Couac à l’école primaire: un petit de 4 ans rentre seul à la maison

Fait divers Le parascolaire de l’école reconnaît un dysfonctionnement et a pris des mesures pour qu’un tel problème ne se reproduise plus.

Depuis ce couac, les responsables du GIAP de l’école ont rencontré les parents du petit élève 
et travaillé avec eux afin d’établir à l’avance ses présences au parascolaire.

Depuis ce couac, les responsables du GIAP de l’école ont rencontré les parents du petit élève et travaillé avec eux afin d’établir à l’avance ses présences au parascolaire. Image: PIERRE ALBOUY

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Lorsque le papa du petit Alexis va chercher son fils au parascolaire, le mardi 9 octobre, il ressent la frayeur de sa vie. Son enfant ne s’y trouve pas et personne ne sait où il est. Plus de peur que de mal finalement, car Alexis, 4 ans, est retrouvé devant la porte de l’appartement familial, situé non loin de l’établissement scolaire.

«Notre fils est en 1P, à l’École Avanchet-Jura. Cela fait à peine deux mois qu’il a commencé la primaire. Ce jour-là, il était prévu qu’il soit pris en charge par le parascolaire. Ma femme et moi-même travaillons le soir mais pas forcément tout le temps, ça dépend. Donc Alexis participe aussi de façon irrégulière aux activités du parascolaire. Ses jours ne sont pas fixes et s’adaptent à notre agenda», explique le papa du petit garçon, Filipe Da Silva Reis.

C’était une erreur

Que s’est-il passé ce jour-là? Il semble qu’une erreur de manipulation ait eu comme résultat l’annulation de l’inscription d’Alexis au parascolaire. Du coup, il n’a pas été pris en charge par les animateurs qui étaient censés venir le chercher dans la classe.

Les responsables du Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire (GIAP) reconnaissent cette erreur, assument leur responsabilité et se sont excusés auprès des parents: «Il y a eu une erreur et un dysfonctionnement dans la prise en charge d’Alexis. Nous en avons fait l’analyse et tenté de mettre en place des mesures supplémentaires afin que cela ne se reproduise pas.» Depuis ce couac, les responsables du GIAP de l’école ont rencontré les parents du petit élève et travaillé avec eux afin d’établir à l’avance ses présences au parascolaire. Ils ont également revu leur méthodologie quant à la façon de renseigner leur base de données sur la présence ou non des bambins.

«Reviens dans 15 minutes!»

Il n’en reste pas moins que les consignes relatives à la prise en charge des écoliers après les cours sont claires. «Ce passage école-parascolaire est un moment clef, précise Nicolas Diserens, directeur du GIAP. Pour les tout-petits, il y a un relais de main à main qui se fait. C’est-à-dire que l’éducatrice va chercher l’enfant directement en classe. Nous avons une liste de ceux qui normalement sont inscrits au parascolaire. Mais il est évident que nous ne laissons jamais un enfant seul et s’il y a un problème, nous le prenons avec nous.»

Pourtant, Alexis s’est bel et bien retrouvé seul, et il est passé entre les filets de la surveillance du corps enseignant et des éducateurs du GIAP. Son père explique: «La maîtresse aurait demandé à Alexis d’aller voir si nous étions en train de l’attendre et de revenir après quinze minutes si nous n’étions pas là. Mais il n’a que 4 ans! Qu’est-ce qu’il sait de la durée de quinze minutes? Quand il est retourné dans la classe, il n’y avait plus personne. C’est alors qu’il a décidé de rentrer à la maison tout seul.» Les parents de l’écolier sont perplexes et encore sous le choc: «Imaginez ce qui aurait pu se passer! Nous ne comprenons pas pourquoi la maîtresse n’a pas accompagné notre petit garçon afin de vérifier que nous étions bien là. Pour moi, il ne s’agit pas de mettre la faute sur quelqu’un. Je veux juste que des mesures soient prises aussi au niveau de l’école pour que cela ne se reproduise plus, pas seulement pour mon enfant mais pour tous les enfants.»

Éviter les récidives

L’école a également organisé une séance de médiation entre toutes les parties. Pour la famille d’Alexis, cette médiation ne suffit pas. L’établissement devrait pouvoir mettre en place un système qui permette de vérifier que chaque écolier, au moins au niveau 1P et 2 P, parte effectivement accompagné d’un adulte. En escortant par exemple chacun d’eux jusqu’à la sortie. Ce qui ne serait actuellement pas le cas à l’École Avanchet-Jura. Pour le DIP (Département de l’instruction publique), «tant au niveau de la direction de l’établissement qu’à celui de la Direction générale de l’enseignement obligatoire, ce type de fait est pris très au sérieux et documenté, de manière à éviter des récidives. La question du passage entre les parents et l’école est une préoccupation permanente, abordée régulièrement.»

Toujours selon le DIP, la question de la gestion des élèves au moment de la fin des cours se règle de manière locale, selon la taille des écoles, le nombre de préaux, leur situation par rapport aux logements des habitants, etc. Cela peut donc expliquer qu’une prise en charge puisse être différente d’un établissement scolaire à un autre. Le petit Alexis, quant à lui, s’est bien remis de son épopée solitaire. (TDG)

Créé: 23.10.2018, 07h21

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