Des communes délient les cordons de la bourse pour Léman Bleu

Médias Pour 2017, seules Anières et Onex ont accepté de financer leurs passages télévisés.

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Photo prétexte. Image: Pierre Abensur

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Après avoir «avalé» Canal Onex, la chaîne locale Léman Bleu essaie de séduire d’autres communes en leur proposant une couverture médiatique moyennant finances. Pourquoi lancer une telle offensive, qui rencontre plus ou moins de succès jusqu’à présent? «Le modèle des télés communales est en train de s’essouffler, c’est une opportunité pour Léman Bleu de faire un virage vers l’ultraproximité, explique Laurent Keller, directeur et rédacteur en chef de la chaîne locale. Un soutien financier nous permet d’aller plus loin, plus en profondeur, et de recruter à cet effet.»

Dès janvier 2017, un magazine des communes, dont le titre reste encore à trouver, se concentrera sur les acteurs des municipalités, «peut-être avec des portraits, très humains. Et aussi la couverture de grandes manifestations», précise Laurent Keller. Onex s’est déjà engagée à hauteur de 130 000 fr. Ce montant sert de base de référence. Anières est la seconde commune intéressée, pour au moins 26 000 francs. «Pour la Rive droite, j’ai proposé un forfait de 130 000 fr. à diviser entre sept communes», ajoute le directeur de Léman Bleu.

Un principe qui divise

A Carouge, le Conseil administratif semblait partant et avait inscrit cette «subvention» au budget 2017. «Il nous semblait très intéressant de disposer d’une minute par jour sur une chaîne regardée par beaucoup de gens», commente Stéphanie Lammar, conseillère administrative en charge de la Communication. Mais le Conseil municipal en a décidé autrement, en supprimant la ligne de 28 000 fr. «Que la Commune achète une minute pour faire sa promotion sur une chaîne d’information semble créer un malaise pour la majorité de ce Conseil, a relevé Sophie Buchs, conseillère municipale PDC. L’information ne doit pas être achetée mais donnée.» Pour son homologue Catherine Marti (Les Verts), «ça s’apparente à du publireportage. Et une apparition quotidienne suppose beaucoup de mobilisation du personnel de la Commune pour la produire.» «C’est dommage, réagit Stéphanie Lammar. C’était une opportunité de faire rayonner Carouge pour un bon rapport qualité-prix, notamment par rapport à un encart dans la presse traditionnelle.»

A Plan-les-Ouates, l’idée n’a même pas franchi le cap de l’Exécutif, comme l’explique le conseiller administratif Thierry Durand. «On ne comprenait pas très bien la démarche. On s’est demandé ce qu’on pourrait dire dans le temps proposé, alors qu’on a déjà un journal communal. On a donc opposé un refus poli.»

Pas de publireportage

Pour Laurent Keller, ces réponses négatives font partie du jeu. «Je vis ça très bien. J’approche les communes, libre à elles de dire oui ou non. On va toutes les traiter, mais on va s’intéresser davantage à Anières et Onex.» Le duo servira de laboratoire pour développer une Web TV et attirer des contenus sur le modèle participatif, «en dispensant de petites formations pour avoir des images de qualité».

Qu’en est-il de l’indépendance journalistique? «Ce n’est pas un mandat de prestation. On se sent complètement libres en termes de traitement, ça n’implique pas un journalisme de complaisance, relève Laurent Keller. Les sujets qui fâchent continueront d’être traités, mais plutôt par la rédaction centrale dans le cadre du journal habituel.»

(TDG)

Créé: 11.12.2016, 17h35

L’avis des chaînes locales

Matthieu Honoré, directeur de TéléVersoix, n’est pas surpris par la démarche de Léman Bleu: «La chaîne a reçu la subvention de Canal Onex sur un plateau, je me doutais bien qu’elle allait approcher d’autres communes pour conclure des marchés similaires.» Il rappelle cependant que la télévision régionale est la seule chaîne genevoise à toucher de l’argent de la redevance. «Couvrir l’actualité des communes fait donc déjà partie de sa mission, je ne comprends pas pourquoi les mairies paieraient pour cela», souligne le journaliste.
Depuis quelques mois, TéléVersoix, qui s’appelle aussi Genève Région Télévision, s’est étendue à d’autres communes de la Rive droite. La chaîne, financée par la publicité et une subvention de Versoix, propose chaque semaine, elle aussi, son «journal des communes» avec des sujets réalisés à Vernier, Meyrin, Collex-Bossy, Pregny-Chambésy, Genthod, Bellevue et au Grand-Saconnex. Le directeur craint-il la concurrence de Léman Bleu? «Non, répond-il, car nous offrons davantage de proximité aux communes.»

A Lancy, François Lance, président de Fondation Lancy TV, est moins catégorique: «Nous avons été approchés par Léman Bleu. Nous allons faire le point à la fin de juin 2017 pour voir si nous continuons Lancy TV ou pas, et si un rapprochement est à envisager avec d’autres communes. Nous voulons d’abord voir comment cela se passe à Onex et comment réagissent les Onésiens.» C.G./S.S.

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