Des factures salées bloquent le chantier des Cheneviers

GenèveÀ cause de surcoûts imprévus, les travaux de la future usine d’incinération ont été suspendus durant des mois.

Le chantier des Cheneviers IV, censé durer jusqu'à fin 2023, a pris des mois de retard. Les Services industriels de Genève l'ont suspendu pendant le premier trimestre 2019 pour renégocier les tarifs de certains prestataires.

Le chantier des Cheneviers IV, censé durer jusqu'à fin 2023, a pris des mois de retard. Les Services industriels de Genève l'ont suspendu pendant le premier trimestre 2019 pour renégocier les tarifs de certains prestataires. Image: Frank Mentha

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Le «chantier du siècle» des Services industriels de Genève (SIG) a connu un arrêt de plusieurs mois. La «Tribune de Genève» a appris que les travaux en vue de la construction de la future usine d’incinération des Cheneviers IV, démarrés au printemps 2018, ont été suspendus pendant tout le premier trimestre 2019 à cause de factures plus salées que prévu. Cette «pause» va retarder de plusieurs mois la mise en service de la nouvelle installation, initialement prévue pour la fin de 2023.

Selon une source, un dépassement de budget de 40 à 60 millions de francs aurait nécessité la refonte du projet, tant sur le plan technique que financier. Les SIG confirment l’arrêt temporaire du chantier, mais démentent ces chiffres et assurent tenir leur budget. «Le directeur général, Christian Brunier, et la directrice financière, Céline Gauderlot, ont décidé d’arrêter le chantier Cheneviers IV durant quelques mois, pour discuter et préciser le prix de certaines prestations ainsi que pour optimiser certains aspects techniques du projet, explique la porte-parole des SIG, Isabelle Dupont. À ce jour, nous avons réalisé des appels d’offres et signé des contrats pour environ 50% du total des travaux et nous sommes totalement en ligne avec le budget de 280 millions voté par le conseil d’administration des SIG, avec une marge de plus ou moins 10%.»

Entre les lignes, on comprend que mécontents du dépassement de devis de certains prestataires, les SIG ont gelé le chantier pour faire pression sur eux et les obliger à renégocier leurs tarifs. Grâce à cela et à des économies d’ordre technique — sans incidence sur le résultat final, selon les SIG — le projet serait finalement rentré dans son budget. Mais de combien était ce dépassement de devis? Une autre source parle d’un montant d’environ 20 millions de francs. Les SIG ne veulent ni confirmer ni infirmer ce chiffre. D’aucuns pensent que la régie publique en a marre d’être prise pour une vache à lait par certaines entreprises de travaux publics et a décidé de mettre le holà.

L’usine la plus chère du pays

Même si le budget est respecté, la future usine genevoise d’incinération restera de loin la plus chère de Suisse. Actuellement, les tarifs à la tonne des Cheneviers pour les déchets urbains (234 fr. 25), sont 71,5% plus élevés que la moyenne nationale. Une différence qui s’explique notamment par la surcapacité des installations. En 2010, suite au scandale des déchets napolitains importés, les SIG ont fermé deux fours, sans les démanteler, ce qui a fait grimper les coûts d’exploitation. Cette usine, prévue pour traiter 350 000 tonnes de déchets par an, n’en traite aujourd’hui que 250 000 tonnes au maximum. Mais selon les SIG, ces tarifs élevés s’expliquent aussi par le fait que le prix payé en 2008 lors du rachat des Cheneviers à l’État de Genève était surévalué.

Les Cheneviers IV ne seront pas en surcapacité, bien au contraire. Les nouvelles installations ne pourront incinérer que 160 000 tonnes de déchets par an. Le Conseil d’État table en effet sur une forte augmentation du taux de recyclage, qui devra atteindre les 60% d’ici à l’inauguration de la future usine — alors qu’en l’absence de taxe au sac, on n’a pas réussi à atteindre l’objectif des 50% que s’était fixé le Canton pour la fin de l’année 2017.

Malgré cela, les SIG estiment que le tarif à la tonne sera autour des 220 francs, soit encore très au-delà de la moyenne nationale. «Contrairement à de nombreuses usines d’incinération en Suisse, Genève n’a pas pu bénéficier du programme de subventions de la Confédération, qui était terminé au moment du lancement de Cheneviers IV», justifie Isabelle Dupont.

D’autres surprises à venir?

Comme ce chantier doit encore durer près de cinq ans, il nous réservera peut-être d’autres surprises. Il représente un gros défi technique: construire la nouvelle usine sur le même emplacement que l’actuelle, qui doit continuer de fonctionner pendant les travaux. Avec une durée de vie prévue pour vingt-cinq ans, les Cheneviers IV devraient produire davantage de chauffage à distance en brûlant moins de déchets. L’usine bénéficiera par ailleurs des dernières technologies, notamment en matière de dépollution des fumées.

Créé: 25.09.2019, 06h42

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