De la finance au spiritueux

Rencontre avec Dario Sanabria A 31 ans, il vient de lancer sa propre marque d’alcool, le Grand Mezcal.

A 31?ans, il vient de lancer sa propre marque d’alcool, le Grand Mezcal.

A 31?ans, il vient de lancer sa propre marque d’alcool, le Grand Mezcal. Image: Laurent Guiraud

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Sous ses airs de dandy moderne, ce jeune homme d’origine mexicaine est un entrepreneur qui en veut. A 31 ans, il vient de lancer sa propre marque d’alcool, le Grand Mezcal. Un spiritueux dérivé de l’agave ancré dans la culture mexicaine depuis des siècles. «On dit que le Mezcal était la source d’inspiration de nombreux artistes et écrivains, comme Gabriel García Márquez.»

Aujourd’hui Dario Sanabria veut faire découvrir cette source d’inspiration aux Genevois. Pourtant, c’est dans un monde à des années-lumière du milieu des spiritueux qu’il s’est construit, celui de la banque. Moins poétique du coup. Il travaille d’abord chez UBS puis chez Goldman Sachs, vit à New York ou encore à Londres. Malgré cette vie confortable, Dario Sanabria ne veut pas devenir grand manitou de la finance. «J’aime l’économie en général, mais je ne créais rien de concret, je voulais pouvoir offrir un produit tangible.»

Dario Sanabria a toujours su qu’il serait son propre patron. C’est dans sa nature. Habité par une curiosité pour le monde extérieur, il prend son destin en main dès l’âge de 15 ans et décide d’intégrer le lycée français à Mexico, alors qu’aucun membre de sa famille ne parle la langue. Un an plus tard, il part en échange à Aix-en-Provence, une autre de ses initiatives. Il ne reviendra plus jamais vivre dans le cocon familial. «J’aime l’incertitude, découvrir de nouvelles cultures, mais c’était également un sacrifice de laisser toute ma famille derrière moi.» Déraciné, il poursuit son lycée à Ottawa (Canada), puis c’est pour une fille qu’il se laisse tenter par Genève. Ça tombe à pic, il parle bien le français désormais.

Issu d’une famille aisée, c’est seul que Dario Sanabria a voulu se construire. «Mon père me payait mon loyer, mais je voulais le plus possible être indépendant. J’ai distribué le journal Le Courrier dans la rue, j’ai été vendeur chez Apple, j’ai travaillé au Salon de l’auto, à celui de l’horlogerie… Le but était d’avoir de petites expériences pour apprendre le métier de la vente.» Le goût pour le commerce de l’alcool l’attire durant ses années de bachelor en HEC. A cette époque, il exporte un peu de vin entre l’Argentine et la Russie, «pour me faire un peu d’argent. J’en ai même vendu à l’Ecole hôtelière de Lausanne», affirme-t-il. Dès lors, il réalise que ce secteur lui plaît, «car les gens qui y travaillent sont des passionnés».

Tiraillé entre son pays d’origine, le Mexique, et son pays d’adoption, la Suisse, Dario Sanabria voulait trouver le lien qui comblerait ce vide. Ce sera le Grand Mezcal. «Je ne voulais pas que cet alcool blanc subisse le même sort que celui de la tequila, c’est-à-dire une industrialisation massive. J’ai donc décidé de relever un défi: lancer ma propre marque en mettant en bouteille la tradition et en créant une image sobre et élégante.» Il a investi grâce à ses économies mais aussi grâce à une campagne de crowdfunding qui lui a rapporté un peu plus de 6000 francs.

Dario Sanabria parle en entrepreneur, mais chaque bouteille représente à ses yeux un pays et des hommes. Tout est artisanal et confectionné dans des conditions équitables. «Mes amis me charrient en me traitant de philanthrope, mais je suis sérieux, c’est important pour moi.» Dès la mi-janvier, 5000 bouteilles de Grand Mezcal seront livrées dans plusieurs magasins et bars, tels que Bottle Brothers ou le Barber Shop, et des négociations sont en cours à Paris et Londres. (TDG)

Créé: 08.12.2014, 17h16

Bio-Express

1983 Naissance le 29 juin à Mexico.
1999 Il quitte le Mexique pour partir une année en échange à Aix-en-Provence (F).
2000 Il termine son lycée à Ottawa, au Canada.
2003 Il vient à Genève et entreprend des études à HEC.
2007 Il entre à UBS dans un Graduate Training Program.
2011 Il est recruté par la banque Goldman Sachs pour faire partie de son Associate Program.
2014 Il démissionne de Goldman Sachs en février et lance sa propre entreprise d’alcool mexicain, le Grand Mezcal.

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