Des chercheurs de l’Université de Genève percent les secrets du serpent des blés

DécouverteDes spécialistes ont séquencé le génome de ce reptile. De quoi mieux comprendre l’évolution des espèces vivantes

Un serpent des blés «sauvage», aux couleurs standards.

Un serpent des blés «sauvage», aux couleurs standards. Image: DR

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Bien que long et compliqué, le séquençage de génomes d’animaux intéresse de plus en plus les chercheurs. Objectif: mieux comprendre l’évolution du monde vivant. Curieusement, les reptiliens (10 000 espèces) n’ont jusqu’à présent que peu tenté les scientifiques. Seuls une dizaine de génomes sont disponibles. Une équipe de chercheurs de l’Université de Genève vient de combler ce manque, en séquençant celui du serpent des blés.

Un modèle génomique

Mais pourquoi s’acharner à décoder les 2 milliards (!) de nucléotides du pantherophis guttatus? Parce qu’il a tout pour plaire: «Cette espèce se reproduit facilement, est ovipare et non venimeuse, détaille le professeur Michel Milinkovitch, du Département de génétique et évolution de la Faculté des sciences de l’UNIGE. Elle permet aussi d’étudier le déterminisme génétique et l’évolution des couleurs chez les reptiles, des traits particulièrement importants pour le camouflage de ces animaux dans leur milieu naturel.» «L’objectif était d’obtenir un vrai modèle génomique auquel on pouvait se référer», ajoute la doctoresse Athanasia Tzika, qui a par ailleurs produit une base de données – le Reptilian Transcriptomes Database 2.0 – présentant les génomes appartenant aux principales lignées évolutives de reptiles.

Du rififi dans les couleurs

Les travaux des chercheurs genevois, publiés mardi dans la revue Scientific Reports, ont aussi porté sur l’albinisme de cette espèce de reptiles. Soit cette anomalie qui fait que certains individus présentent une peau très pâle, des poils ou cheveux (chez l’homme) blancs, un iris teinté de rouge. Une étude menée en collaboration avec une équipe suédoise. A l’UNIGE, Suzanne Saenko a ainsi réussi à identifier l’endroit exact de la mutation responsable de cette anomalie, due à une défaillance de la production de mélanine (le pigment noir de la peau). Pour y parvenir, les chercheurs ont d’abord croisé plusieurs serpents des blés dits «sauvages» (à peau orangée, motifs orange et noir et écailles ventrales noires et blanches disposées en damier) et d’autres amélanistiques (pas de noir); puis ils ont séquencé chaque individu né de ces croisements. Un travail là encore pharaonique avec, à la clé, une découverte: le grand responsable de ce chaos coloré est un minuscule gène appelé OCA2...

Mais à quoi serviront ces minutieuses recherches sur un serpent somme toute assez commun, espèce endémique des Etats-Unis, introduites dans quelques îles d’Amérique centrale notamment et mesurant entre 75 et 120 cm? A mieux comprendre, notamment, la mutation de coloration chez de nombreux autres reptiles, ouvrant la voie à des comparaisons entre espèces, tels le tigre (rayé) et le guépard (tacheté) chez les mammifères. (TDG)

Créé: 25.11.2015, 08h30

Un serpent des blés albinos. (Image: DR)

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