Des dizaines de retraités dépouillés au bancomat

GenèveUn père de famille marseillais a empoché près de 150 000 francs en un an. Il dévoile ses astuces.

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Des images de vidéosurveillance accablantes, une arrestation spectaculaire, des aveux et voilà le travail! La justice genevoise parvient aujourd’hui à expliquer en bonne partie la vague de vols survenue devant les distributeurs de billets de plusieurs banques du canton en 2014 et 2015.

Selon nos renseignements, un Marseillais, originaire du Maghreb, a été extradé vers la Suisse à la fin de l’été. Ce détenu n’y est pas allé par quatre chemins lors de son audition. Il a avoué avoir écumé les bancomats genevois entre l’automne 2014 et l’automne 2015, empochant un butin d’environ 150 000 francs. Ce père de famille, condamné une quinzaine de fois pour des faits similaires en France, convoitait avant tout les proies faciles: des retraités nés le plus souvent entre les années 20 et 40. Il s’attaquait aux victimes devant les bancomats de Champel et de Florissant, mais aussi des Eaux-Vives et de Chêne-Bourg.

Une course-poursuite

Comment agissait-il? Les inspecteurs approfondissent leur enquête, le Ministère public multiplie les auditions et les confrontations. Conclusion: à chaque fois, le mode opératoire du prévenu est simple et sans violence. Au fil des vols, l’homme change d’habillement, de lunettes de soleil ou de vue, de perruque, de bonnet ou de chapeau. Il s’approche de sa future victime, qui vient le plus souvent de retirer de l’argent au distributeur. Dans les grandes lignes, il l’aborde ainsi: «Après votre passage, l’appareil a continué à distribuer de l’argent», dit-il avant de donner un billet de 20 francs à la personne. La proie est ainsi mise en confiance. Le voleur lui propose alors de retourner au bancomat afin de vérifier quelle somme a été véritablement débitée de son compte. Dans le feu de l’action, le malfrat obtient ainsi le sésame, soit le code de la carte bancaire. Il réussit ensuite à subtiliser cette dernière, avant de se servir au bancomat.

Il dit être schizophrène

Très souvent, les victimes ne réalisaient même pas que la carte avait été volée. La surprise intervenait lorsqu’elles consultaient à la maison leur relevé de compte mensuel, confirme Me Stéphanie Francisoz, qui défend une plaignante âgée de 90 ans.

Code et carte en main, le prévenu piochait allégrement dans le compte, parfois même trois jours de suite: le week-end et à coups de 5000 francs par jour. Une victime a même été lésée de 20 000 francs en un clin d’œil. «Les limites de retrait sont plus basses en France qu’en Suisse», fait remarquer au passage une source proche du dossier.

Très collaborant avec les enquêteurs, qui ont compilé un solide dossier, le prévenu souhaitait éponger une dette de jeu. Son épouse travaille. Il a un enfant mais visiblement il ne roule pas sur l’or, ce que confirment ses avocats, Me Yaël Hayat et Guglielmo Palumbo, qui ne souhaitent toutefois pas faire de commentaire sur cette affaire.

A la fin de l’an dernier, le suspect a donné du fil à retordre à la police le jour de son arrestation. En se sentant suivi par un véhicule des forces de l’ordre genevoises, le Marseillais a rapidement pris la fuite en voiture. Une course-poursuite s’est engagée avec les policiers. Cet homme, né en 1979, a été finalement interpellé de l’autre côté de la frontière par des agents français appelés en renfort. Comme il était aussi recherché en France pour des faits similaires, il n’a été remis aux autorités suisses qu’à la fin de cet été.

A noter que le prévenu a dit durant son audition qu’il souffre de schizophrénie. Pour en savoir plus, le procureur a mandaté un expert qui confirmera ou non cette pathologie au moment des faits reprochés.

(TDG)

Créé: 23.11.2016, 18h20

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La filière marseillaise aime Genève

Un Marseillais, arrêté l’an dernier et suspecté d’une dizaine de forfaits, vient d’être condamné à 36 mois de prison. Il dit aussi avoir agi pour rembourser une dette de jeu. En 2014, deux autres habitants de la Cité phocéenne ont été condamnés pour avoir fait main basse sur des bancomats à Genève et ailleurs en Suisse. Ils ont ainsi dépouillé 29 victimes depuis 2012. Butin: 100 000 francs. En 2012, un autre duo marseillais a également été reconnu coupable de ce genre de vol dans le canton de Vaud. Les forfaits, survenus en 2011, lui ont procuré un «pactole» de 80 000 francs. F.M.

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