Ces Genevois coincés à l'étranger

CoronavirusLa fermeture de frontières laisse des touristes démunis, qui ne savent pas comment rentrer.

Image: Keystone

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Plusieurs pays, dont l’Italie, les États-Unis ou encore le Maroc, ont suspendu leurs liaisons aériennes avec l’Europe, Genève comprise, pour prévenir la propagation du coronavirus. Résultat: des milliers de touristes sont bloqués à l’étranger. Et contrairement aux ressortissants français, qui sont rapatriés, les Genevois, à l’image de tous les Suisses, ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Lorena Gonzalez en fait partie. La jeune femme devait revenir d’un voyage au Pérou avec sa famille le 20 mars, mais tous ses plans tombent à l’eau la semaine dernière, lorsque le Pérou annonce que «les vols entrants et sortants sont annulés pour l’Europe et l’Asie dès le 16 mars». Elle anticipe son départ et trouve un billet Lima-Rio-Genève, mais celui-ci est aussi finalement annulé. L’ascenseur émotionnel continue. «On a contacté l’ambassade suisse au Pérou. Sa réponse: «On ne peut rien faire pour vous, vous devez voir avec votre compagnie aérienne, et sinon suivre les instructions du gouvernement.» Imaginez notre angoisse, rester coincés trente jours dans un pays qui n’est pas le nôtre! On décide alors d’appeler le Département des affaires étrangères (DFAE), mais il nous donne la même réponse.»

La famille parvient finalement à quitter le Pérou pour arriver en Colombie. Mais il reste l’incertitude de pouvoir rejoindre Madrid, et ensuite Genève. Et du côté de l’ambassade suisse? «Aucune aide, aucun rapatriement, nous sommes outrés! Notre pays ne peut même pas nous venir en aide. Et le fait que je sois infirmière aux HUG ne change rien pour lui, alors que notre ville a besoin de tout son personnel soignant!» s’indigne-t-elle.

Pandémie non couverte

Deux autres Genevois en voyage depuis le mois d’octobre se retrouvent, eux, coincés aux Philippines. «Le pays, sur ordre officiel, aimerait que tous les touristes partent, mais il ne nous en donne pas les moyens. Au téléphone, l’ambassade suisse nous répond qu’elle ne fera rien pour nous, c’est de la responsabilité du voyageur. Nous aurions dû prendre, selon elle, une assurance avec notre billet d’avion, au cas où il nous arriverait des pépins en voyage. Or, nous avons cette fameuse assurance, mais celle-ci ne couvre ni les épidémies ni les pandémies…»

La helpline du DFAE reçoit plus de mille appels par jour de voyageurs démunis. Mardi, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, chargé de ce département, enjoignait les Suisses présents à l’étranger de rentrer au plus vite. Mais à eux de trouver une solution et de contacter leur compagnie.

Sur les réseaux sociaux, chacun communique alors ses bons plans et annonce les nouvelles fermetures de frontières, notamment sur le groupe Facebook «Coronavirus Entraide Voyageurs», qui rassemblait, jeudi, plus de 2500 membres inquiets.

Billets hors de prix

Adrian Stiefel fait partie des chanceux. Le Genevois a finalement pu quitter San Francisco ce week-end et atterrir mardi à Genève, après un passage par Lisbonne. Mais de justesse. «J’ai pris le tout dernier vol de la compagnie TAP pour l’Europe!» Les jours précédents ne furent que doutes et recherches intensives d’alternatives. Ne sachant pas jusqu’à la dernière minute si son vol pour le Portugal allait être maintenu, il avait envisagé de passer par le Canada, afin de regagner l’Europe. Mais le prix pour un aller simple variait entre 3000 et 5000 francs. Pour leur part, Attila et sa petite amie étaient prêts à payer ce prix pour quitter le Costa Rica, où ils se trouvent toujours bloqués, mais même ces liaisons ont, depuis, été annulées. Ils tentent, en vain, de joindre Swiss.

Le service de communication de la société nous a indiqué jeudi qu’elle «n’a encore reçu aucune demande de rapatriement» de la part de Berne mais qu’elle était en contact avec le DFAE. «Des vols réguliers Swiss sans passagers à l’aller peuvent actuellement être utilisés pour ramener des passagers d’une destination de la compagnie en Suisse. Nous déployons des avions plus grands, dans certains cas, pour pouvoir ramener davantage de passagers», explique Meike Fuhlrott, porte-parole. L’entreprise a toutefois annoncé jeudi dans un communiqué réduire ses opérations aériennes au «strict minimum» à partir du 23 mars.

Seules les liaisons suivantes seront maintenues avec Genève: Athènes, Lisbonne et Porto. Les long-courriers au départ de la Cité de Calvin seront suspendus jusqu’à nouvel ordre. Le même jour, Easyjet opérait deux vols de rapatriement, depuis Marrakech et Agadir, vers Genève.

La Confédération n’organisera le retour de citoyens «que s’il peut être prouvé qu’il n’y a absolument plus de possibilité de quitter le pays de manière indépendante». Elle l’a fait pour des ressortissants à Wuhan, en collaboration avec la France, ou pour des Suisses présents à bord du bateau de croisière contaminé «Grand Princess», aux États-Unis.

Créé: 20.03.2020, 07h01

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