Condamnée pour avoir accusé un homme de viol à la Servette

Dénonciation calomnieuseLa femme écope d’un an de prison avec sursis. Soupçonné et détenu à tort, l'homme est rentré au Brésil.

Le palais de justice.

Le palais de justice. Image: archives Steeve Iuncker-Gomez

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Les témoins sont unanimes. M., 45 ans, a un bon fond. Mais elle a «l’alcool mauvais», elle n’a pas toujours toute sa tête et parle trop. «La plus grande furie du quartier», selon un bistrotier auditionné par la justice, vient d’être condamnée à un an de prison, avec sursis, pour avoir accusé à tort un homme de viol dans une cave d’immeuble à la Servette.

L’homme, qui a dû répondre de ces soupçons devant la justice, a été acquitté après avoir tout de même passé dix-neuf jours en détention provisoire. Ecoeuré, il est rentré l’an dernier dans son pays. En 2007, cet ouvrier avait quitté les favelas brésiliennes pour tenter sa chance à Genève. Il le regrette encore aujourd’hui.

«Avec cette condamnation, notre mandant retrouve sa dignité après de longues années de souffrance, confirment ses avocats Mes Saskia Ditisheim et Romain Jordan. Il n’y a rien de pire que d’être accusé à tort d’un crime aussi infamant et il est essentiel que les dénonciations calomnieuses soient poursuivies avec détermination, car elles trahissent l’idée même de justice.»

Comment le calvaire de L. a-t-il débuté? A l’époque des faits, ce clandestin «vivote» en aidant une paraplégique à Carouge, il travaille sur des chantiers, mange dans les cafétérias caritatives et dort dans un sous-sol à la Servette. C’est dans cette cave que le 18 août 2008, à 3 h 40 du matin, le clandestin couche avec la prévenue. Du jour au lendemain, il se retrouve à Champ-Dollon dans une prison surpeuplée. Il n’a de cesse de clamer son innocence. «Cette femme m’accuse, car elle voulait que j’évacue quelqu’un de son appartement. J’ai refusé, dira L. pendant l’enquête. Je ne voulais pas de problèmes, car je venais d’arriver en Suisse.»

Blanchi, il obtient quelques milliers de francs de dédommagements en 2012. Pourquoi si peu? «La procédure a engendré d’importantes souffrances, relève alors la Chambre pénale d’appel et de révision. Mais il n’a pas produit de certificat médical faisant état des répercussions sur sa santé consécutives à la détention ou au sentiment d’injustice ressenti du fait de la procédure.»

Dans son jugement rendu cette semaine, le Tribunal de police a condamné la femme prévenue de dénonciation calomnieuse a un an de prison avec sursis, et à payer environ 4000 francs de tort moral à L.

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Créé: 21.10.2014, 16h46

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