Des enseignants du Cycle agressés par des élèves

ÉcoleLa police est intervenue au CO Renard. Des élèves ont été menottés. Les enseignants envisagent de se mettre en grève.

Le cycle d'orientation du Renard est situé sur la commune de Vernier.

Le cycle d'orientation du Renard est situé sur la commune de Vernier. Image: Olivier Vogelsang

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La situation est très tendue au Cycle d’orientation (CO) du Renard, à Vernier. Depuis la rentrée scolaire, les altercations entre élèves et enseignants se multiplient, à tel point que certains d’entre eux en sont venus aux mains, selon les informations de la «Tribune de Genève». Mercredi, un professeur a été frappé par des élèves.

Une autre enseignante est en arrêt maladie depuis plusieurs semaines, après qu’on lui a lancé une pierre dans le dos. Elle a porté plainte. C’était il y a un mois. Des policiers sont alors intervenus dans l’enceinte de l’établissement, situé à Aïre-le-Lignon. Ils en sont sortis en embarquant une demi-douzaine d’élèves, certains menottés. Contactée, la police ne donne pas davantage de précisions sur cette intervention et ses suites judiciaires, la procédure impliquant des mineurs.

Une petite bande

Au sein du Cycle, ces interpellations musclées «ont choqué». Les adolescents qui fréquentent le CO ont habituellement entre 12 et 15 ans. «De manière générale, la police peut être amenée à passer les menottes si les personnes représentent un risque pour les policiers ou pour eux-mêmes», indique Jean-Philippe Brandt, son officier de communication. De son côté, le Département de l’instruction publique (DIP) fait savoir, par la voix de son porte-parole Pierre-Antoine Preti, qu’il «collabore avec la police dans les cas de violence dans les établissements» et que «le CO Renard ne fait pas exception».

Mais les choses ne se sont pas calmées pour autant. Certains élèves n’hésitent pas à jeter des objets sur leurs professeurs. Les insultes pleuvent. Ces faits semblent être essentiellement l’œuvre d’une petite bande. Mercredi, le ton est monté dans les couloirs entre un enseignant et un jeune qui revenait d’une semaine d’exclusion. D’autres garçons s’en sont mêlés et l’enseignant a essuyé plusieurs coups.

Grève envisagée

Préoccupé et ne se sentant pas suffisamment soutenu, le corps enseignant a interpellé la directrice de l’établissement afin de solliciter «une conférence du personnel extraordinaire». «Les récents événements survenus nous inquiètent au plus haut point et nous souhaiterions vous en faire part dans les plus brefs délais», écrivent-ils. Une demande que la direction a refusée, jugeant la tenue de cette conférence «compliquée» dans «ces circonstances et dans un délai aussi court».

Une «réunion informelle» a toutefois été proposée. Elle a eu lieu jeudi à midi. Plusieurs enseignants ont évoqué l’idée de se mettre en grève, ne serait-ce que durant une heure symbolique, afin de manifester leur colère. Au terme de cette rencontre avec la direction, il a finalement été décidé ne pas passer à l’acte pour le moment.

Le DIP et la direction de l’établissement ont pris des mesures. Un élève aurait déjà été muté vers un autre cycle d’orientation. Sans aborder le cas précis du CO Renard, Pierre-Antoine Preti explique que, de manière générale, lorsqu’un conflit éclate entre des élèves ou entre des élèves et un enseignant, une enquête est menée. «Durant celle-ci, les différentes parties sont entendues. Après avoir établi les responsabilités respectives des différentes parties, des sanctions sont prises s’il y a lieu», ajoute le secrétaire général adjoint du DIP. Et les agressions «sont sévèrement sanctionnées», insiste-t-il.

En mai, le DIP et le CO Renard avaient déjà dû gérer de front une situation compliquée. Un jeune avait diffusé sur le réseau social Snapchat l’information selon laquelle un professeur aurait violé plusieurs élèves et écopé de sept ans de prison. L’école et l’enseignant ont déposé une plainte.

Réels accomplissements

Dans ce climat tendu, dispenser ses cours s’avère parfois très laborieux. Des options ont été offertes aux professeurs qui enseignent aux classes de 11e CT (communication et technologie) jugées «difficiles». Ceux qui en font la demande peuvent ainsi voir leurs cours «dédoublés». «Cela revient à scinder la classe en deux (pour une meilleure gestion des élèves difficiles et/ou de l’hétérogénéité) ou enseigner à deux (coenseignement)», précise Pierre-Antoine Preti. En outre, une formation continue, visant à rappeler certains «gestes métier», est proposée depuis cette année: comment réagir lorsque le ton monte avec un élève, à quel moment le sanctionner, etc. Elle est suivie par environ 30% des enseignants.

Hors des heures de cours, ce cycle collabore, et ce depuis de nombreuses années, avec les travailleurs sociaux de la ville de Vernier. «Il serait injuste de confiner le CO Renard à ces seuls faits de violence, tient à souligner Pierre-Antoine Preti. C’est notamment le cycle qui compte le plus grand nombre de contrats d’apprentissage signés chaque année. Il dispose également d’un vaste programme d’échange linguistique avec l’Allemagne, l’Angleterre et l’Écosse.» De réels accomplissements que viennent hélas ternir ces récentes agressions.

Créé: 17.10.2019, 22h38

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