est pas faite aussi facilement. Les préjugés et les chasses gardées avaient la dent dure. «La première femme à intégrer un corps communal de sapeur volontaire était à Satigny en 1991, explique Hubert Borcard. Un mois après, une autre femme rejoignait la compagnie de Vernier.» En 2010, la première commandante du canton, Catherine Micheloud, a été nommée à Onex. «C’est une bonne chose, même si dans certaines mentalités les pompiers doivent rester une histoire d’hommes, reconnaît Marc Noël, chef instructeur. Mais généralement ça se passe très bien.»

Congé maternité délicat

Seul problème qu’avoue le Verniolan: le congé maternité: «On a eu une femme qui, absente une année après la naissance de son bébé, a eu de la peine à retrouver sa place au sein de l’équipe. Il n’y a rien de vraiment prévu pour cela.» Plusieurs autres parmi les 116 sapeuses du canton sont actuellement arrêtées pour maternité. Si le nombre de femmes est encore marginal, des aménagements sont toutefois nécessaires, comme la création de vestiaires séparés. «Aujourd’hui, les filles représentent environ 7% des effectifs et 14% des gradés, précise Hubert Borcard. Mais nous espérons bien en attirer encore davantage.»

Créé: 07.11.2013, 07h26

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