Des femmes à lunettes luttent pour l’égalité

SociétéUne cinquantaine d’élues, de candidates et de politiciennes a mené hier une action coup-de-poing.

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Elles ont sorti d’étranges lunettes. Colorées, démesurées ou décorées. Leur but: inciter les uns et les autres à «changer de vision» en changeant les institutions. À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, une cinquantaine d’élues, candidates et membres de groupes ont pris d’assaut l’Hôtel de Ville.

Rebaptisé «l’Hôtel de Ville des femmes», il a été symboliquement inauguré hier soir par Sara et Carolina, 17 ans chacune. «Cela n’a pas de sens qu’il n’y ait pas d’égalité des salaires pour le même métier», commente la première. «Il devrait y avoir la parité en politique puisque le gouvernement est censé représenter le peuple», renchérit la seconde.

Leurs aînées martèlent le message. Leurs banderoles crient: «L’égalité c’est maintenant!» ou encore «Stop au sexisme structurel». Dans la cour, au son galvanisant d’une batterie, elles scandent le chiffre 50, exigeant que la moitié des 100 sièges du Grand Conseil soit occupée par des femmes. «On se sent bien seules pour le moment», commente la députée Verte Frédérique Perler.

Actuellement, le Grand Conseil compte 26 femmes. En moyenne, elles représentent 30% des délibératifs des communes. Enfin, elles sont 32 au Conseil national. «S’il y avait plus de femmes, les choses iraient beaucoup plus vite. Il y aurait moins d’effets de manche. On gagnerait en temps et en pragmatisme.» A l’image, assure-t-elle, de la commission des Droits politiques et du règlement qu’elle venait juste de quitter. «Elle est composée d’une majorité d’hommes qui s’écoutent parler. À 18 h 45, les trois femmes membres, PS, PDC et Verte, se sont levées et ont demandé qu’on vote pour pouvoir rejoindre la manifestation.»

Dans les rangs féminins combatifs, on repère l’ex-conseillère d’État Michèle Künzler, mais aussi Manuela Honegger, à l’origine de la liste Femmes ou encore la députée PDC Anne-Marie von Arx-Vernon. «Cela fait quarante ans que je me bats pour l’égalité hommes-femmes, insiste-t-elle. On ne peut plus se laisser faire. Ça suffit! Il faut instaurer les quotas en politique. Quant à l’augmentation de l’âge de la retraite, elle doit être conditionnée à l’égalité salariale.» Elle conclut en taclant le PDC suisse qui, la semaine dernière, n’a pas voulu imposer aux entreprises la transparence salariale.

Un «rendez-vous manqué avec l’Histoire» par le Conseil des États que déplore aussi Albane Schlechten, la cheffe du groupe socialiste au Municipal de la Ville de Genève. «Des lois ont été votées en 1996 et les effets se font attendre! D’où notre action de ce soir qui dépasse d’ailleurs les appartenances partisanes. Notre base commune: promouvoir l’égalité hommes-femmes», conclut-elle, lunettes sur le nez.

(TDG)

Créé: 07.03.2018, 22h16

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