Des élèves pincés avec des pistolets et un couteau

CharmillesTrois jeunes du Cycle ont été sanctionnés par l’établissement à la fin du mois de janvier. La justice est saisie.

Parmi les armes saisies figuraient des pistolets à air comprimé soft-air (photo d’illustration). Ces armes sont régulièrement utilisées lors de braquages en raison de leur ressemblance avec des armes à feu traditionnelles.

Parmi les armes saisies figuraient des pistolets à air comprimé soft-air (photo d’illustration). Ces armes sont régulièrement utilisées lors de braquages en raison de leur ressemblance avec des armes à feu traditionnelles. Image: OLIVIER VOGELSANG

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Plusieurs élèves du Cycle de Cayla, aux Charmilles, sont venus armés à l’école à la fin du mois dernier, a appris la «Tribune de Genève». Trois d’entre eux ont été identifiés, convoqués puis sanctionnés par l’école pour des épisodes survenus les 23 et 28 janvier. Selon nos sources, il n’y a pas eu d’agression liée aux objets saisis.

Il n’empêche, les armes concernées sont deux pistolets de type soft-air ainsi qu’un couteau de combat. Les forces de l’ordre considèrent en général ces pistolets à air comprimé comme des armes: ils sont en effet régulièrement utilisés lors de braquages en raison de leur ressemblance avec des armes à feu traditionnelles. Quoi qu’il en soit, les événements ont provoqué un certain émoi et une inquiétude parmi les parents et les enseignants de l’école.

Deux semaines à la maison

Quelles ont été les punitions infligées par l’établissement aux jeunes qui ont amené ces armes dans le préau? D’après nos informations, une suspension de quinze jours a été prononcée contre eux. Une période durant laquelle les élèves doivent rester à la maison et rendre des travaux spécifiques en vue de leur retour en classe.

De son côté, le Département de l’instruction publique (DIP) n’a pas déposé de plainte pénale. En revanche, la direction de l’établissement a saisi la Direction générale de l’enseignement obligatoire. Comme le veut la procédure, les parents des enfants ont été informés des agissements interdits. Contacté lundi, Pierre-Antoine Preti, porte-parole du DIP, ne fait pas de commentaire sur les épisodes cités: «Nous ne sommes pas en droit de nous exprimer sur les cas individuels.»

«Ce n’est pas un ghetto»

Selon nos renseignements, la justice des mineurs a été saisie de ce dossier. Contacté le service de communication du pouvoir judiciaire précise que «le Tribunal des mineurs ne commente pas les affaires susceptibles de concerner sa juridiction.» Le phénomène des armes à l’école est-il en hausse? À plus forte raison dans ce secteur de la Rive droite, qui a été le théâtre de violences (en janvier, un jeune de 18 ans a poignardé un Portugais dans le parking de Planète Charmilles, après avoir participé à un tabassage en bande à Saint-Jean en 2017)? Fort d’une quinzaine d’années d’expérience, Julien Nicolet, membre de la Fédération des associations des maîtres du Cycle d’orientation (Famco), ne s’affole pas: «Il n’y a pas de rapport direct avec les récents faits divers car il ne s’agit pas du tout de la même tranche d’âge (ndlr: au Cycle, les élèves sont âgés entre 12 et 15 ans). S’il est vrai que les Charmilles sont un quartier plus sensible, il ne s’agit pas d’un ghetto où la violence fait office de loi.»

Transgressions rares

Quant à la présence des armes à l’école, l’enseignant estime que «ce genre de transgression reste rare à Genève. J’ai souvenir d’un cas à Drize, il y a dix ans. Il arrive que des armes soient saisies quand bien même elles n’ont pas été utilisées. Mais de manière générale, ce genre de cas est bien géré par les enseignants, les directions et le département. Je ne trouve pas qu’il y a une problématique particulière liée au port d’armes comme il peut y en avoir avec les bastons et autres violences dans le préau.»/ Fedele Mendicino (TDG)

Créé: 12.02.2019, 06h24

La police saisit surtout des armes blanches

Les affaires d’armes saisies dans des cycles d’orientation à Genève se retrouvent rarement dans les colonnes des journaux. Nous avons élargi notre revue de presse à toute la Suisse. Les quelques articles retrouvés relèvent que la police saisit surtout des armes blanches. Cela a été le cas en 2016 dans le canton de Zurich: un élève a été suspendu pour avoir dégainé un couteau en classe. Il avait voulu attaquer un camarade.

Au lendemain des faits, le psychologue zurichois Allan Guggenbühl relevait dans «20 minutes» que, de manière générale, «les enfants sont très rapidement suspendus lorsqu’ils ont fait quelque chose de mal. Cette décision est nécessaire lorsque l’écolier représente une menace pour autrui. Mais souvent elle n’apporte rien aux personnes concernées. De nombreux garçons ont des couteaux même si ces derniers sont interdits à l’école. Il se pourrait que l’élève ait simplement sorti l’arme en jouant.»

En 2009, dans le canton de Soleure, un écolier a été attaqué durant un cours de travaux manuels par un camarade. Ce dernier avait utilisé un couteau muni d’une lame d’environ 15 centimètres. L’agresseur s’était aussi entaillé le haut d’un bras, avant d’être maîtrisé par l’enseignant et d’autres élèves. Après avoir été soigné, il avait été conduit dans un établissement psychiatrique. La victime, touchée au cou, n’a pas eu à craindre pour sa vie.

En 2007, dans le canton du Jura, un élève bousculé par un autre avait brandi un couteau, poursuivi son camarade pour finalement lancer l’arme, espérant sans doute faire mouche. Ce qui n’avait heureusement pas été le cas. «Cet incident démontre que l’école n’est plus un sanctuaire», relevait à l’époque un élu de la commune concernée.

Le cas le plus grave remonte à 1997. Dans le canton de Saint-Gall, un jeune écolier de 14 ans avait tué un camarade de classe avec un couteau. Un complice avait caché l’arme blanche chez lui quelque temps avant que le suspect ne passe aux aveux. F.M.

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