Coup de semonce pour le PLR

ReculLe Parti libéral-radical paie l’affaire Maudet et un virage climatique trop tardif. Il perd son troisième siège.

Alexandre de Senarclens, Christian Luscher et Cyril Aellen.

Alexandre de Senarclens, Christian Luscher et Cyril Aellen. Image: Magali Girardin

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Le PLR n’a pas fait le plein dimanche. Et pour cause. Avec un électorat apparemment démobilisé, le Parti libéral-radical n’a pas réussi à conserver le troisième siège qu’il avait arraché il y a quatre ans. Il a récolté 17,7% des voix et perd plus de deux points par rapport à 2015, une chute plus marquée qu’au niveau national.

Le PLR réalise ainsi son plus mauvais score depuis longtemps. Mais c’est surtout dans la course au Conseil des États qu’il mord la poussière. Son ticket avec son allié PDC n’a pas fonctionné. Hugues Hiltpold et sa colistière PDC, Béatrice Hirsch, sont très largement distancés par le tandem de gauche.

Candidat au National, le sortant Christian Lüscher a toutefois réussi à tirer les marrons du feu. Il est le meilleur élu de toute la députation genevoise avec plus de 33 000 suffrages. Il nous livre son analyse.

Christian Lüscher, votre parti perd des points et n’est plus la première formation à Genève. Pourquoi?

J’y vois une raison davantage conjoncturelle que structurelle. Dès le mois de mars de l’année prochaine, avec les élections municipales, nous allons reprendre notre place, en espérant que notre électorat va se remobiliser.

Parce que, selon vous, votre base ne s’est pas déplacée aux urnes?

Oui, il y a une démobilisation évidente. Voyez l’élection au Conseil des États. Lisa Mazzone et Carlo Sommaruga ont fait plus ou moins le même nombre de voix que Robert Cramer il y a quatre ans. À l’inverse, notre candidat, Hugues Hiltpold, a fait plus de 7000 voix de moins que Benoît Genecand à l’époque, qui était relativement peu connu. Cela démontre une faible mobilisation au sein de notre électorat.

Et pourquoi, selon vous?

La réponse m’indiffère. Je dis une chose: si nos électeurs ne vont pas voter au deuxième tour, Genève va propulser à Berne deux candidats les plus à gauche de Suisse, et cela aux États, pour représenter notre canton.

Bien, mais revenons sur cette démobilisation. La faute à l’affaire Maudet?

Je ne peux pas exclure que cela ait joué un rôle. Mais je ne crois pas que c’est la cause essentielle. D’ailleurs, si elle avait eu un tel effet, je ne serais pas aujourd’hui à cette place, moi qui ai réclamé son départ à l’époque. Je n’ai pas été victime de mesures de rétorsion. Cela dit, nous avons senti cette démobilisation lors de la campagne. Une partie de nos électeurs sont restés à la maison.

À Zurich, les Vert’libéraux dépassent le PLR. Ici, ils ont gagné un siège. Est-ce que vous n’êtes pas assez verts?

Notre virage climatique, nous l’avons amorcé, et il est sincère. Il est d’ailleurs possible qu’en Suisse alémanique, certains de nos électeurs nous sanctionnent pour ce nouveau cap. À Genève, en revanche, il est probable que l’avancée des Vert’libéraux se fasse à notre préjudice, effectivement.

Ce virage est-il intervenu trop tard?

L’essentiel est qu’il corresponde à une vraie volonté du parti, et c’est le cas. Il a été réclamé ce printemps par une forte majorité de notre base au niveau national. Nous avons déjà commencé à le mettre en vigueur, par le biais de motions ou par nos positions sur la loi sur le CO2 en cours de discussion.

Le faible score du PDC a-t-il eu un effet sur celui du PLR?

C’est possible. Il y a quatre ans, nous avions gagné notre troisième siège grâce à notre apparentement avec le PDC, qui avait fait un bon résultat dans le sillage de Guillaume Barazzone. Aujourd’hui, le PDC a perdu des points.

Quelle stratégie allez-vous adopter pour le second tour de l’élection aux États? Allez-vous demander à l’UDC de se retirer?

Nous avons un comité directeur ce lundi à 7 heures. Il est prématuré pour répondre. Mais nous sommes partis avec un ticket de l’Entente à deux, et il me semble normal de continuer avec lui. Il sera de toute manière très difficile de négocier avec nos concurrents. Ce qui sera déterminant, c’est la mobilisation de notre électorat.

Créé: 20.10.2019, 19h18

Le PS perd un siège, emporté dans la vague Verte

Avec deux sièges, le PS perd un représentant au Conseil national. En 2015, le parti avait gardé dans son escarcelle ce siège un peu branlant et il espérait bien faire de même en 2019. Mais c’est raté. Et de loin. En quatre ans, le PS a perdu cinq points de pourcentage, probablement au profit des Verts et d’Ensemble à gauche.

Du coup, à Berne, la délégation rose ne sera composée que de la sortante, Laurence Fehlmann Rielle, et du député et représentant des locataires Christian Dandrès, qui succède dans ce rôle à Carlo Sommaruga. Et du coup, alors que la gauche progresse globalement, le PS fait malgré tout un peu triste mine: «Pour nous, c’est quand même une déception, relève ainsi le candidat Romain de Sainte Marie. Nous partageons avec les Verts une base commune qui est très fluide et après des résultats Verts plutôt mauvais en 2011 et 215 et meilleurs pour nous, le balancier se retourne.» Et de marteler que la Justice sociale est inséparable des futures réformes écologiques à faire passer.

Survivante de la vague Verte, Laurence Fehlmann Rielle s’interroge aussi sur ce rééquilibrage alors «que les thèmes de santé, des assurances maladie et sociale, qui sont portés par le PS, apparaissent parmi et même souvent en tête des préoccupations des électeurs». Mais peu importe, l’essentiel pour l’élue, «c’est que maintenant à Berne, nous ne serons plus à la merci de la majorité du PLR et de l’UDC. Après une législature immobile, il est vraiment temps que les préoccupations des citoyens se fassent entendre.»
Aux États, la situation est différente, puisque le PS reste fermement accroché à son siège avec Carlo Sommaruga. La sortante Liliane Maury Pasquier ne dissimule pas son plaisir: «Le bon résultat du PS et des Verts indique que le travail accompli durant les dernières législatures est validé par les électeurs.»
Marc Bretton

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