Ces étudiants qui habitent chez des aînés genevois

Nouvelle vagueMettre une chambre à disposition en échange de coups de main: ce programme permet à Michelle, octogénaire, de bénéficier de l’aide de son locataire, Yann-Marius.

Le doctorant Yann-Marius Soma loge depuis deux ans chez la retraitée Michelle Berthier.

Le doctorant Yann-Marius Soma loge depuis deux ans chez la retraitée Michelle Berthier. Image: LUCIEN FORTUNATI

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Cela faisait plusieurs années que Michelle Berthier, 86 ans, vivait seule dans sa grande maison de Troinex. Jusqu’à l’arrivée, en 2017, de Yann-Marius Soma, 27 ans, doctorant en droit international originaire du Burkina Faso. Cet improbable duo s’est formé grâce au programme «1 h par m²».

Lancé en 2016 par l’Université de Genève (lire notre édition du 27 avril), il vise à promouvoir les cohabitations intergénérationnelles. «À Genève, plus de 14 000 personnes vivent seules dans des logements de quatre pièces ou plus, tandis que les étudiants peinent à se loger», explique Sabine Estier Thévenoz, coordinatrice du projet.

Les personnes disposant d’un grand logement sont invitées à offrir une chambre aux étudiants, dont le «coût de location» est évalué en mètres carrés. Ainsi, pour une pièce de 20 m², l’étudiant devra rendre vingt heures de services à accomplir durant le mois, tels que des courses, de l’assistance informatique, du ménage, les soins de santé étant exclus. En complément, les étudiants paient 100 francs pour les charges.

Ils dînent ensemble le mercredi

À Troinex, Yann-Marius s’occupe ainsi d’ouvrir et de fermer les volets, tâche devenue difficile pour son hôte. Le jeune homme cuisine, relève le courrier et nourrit le chat. Tous les mercredis, le duo dîne ensemble. «Je n’aurais pas pu rêver mieux», témoigne Michelle. Yann-Marius, lui, se sent adopté et appelle même l’octogénaire «maman»: «Je viens d’une famille nombreuse, et j’aime le contact avec différentes générations, la convivialité.» Seule contrainte: les étudiants doivent être présents six nuits par semaine et ne pas rentrer trop tard sans accord préalable. «Ce n’est pas gênant, il suffit de discuter avant pour se mettre d’accord.»

Michelle sait qu’à la fin de ses études, Yann-Marius repartira, même si elle «préférerait qu’il reste». En attendant, le doctorant savoure l’expérience: «Nous apprenons beaucoup des personnes âgées, de leurs histoires et leurs expériences. En plus, c’est agréable de se sentir utile.»

Créé: 29.04.2019, 20h00

Où les rencontrer

Place du Marché, à Carouge: «C’est une jolie place, très animée», assure Michelle. www.carouge.ch/place-du-marche

Restaurant Rallye, au boulevard Carl-Vogt: «Une bonne adresse dans le quartier de l’Université», selon Yann-Marius.

Les Brasseurs, «Un repaire pour les étudiants, à mi-chemin entre l’Université et l’IHEID.» www.les-brasseurs.ch

Sur internet , www.unige.ch/batiment/service-batiments/logements/1h-par-m2

Articles en relation

Un toit contre un service: une formule gagnante

Logement L’Uni propose aux particuliers d’offrir une chambre à des étudiants contre des coups de main. Le nombre d’inscrits a triplé en trois ans. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Mort de Moubarak
Plus...