Découvrez en images les anciens souterrains de Genève

PatrimoineDes galeries datant du XVIIIe siècle serpentent sous la ville, là où se trouvaient les fortifications. Ces fabuleux témoins du passé risquent de disparaître. Un projet de loi veut les protéger.

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Un trésor incroyable dort sous les rues de Genève. Construits au début du XVIIIe siècle, entre 1718 et 1730, des souterrains ont été merveilleusement préservés. Ils servaient à la fois de galeries d'écoute et de contre-mines, tout en assurant le passage, bien à l'abri, des garnisons chargées de défendre les bastions genevois.

Mais ce patrimoine est aujourd'hui menacé de disparition. Au fil des ans, les huit kilomètres de tunnels ont fondu. Il n'en reste aujourd'hui que quelques centaines de mètres. Un projet de loi a été déposé, visant à sauver ce petit bijou de notre patrimoine historique.

Un projet, deux objectifs

«J’ai découvert l’existence de ces souterrains tout à fait par hasard, confie le député démocrate-chrétien Jean-Marc Guinchard, fer de lance. Par la suite, j’ai pu y pénétrer. Et je l’affirme, ces galeries de contre-mines, avec leur voûte en briques, sont merveilleuses! Elles montrent l’état d’esprit des Genevois de l’époque, qui ont dépensé des sommes d’argent considérables et abattu un travail titanesque pour les construire.»

Visiblement, la magie des lieux a agi sur l’élu. Depuis, il se démène pour que ces galeries soient préservées. En avril dernier, il a déposé un projet de loi au secrétariat du Grand Conseil, cosigné par neuf autres députés. «Ce texte vise deux objectifs. D’une part, inventorier et sauvegarder les galeries existantes et les autres ouvrages souterrains construits entre les XVIe et XVIIIe siècles; d’autre part, les mettre en valeur afin que l’on puisse les visiter. Obstacle de taille, ces boyaux sont étroits, pas très hauts et n’ont pas de sortie de secours.»

À l'inventaire, mais pas au cadastre

Le plus important, malgré tout, c’est de sauver ce qui peut l’être. Et ce n’est pas évident. Un inventaire existe, mais ces galeries, qui relèvent du domaine public, ne figurent pas au cadastre cantonal. Et elles ne sont pas véritablement protégées. Du coup, elles ont souvent été détruites ou obstruées par des tonnes de béton, par exemple lors de l’édification d’un bâtiment.

D’ailleurs, avant le dépôt de ce projet de loi, Jean-Marc Guinchard avait déjà déposé une question urgente écrite en juin 2017. Les réponses données par le Conseil d’État en disaient long sur les menaces qui planent sur ces ouvrages souterrains. On y apprend notamment qu’ils «ne bénéficient pas de mesures de protection spécifiques», que «les plans du réseau ne disent rien sur leur état de conservation» ou que les propriétaires de fonds situés au-dessus pourraient, dans certains cas, réclamer la propriété de ces souterrains.

Bref, il faut agir vite! «Le projet de loi est actuellement en Commission de l’aménagement, précise le député PDC. Mais s’il ne remonte pas assez rapidement devant le Grand Conseil, il est possible que notre groupe demande l’urgence lors d’une prochaine séance.» (TDG)

Créé: 11.02.2019, 11h37

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