Choc frontal sur la CPEG au prochain Grand Conseil

Retraites des fonctionnairesAprès l’échec d’un compromis, gauche et droite peaufinent leurs arguments. Quel que soit le vainqueur, le peuple tranchera.

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Photo d'illustration. Image: Laurent Guiraud (archives)

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Les locomotives sont lancées l’une vers l’autre. La première est pilotée par l’Entente. Elle soutient le projet du Conseil d’État de refonte des retraites des fonctionnaires administrée par la CPEG. La deuxième est commandée par la gauche et le MCG et poursuit le même but avec d’autres moyens. La collision est agendée au 26 avril, date à laquelle le Grand Conseil tranchera.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les pronostics quant à son résultat sont obscurs, même pour les intéressés: «Tout dépendra des votes d’une poignée d’indépendants», indiquent les uns et les autres. À quoi tient un vote à 3 ou 4 milliards visant à assurer les retraites futures de 69 000 assurés tout de même… Seule certitude, les adversaires annoncent vouloir recourir au peuple si leur adversaire gagnait.

Moins chère, dit la gauche

À quinze jours de la séance, chacun peaufine ses arguments. À la Maison des Associations, l’Asloca, le Cartel intersyndical et les députés du PS et d’Ensemble à gauche délivrent leur analyse: «Notre solution votée par la Commission des finances la semaine passée est la meilleure», assurent les députés PS et huiles de l’association des locataires, Alberto Velasco et Christian Dandrès. «Elle est moins chère que celle du Conseil d’État, en ce qu’elle maintient les prestations des assurés et permet la construction de logements sur la Praille-Acacias-Vernet», ajoute son vice-président, Pablo Cruchon.

Fixant les prestations des futurs retraités au niveau de celles délivrées au 1er janvier, elle propose de recapitaliser la caisse à hauteur de 75% en lui transférant les droits à bâtir de terrains à la Praille en vue de construire du logement. En attendant que ceux-ci soient construits et rapporte, l’État prête de l’argent à la CPEG, qui le lui reprête (prêt simultané) en lui versant un taux d’intérêt de 2,5%. La facture tournerait autour de 3 milliards, contre 4 pour celui du Conseil d’État. Quel serait l’effort des salariés? «Depuis 2013, les prestations de la CPEG ont baissé de 16%», assure le président du Cartel Marc Simeth.

Pas durable, dit la droite

À droite, la résistance est à l’ordre du jour. On dénonce «un coup de force» de la majorité de gauche et du MCG. Sur le fond, Cyril Aellen (PLR), membre de la Commission des finances, reproche au projet de la gauche de bétonner les amples prestations de retraite des fonctionnaires calculées au 1er janvier 2018; il dénonce le maintien de la répartition des cotisations aux deux-tiers à charge de l’employeur et l’accuse de ne pas recapitaliser la caisse à la hauteur exigée par la loi fédérale en 2052. «Il n’y a aucune réforme structurelle. Faute d’un rééquilibrage du plan de prévoyance, cela signifie qu’on devra certainement repasser à la caisse.»

Olivier Cerutti (PDC), autre membre de la Commission des finances, reproche au plan de la gauche de se fonder excessivement sur la construction de logements au PAV. «La CPEG a besoin d’une rentabilité de 4,1% pour tenir son plan de redressement, or le rendement maximal admissible au PAV est de 3,5%. Pour être rentable, elle ne ne devra pas construire du HBM.» Dernier motif de rejet: les terrains publics étant inaliénables, le CPEG ne pourra pas les vendre à des privés si elle le souhaite, ce qui limitera sa mage de manœuvre.

Le suspense est total

Ces affrontements sont la rançon de l’échec des partenaires à dégager un compromis. Pendant quelques semaines, il semble s’être dessiné sous l’égide de négociations mêlant divers acteurs politiques vus séparément par le président du Conseil d’État François Longchamp. «La discussion avait pris pour base le projet du Conseil d’État amendé. Un accord semblait à bout touchant, mais, regrette Alberto Velasco, les amendements négociés avec François Longchamp ne sont jamais revenus en commission. Au contraire, d’autres ont été déposés à la place que nous avons refusés. Nous avons ensuite voté notre projet.» Le député subodore que le président du Conseil d’État a été désavoué par ses troupes. Contacté, François Longchamp dément la version du parlementaire.

Difficile de savoir comment tourneront les débats le 26 avril. Tout dépendra du vote des indépendants, des absences des uns et des autres et des élections de dimanche dont les résultats pèseront sur les réflexions. (TDG)

Créé: 10.04.2018, 07h13

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