Comment une école genevoise combat la banalisation de l’insulte

ÉducationL’établissement primaire de Confignon-Cressy lance une formation afin de lutter plus efficacement contre les incivilités.

 l’établissement primaire Confignon-Cressy lance une formation continue pour ses collaborateurs.

l’établissement primaire Confignon-Cressy lance une formation continue pour ses collaborateurs. Image: DR

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Injures ou insultes, elles fusent entre les élèves, et parfois envers les professeurs et le personnel administratif et technique des écoles. Le phénomène a même tendance à prendre de l’ampleur et surtout se banaliser, souligne Pascal Durouvenoz Gans de St. Pré, directeur de l’établissement primaire Confignon-Cressy.

Il a donc décidé de lancer une formation continue pour ses collaborateurs. Un projet sur le long terme, qui vient de démarrer et qui est, dit-il, une illustration parmi tant d’autres de ce que font les établissements en lien avec la thématique du climat scolaire.

Donner de la visibilité

«Ce projet s’inscrit dans la continuité d’une action pilote menée il y a cinq ans sur le harcèlement scolaire, explique le directeur. Cette fois-ci, il s’agit de notre projet d’établissement, mais j’ai souhaité le rendre visible et lisible pour le plus grand nombre.»

Dans cette optique, il a réuni dans un premier temps non seulement les enseignants et le personnel de son établissement, mais aussi des acteurs gravitant dans et autour des écoles, tous partenaires de la communauté éducative: directeurs et personnel de l’enseignement primaire et du Cycle, responsables d’associations de parents, représentants de la Commune, de la police municipale et de la Brigade cantonale d’éducation et de prévention (BEP), ainsi que de l’Office médico-pédagogique, du parascolaire ou encore du Service de santé de l’enfance et de la jeunesse, etc.

Le rôle des réseaux sociaux

Tous ont été invités à une matinée au cours de laquelle Caroline Dayer, chercheuse et experte en prévention de la violence et des discriminations, a largement évoqué le problème de la banalisation de l’injure, ses mécanismes et les conséquences, souvent graves, que cela peut engendrer si l’on n’agit pas de façon raisonnée et coordonnée, à chaud comme à froid. Suite à ce colloque, les enseignants et le personnel de l’établissement ont travaillé en ateliers durant le reste de la journée.

«Les réseaux sociaux peuvent constituer des vecteurs de l’injure et du harcèlement, souligne Pascal Durouvenoz Gans de St. Pré. Leur utilisation génère auprès des jeunes un manque de repères, voire un sentiment d’impunité. Du coup, ils ont plus de mal à comprendre quand on intervient, ils peuvent nourrir un sentiment d’injustice. L’objectif est de nous mettre d’accord sur un certain nombre de stratégies à adopter pour agir, et qu’elles soient comprises et partagées par le plus grand nombre d’intervenants potentiels», précise-t-il.

«En termes de prévention, ce qui marche le mieux reste la cohésion entre les adultes, afin de délivrer aux jeunes un message commun», a rappelé de son côté Caroline Dayer.

Les réactions des participants

À l’issue du colloque, la satisfaction des participants était visible: «Même si l’école est au centre, il y a un intérêt évident à travailler en communauté sur ce thème, relève Joël Fuchs, directeur d’un établissement primaire aux Pâquis. La coordination entre le milieu scolaire, la maison et le quartier mérite d’être renforcée.»

C’est aussi l’avis de Fabrice Tomasini, lieutenant à la BEP: «Cette thématique est hyperintéressante, c’est ce qu’on vit tous dans nos professions et comme citoyens, souligne-t-il. Pour lutter efficacement contre les incivilités, il faut agir ensemble et que le message soit clair.»

Des membres de l’association de parents d’élèves de Confignon-Cressy renchérissent: «En tant que parents, nous sommes très concernés par le climat scolaire. Ici, on sent que l’on est un vrai partenaire pour la direction.»

Maître-adjoint à l’École de Confignon, Vincent Dupertuis remarque: «Bien sûr, nous sommes là pour enseigner et instruire les élèves, leur transmettre un savoir. Mais notre rôle ne s’arrête pas là, il est également éducatif et social. Dès lors, professeurs et parents ont tout à gagner à travailler ensemble.»

La formation entamée au début de 2019 va se poursuivre durant les cinq années à venir.

Créé: 11.03.2019, 07h03

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